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    Des solutions pour gonfler la part des entrepreneuses tech

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5637 Le 20/11/2019 | Partager
    Le Womenpreneur Tour fait escale à Casablanca
    Politiques de quotas, alphabétisation numérique, mentorat… des tuyaux d’experts pour changer la donne
    Des success women du domaine racontent leur histoire
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    L’initiative Womenpreneur Tour, lancée par l’association belge Womenpreneur (fondée par Sana Afouaiz)  et par le programme de financement international Sanad, a fait escale au Maroc. Un moyen de mettre en lumière plusieurs femmes entrepreneuses de la tech au parcours inspirant pour les jeunes étudiantes du Royaume (Ph. Fadwa Alnasser)

    Pousser les jeunes Marocaines à entreprendre davantage, plus particulièrement dans les secteurs des nouvelles technologies. C’est dans cet esprit que l’association belge Womenpreneur et le programme de financement international Sanad viennent de clôturer l’étape marocaine de l’initiative Womenpreneur Tour. Un moyen de faire émerger des recommandations d’experts pour inverser la tendance mais également de donner la parole à des femmes aux parcours inspirants et exemplaires.

    La rencontre, qui s’est récemment tenue à Casablanca, a réuni entrepreneuses et représentantes d’entreprises autour de panels, de tables rondes et de multiples courtes présentations. Objectif: sensibiliser grand public et décideurs sur l’importance d’augmenter la part des startups féminines dans la tech. Une initiative partie du constat que le Maroc ne compte actuellement que 10% de femmes entrepreneuses, d’après l’Association des femmes chefs d’entreprises du pays (AFEM).

    «Selon nos recoupements, il y a quatre fois plus d’hommes que de femmes dans les métiers de la tech», confie la DG associée du cabinet de recrutement Bil consulting et fondatrice du club des femmes DRH au Maroc Wassila Kara Ibrahimi. Un secteur au sein duquel la gent féminine est donc très peu présente et qui leur est pourtant tout indiqué, en raison de la flexibilité de ses conditions de travail.

    «Les métiers du digital permettent de travailler à distance, ce qui convient tout particulièrement aux femmes qui ont parallèlement et le plus souvent un foyer à gérer», renchérit l’experte qui est également intervenante de l’évènement.

    Pour changer la donne, les experts invités ont tout d’abord conseillé de donner plus de visibilité aux vétérantes en la matière tout en créant de la proximité à leur égard. «Il devient urgent de mettre en lumière les nombreuses success women du pays à travers les réseaux sociaux, les médias ou encore les écoles», explique Wassila Ibrahimi. Autre levier à activer, l’alphabétisation numérique.

    «Nos étudiants doivent être régulièrement exposés aux nouvelles technologies», renchérit la spécialiste. Un tour de force qui doit passer par l’intégration de modules spécialisés dans le programme scolaire ou encore par la multiplication des expositions digitales.

    Parmi les autres solutions énumérées, l’instauration d’une politique de quotas imposant une proportion minimale de femmes dans les filières techniques mais également le recours au mentorat. «De grands chantiers nécessitant des décisions politiques pour le moins courageuses», tient à préciser le fondateur de la Factory Mehdi Alaoui.

    La manifestation a également permis de mettre en avant plusieurs femmes entrepreneuses au parcours inspirant. C’est notamment le cas d’Imane et Laila Berchane qui ont créé une académie permettant d’apprendre l’ingénierie de manière ludique et conviviale. L’école en question, créée il y a de cela cinq ans et portant le nom de Play Academy, donne l’occasion à des étudiants et à des enseignants de créer des robots en s’amusant ou encore de stimuler leur créativité en manipulant des Lego.

    Pour y parvenir, les deux jeunes filles ont commencé avec les moyens du bord – allant jusqu’à louer leur propre espace de travail –  et en mettant beaucoup de cœur à l’ouvrage. «Pour percer dans l’entrepreneuriat, il faut percevoir son projet comme une passion et persévérer sans relâche», confient ces dernières. Autre invitée au profil tout aussi intéressante, Siham Elfaydi est entrepreneur culturel depuis plus de 10 ans.

    La jeune femme passionnée de théâtre depuis son enfance a fondé non sans difficultés son agence de promotion cinématographique et de distribution de films en 2009. Un domaine où il est particulièrement difficile de percer pour qui veut s’y lancer.

    «Le problème, c’est que nous n’avons pas de véritable industrie culturelle au Maroc. Et la tâche est rendue encore plus ardue pour une femme, confrontée sans cesse aux barrières sociales et aux tabous de la société à son égard», confie l’entrepreneuse. 

    «La principale difficulté consistait donc à durer tout en gagnant progressivement la confiance de mes partenaires», ajoute-t-elle avec insistance. Pour se démarquer technologiquement parlant, Siham Elfaydi n’a pas hésite à diffuser sur la toile des interviews et des capsules originalement mises en scène. Autre prouesse qui lui a fait prendre du galon, son idée de se déplacer dans plusieurs villes du pays pour les équiper de salles numériques en bonne et due forme.

    Un livrable concret dans deux mois

    Après son escale au Maroc, le Womenpreneur Tour se poursuivra jusqu’au  10 décembre prochain en Tunisie et en Jordanie. Une expérience enrichissante qui contribuera à alimenter un livret de recommandations – ou Policy Paper – dont la publication est prévue pour bientôt. Mais pas uniquement. Un documentaire vidéo sur le sujet sera également diffusé dès le 20 janvier pour sensibiliser grand public, gouvernants et autres acteurs de l’écosystème sur l’importance de promouvoir le digital féminin.

    Karim AGOUMI

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