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Economie

L’information juridique prisée par un grand public

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5709 Le 02/03/2020 | Partager
Ouvrages et revues de droit bien placés dans l’édition
Une clientèle à monétiser dans un marché peu structuré
Jurisprudence: Une donnée peu diffusée mais incontournable
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En 2018-2019, la création littéraire arrive en tête avec 750 titres, le droit est classé en seconde position suivi par les livres d’études islamiques. «Le bilan offre un meilleur équilibre en termes de disciplines à cause notamment de l’édition numérique. Aussi, le nombre d’ouvrages d’économie et de politique s’améliore sensiblement», relève la Fondation Al-Saoud

Un constat saisissant au Salon international du livre et de l’édition (SIEL) tenu du 6 au 16  février dernier à Casablanca: l’engouement certain pour l’information juridique. Un indicateur statistique d’abord.

«Comme dans les années précédentes, les essais de droit arrivent en seconde position avec 546 titres édités en 2018-2019», indique le rapport annuel sur l’état de l’édition et du livre au Maroc dans les domaines de la littérature, sciences humaines et sociales (voir illustration). L’édition juridique arrive  première lorsqu’il s’agit des revues spécialisées.

«Quelle que soit la discipline, le prix moyen du livre est d’environ 73 DH. Certes, il a connu une hausse de 3,38% par rapport à 2017. Mais le prix moyen du livre marocain reste le moins cher au Maghreb et beaucoup moins par rapport à l’Europe», selon la Fondation Al-Saoud auteure du rapport.  

Un deuxième indicateur sur l’intérêt suscité par le droit. Il émane d’un travail de terrain dans le marché de l’édition depuis au moins dix ans: faux codes, éditeurs peu structurés, faible diffusion de la jurisprudence... (Cf. L’Economiste n°3914 du 23 novembre 2012 & n°5649 du 6 décembre 2019).

Le Salon du livre de Casablanca conforte l’existence d’un public avide de données juridiques. Il y a bien sûr le stand inanimé du Secrétariat général du gouvernement. Ses fonctionnaires ne sont pas vraiment disposés à recueillir des propositions, demandes d’informations, d’observations...

Il y a heureusement le contre-exemple du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Son stand est pratiquement pris d’assaut par un public souvent averti. Ce ne sont pas les petits gâteaux et les verres de thé qui attirent étudiants, avocats, juges, journalistes... c’est plutôt le débat entre les magistrats de la Cour de cassation et leur public.

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La Fondation Al-Saoud recense environ 200 revues spécialisées actives. Elles ont publié 542 numéros en 2018-2019, soit une moyenne de 2,7 éditions par revue. Ce genre de publication vit «une crise chronique à cause de problèmes structurels de diffusion, faible structuration de la recherche, irrégularité de parution, difficultés financières, taux élevé de disparition précoce». N’en demeure pas moins qu’il y a un public près à payer pour un produit éditorial, particulièrement pour le droit   

La jurisprudence intéresse au plus haut degré. D’autant plus que ce n’est pas tous les jours que de la plus haute instance judiciaire du Royaume expose ses décisions à des remarques.

De hauts magistrats des Chambres pénale, commerciale, administrative, sociale ainsi que du statut personnel et successoral se sont prêtés aux questions-réponses... Des juges, Malika Ben Zahir, Mohammed Khadraoui et Rachid Fatoukh, ont modéré ces rencontres studieuses.

D’autres, comme Hamid Oueld El Blad, ou encore Abdesslam Naânani, se sont exprimés sans langue de bois sur les jurisprudences présentées. Le choix des thématiques explique aussi l’attraction éditoriale qu’exerce la jurisprudence sur le public: sécurité financière du chèque, expropriation pour cause d’utilité publique, contentieux fiscal, protection judiciaire de l’enfant et sûreté sociale.

La Cour de cassation a la double casquette d’animatrice du débat public et d’éditrice de plusieurs publications. Ses jurisprudences ne sont pas mises en ligne! Mustapha Fares, premier président de la Cour de cassation et président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, gagnerait à rendre ce débat permanent.

A commencer par encourager la communication sur des décisions inédites comme le font sa proche consœur française ou les régulateurs des télécoms, audiovisuel, concurrence. La Cour de cassation présente partiellement sa jurisprudence à chaque ouverture de l’année judiciaire, en janvier. Le débat compte toutefois autant pour démontrer que la justice est capable du meilleur comme... du pire.

F.F.

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