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    Apebi: Belkeziz défend son bilan

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5670 Le 07/01/2020 | Partager
    Restructuration, partenariats, startups, offshoring...
    Des formations en IT pour contourner la panne d’informaticiens et d’ingénieurs
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    Saloua Karkri Belkeziz : Présidente sortante de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (Apebi) et présidente de GFI Afrique. (Ph. privée)

    - L’Economiste: Vous clôturez votre second mandat consécutif à la tête de l’Apebi. Quel bilan faites-vous de ces 4 dernières années ?

    - Saloua Karkri Belkeziz: J’ai à mon actif près de 30 ans de carrière et de militantisme pour l’intérêt général de la profession. Ce qui m’a menée à relever le défi de redonner à la fédération son aura et sa visibilité. Dès mon élection en janvier 2016, l'institution a subi une restructuration fondamentale, tant au niveau financier qu'au niveau des adhésions. Nous avons accueilli 80 nouveaux membres et le CA est passé de 2,7 à 7,8 millions de DH. Un organe consultatif «conseil des sages» a été créé pour honorer nos past-présidents.
    Par ailleurs, l’Apebi a participé en parallèle à l’élaboration de la Stratégie Maroc Digital 2020. Nous sommes parvenus à inclure des amendements importants dans la loi 61-16 portant sur la création de l’Agence de développement du digital (ADD). La Fédération s’est ainsi engagée à appuyer les nébuleux débuts de l’Agence et à l’assister dans ses premiers pas. Aujourd’hui, elle est devenue un organe opérationnel porteur des sujets digitaux, et un allié de l’Apebi sur l’émergence des startups, l’e-administration…

    - Qu’en est-il de l’aspect financier?
    - Pour soutenir la viabilité financière de la fédération, il a fallu apurer les dettes accumulées mais aussi activer les mécanismes de financement adéquats tels que la taxe parafiscale à l'importation. D’ailleurs, durant ces 2 mandats, l’AMDIE a appuyé nos actions en accompagnant les ambitions d’export des membres et de la recherche d’investisseurs, ce qui nous a permis de gagner en visibilité à l’international.
    Une autre fierté à l'actif de ces 2 mandats, la création et la pérennisation de l’Africa IT Expo (AITEX), évènement phare du secteur IT dans la région, qui en 2019, est arrivé à sa 4e édition. Nous avons aussi lancé M-pay Forum, en partenariat avec le CIO MAG, qui en est à sa 3e édition, ainsi que le séminaire technique annuel (JMTL), en partenariat avec le Comité international des tests logiciels. En outre, depuis 2017, la fédération a étroitement collaboré avec la CNDP en matière de protection des données à caractère personnel, notamment, dans la mise en conformité des membres avec le règlement européen. Enfin, l’Apebi a contribué à l’adhésion du Maroc à Smart Africa, faisant du Royaume le 30e pays à adhérer à l’alliance.  

    - Parmi les principaux objectifs de l’Apebi, faire émerger les startups IT et accompagner le secteur de l’offshoring. Où en est ce chantier?
    - En effet, il s’agit de deux sujets stratégiques auxquels s'est attelé le mandat 2018-2020. La mise en place du pôle Startups a réussi, en 2 ans, à fédérer 35 startups qui représentent aujourd’hui 16% de nos membres. Nous leur avons également dédié un événement, «Les premières assises de la startup», en avril dernier. Les doléances et propositions discutées ont été remontées auprès des institutions publiques, afin qu’elles soient intégrées à la nouvelle charte d’investissement. L'Apebi a ainsi milité pour l’opérationnalisation du portail startup hub par l'ADD, qui donne accès à une carte technologique pour bénéficier d’une e-dotation allant jusqu’à 500.000 DH par an.
    Le pôle offshoring a, pour sa part, étroitement collaboré avec l’Association marocaine de la relation client (AMRC). Son démarrage effectif en 2019 fait ressortir des actions concrètes comme la création d’une rencontre annuelle de réflexion des acteurs du secteur. La structure d'animation a pu également aller à la rencontre des acteurs régionaux, évaluer des dossiers d’investissement et accompagner des investisseurs pour l’accès aux mesures de l’offre des écosystèmes. A son actif également la recherche de synergies avec des secteurs prioritaires tels que l'aéronautique et l'automobile pour défendre les intérêts communs auprès des pouvoirs publics et bâtir un PPP viable pour l’émergence de ces secteurs. Sans oublier une ouverture sur la promotion à l'international de la destination Maroc à travers l’organisation en décembre, en partenariat avec MedZ et le cabinet IDC d’une rencontre avec les CEO Digital des entreprises du CAC 40.

    - Le secteur de l’IT souffre de la rareté des compétences. Des actions ont-elles été menées pour contourner cette contrainte?
    - Comme cela a été partagé sur ces mêmes colonnes il y a plus de 2 ans, nous avons eu le courage, au sein de la fédération, de monter au créneau pour mettre en lumière cette problématique. Cette tendance s’est accélérée par la suite jusqu’à devenir un souci quotidien, non seulement à l’échelle de notre secteur, mais aussi auprès de l’ensemble du tissu économique, en raison de la transversalité de l’IT. À partir de cette prise de conscience, nous avons essayé d’envisager de nouvelles mesures pour trouver des solutions win-win. En plus du programme CQP (certificat qualification professionnelle) lancé en mars 2019 en partenariat avec l’Anapec, et qui a déjà labelisé 7 organismes de formation, nous avons développé un «global skills partnership» avec l’Agence belge de développement (ENABEL). Ce programme PALIM (projet pilote répondant aux pénuries de main-d’œuvre grâce à des modèles innovants de mobilité) vise à accompagner le Maroc dans la formation et l’insertion d’une centaine de profils, dont à peine 30% partiront en Belgique. Nous avons, en outre, lancé en partenariat avec la GIZ le nouveau modèle Tamheen, basé sur l'approche duale reconnue en Allemagne et adaptée à l’écosystème marocain.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

                                                                                          

    Stratégie digitale, là où le bât blesse

    CE n’est un secret pour personne, le Maroc accuse un grand retard en matière de digitalisation, que ce soit en e-gov, formation, services clients... «Aujourd’hui, force est de constater que nous sommes loin d’avoir atteint les objectifs très ambitieux du Plan Maroc Digital 2020. Nous avons admis, dès début 2019, que cette stratégie, tout comme le plan qui l’a précédée (Maroc Numeric 2013), n’aboutira pas, ou du moins en partie. Car les objectifs et orientations deviennent rapidement obsolètes», déplore Saloua Karkri Belkeziz.

    «Nous privilégions l’agilité, a fortiori dans un secteur en perpétuel renouveau. A la veille de l’élaboration d’une nouvelle stratégie digitale 2020-2025, l’ADD devrait développer avec les principaux donneurs d’ordre une sous-stratégie dédiée à la transformation de l’administration publique, avec un budget propre, un modèle de gouvernance et des indicateurs de performance. La direction de cette gouvernance devrait être assurée par le chef du gouvernement», suggère-t-elle.

    Depuis les débuts de l’ADD, les équipes expérimentent un modèle différent, «basé sur davantage de concertation et de flexibilité». «Nous ne voyons pas pour autant un déblocage des fonds pour soutenir cette dynamique, ni une mobilisation effective qui permettrait de passer du stade de réflexion au stade opérationnel. Alors que le monde entier avance à pas de géant, notre pays reste freiné par la lenteur des projets», regrette la présidente de l’Apebi.

    T.E.G.

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