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Analyse

Contrebande: La bataille n’est pas gagnée

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5674 Le 13/01/2020 | Partager
Le port de Bni Nsar revit
Des opérateurs parlent d’impact positif sur le chiffre d’affaires
Des solutions attendues pour recycler les colporteurs
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Les points d’entrée de la contrebande au niveau de Baba Sebta ont été fermés. Les colporteurs devraient être accompagnés via des projets (Ph. L’Economiste)

Bonne nouvelle de la part des opérateurs en particulier ceux des métiers de la distribution des produits de grande consommation. Les mesures mises en place pour contrer la contrebande commencent à produire des effets. Mais rien n’est gagné car une partie du trafic s’est déportée vers de nouveaux circuits. 

A la réunion entre l’Administration des douanes et des impôts indirects  et Tijara 2020(1), les opérateurs n’ont pas caché leur satisfaction. Le thermomètre, qui n’est autre que leur chiffre d’affaires, s’est amélioré.  «La contrebande n’est pas complètement éradiquée, mais certains indicateurs ne trompent pas», souligne Nabyl Lakhdar, directeur général de la douane. Le point d’entrée de Melilla où les opérations commerciales ont été interdites depuis juillet 2018, l’effet s’est fait sentir au port de Bni Nsar.

«Ce port était en quasi  chômage technique. Depuis l’interdiction des opérations commerciales, il revit. Nous avons réussi à mettre en place des lignes et quand un bateau ramène 200 conteneurs, 150 sont débarqués à Nador et le reste à Melilla», explique le patron de la douane. Or, auparavant, tout le trafic destiné au pays était débarqué à Melilla et une bonne partie entrait en contrebande.

Un autre indicateur, celui des demandes de transfert pour les besoins de scolarité qui ont augmenté. Aucune statistique n’est fournie, mais le patron de la douane affirme qu’une grande partie des colporteurs reviennent à leurs régions d’origine. Certains «gros» opérateurs de la contrebande seraient prêts à se reconvertir.

«A Bab Sebta, le couloir dédié aux colporteurs, la contrebande ouvrière, est fermé depuis plusieurs mois. Nous avons presque gagné cette bataille parce que les contrebandiers, les gros, contre lesquels nous luttons ont senti que l’Etat fait preuve de fermeté», poursuit Lakhdar.

En tout cas, cette dynamique contre la contrebande devrait être maintenue et la douane n’a pas manqué de rappeler aux opérateurs qu’ils ont également un rôle à jouer. Avec l’Etat, la société civile et les autorités locales, les opérateurs devraient essayer de trouver des solutions. Par rapport à Guergarate, tout un chantier de normalisation des importations est en cours. L’idée est de réduire progressivement les opérations non-conformes qui transitent par ce poste.

                                                                                     

Les bons comptes de la douane

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L’Administration des douanes et des impôts indirects (ADII) vient de marquer un nouveau record. Les recettes douanières ont atteint 103,6 milliards de DH en 2019, contre 100,8 milliards l’année précédente. Cette augmentation intervient dans un contexte marqué par une relative baisse des importations par rapport aux prévisions.

Sur ces recettes, 97 milliards de DH sont affectés au Budget général, 5,8 milliards aux comptes spéciaux du Trésor et 715 millions ont été transférés à d’autres organismes.

Les recettes générées par les droits d’importation ont atteint 9,5 milliards de DH et la TVA à l’import 56,07 milliards. Celle-ci a augmenté de 2,6% pour un taux de réalisation des prévisions de la loi de finances 2019 de 97%. Cela s’explique par la baisse de la TVA sur les produits énergétiques en raison du recul du cours du pétrole: une moyenne de 63 dollars le baril, un niveau inférieur aux projections de la loi de finances 2019. La TVA sur les autres produits a progressé de 3,3%, s’établissant 46,2 milliards de DH.

Pour sa part, la taxe intérieure de consommation a assuré 29,9 milliards de DH de recettes au Trésor. La TIC sur les produits énergétiques a augmenté de 5,6% et celle sur les tabacs manufacturés a pris 4,8%. L’année dernière les redevances du gazoduc  ont baissé de 34,2%, s’établissant ainsi à 1 milliard de DH.

La douane poursuit aussi la lutte contre la sous-facturation et la minoration de la valeur à l’import.

K. M.

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(1) Voir aussi L’Economiste n°5672 de jeudi 9 janvier

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