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    Economie

    L'Inde affiche ses ambitions pour l'Afrique

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5620 Le 23/10/2019 | Partager
    Des opportunités d'investissements dans différents secteurs
    Télémedecine et e-learning au profit d’étudiants africains
    28 nouvelles ambassades dans un délai de 2 ans
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    Joyau de l'architecture moghole, le Taj Mahal combine entre différentes styles architecturaux. Sa construction a commencé en 1632 et s'est achevée 20 ans plus tard. Situé dans la ville d'Agra, à 200 km de New Delhi, ce mausolée a été construit sous les ordres du Shah Jahan pour abriter la tombe de son épouse d'origine perse décédée lors de l'accouchement de leur 14e enfant. Les inscriptions en arabe sur le marbre blanc sont issues du Coran. En tout , vingt-deux passages tirés de quatorze chapitres (source: https://travelenriche.wordpress.com/2015/06/27/les-secrets-du-taj-mahal/)

    Ne cherchez surtout pas à faire le parallèle ni à comparer l’Inde avec un autre pays. Ce géant asiatique aux mille facettes et contrastes vous laisse parfois perplexe. Des buildings, des malls, des autoroutes et des ruelles poussiéreuses, des femmes et des enfants parfois même une famille qui dort à la belle étoile…

    Une visite d’une semaine sur invitation du ministère des Affaires étrangères indien au profit d’une douzaine de journalistes marocains ne permet pas de cerner le pays du Taj Mahal. Mais elle donne le ton sur les ambitions de ce pays qui compte 1,3 milliard de personnes au Maroc  et en Afrique. Au Maroc en particulier, les officiels insistent sur «l’accélération de la coopération économique».

    Près de 988 millions de dollars ont été investis par les entreprises indiennes depuis 2003 dans le secteur automobile et l'industrie pharmaceutique. En parallèle, les investissements marocains dans le secteur chimique en Inde s'élèvent à  230 millions de dollars portés par l'OCP.

    «La coopération économique reste faible malgré des bonnes relations politiques. Le commerce entre les deux pays doit être encouragé. Le potentiel existe dans différents secteurs. L’inde est aujourd’hui une économie de 2,8 trillions de dollars. Notre ambition est de doubler ce chiffre et de dépasser 5 trillions de dollars de PIB», a déclaré Subrahmanyam Jaishankar, ministre indien des Affaires étrangères lors d’une rencontre avec la presse marocaine à New Delhi. Subrahmanyam Jaishankar a profité de l'occasion pour vanter les réalisations et expliquer les différents chantiers de réforme que le pays mène: habitat économique, électrification, etc.

    L’une des principales données, qui devrait intéresser les investisseurs, est liée à la classe moyenne qui consommera plus et aura de nouveaux besoins notamment en termes de voyage. Une invitation aussi au Maroc de saisir les opportunités. Et elles sont nombreuses comme l’expliquent des responsables de la Confédération indienne de l’industrie. Celle-ci avec l'aide de l'ambassade du Maroc en Inde a établi des contacts directs avec plusieurs chambres de commerce. Les visites des délégations d'opérateurs économiques et d'officiels se multiplient.

    De son côté, l'Inde continue à travailler sur l'amélioration de l'environnement des affaires. Elle a implémenté un guichet unique pour les licences industrielles, mis en place une loi sur l'insolvabilité et les faillites et procédé à l'harmonisation de sa fiscalité en réduisant la multiplicité des taxes. Plusieurs secteurs sont ouverts aux investissements étrangers: défense, chemins de fer, assurances, construction, immobilier, etc.

    Le pays fait partie des cinq économies émergentes les plus importantes du monde. Il faut remonter à 1991 pour comprendre les changements amorcés par l’économie indienne. A cette date, le pays avait appliqué un plan de sauvetage du Fonds monétaire international et des réformes économiques visant à libéraliser l'économie et à encourager l'investissement étranger direct. Depuis, le rythme des réformes a été certes maintenu, mais un coup d’accélérateur a été donné durant les dernières années.

    A New Delhi ou à Bangalore et dans les environs, des chantiers de construction notamment de routes, échangeurs et de lignes de métro sont engagés. Cela peut parfois rendre la circulation un peu difficile, mais paradoxalement les bouchons, du moins ceux sur lesquels nous sommes tombés, ne durent pas longtemps. Il faut dire aussi qu’un maillage en termes de routes et d’autoroutes est déjà en place. Et les travaux se poursuivent.

    L'Inde ne fait pas les yeux doux uniquement au Maroc. Elle dispose d'une stratégie pour tout le continent africain. Trois sommets Afrique-Inde ont été tenus jusque-là. Le dernier en date, en 2015,  s'était soldé par plusieurs engagements: un montant de 10 milliards de dollars de prêts dont 6,5 milliards déjà débloqués et 600 millions de dollars de dons qui n'ont pas été entièrement consommés.

    Des formations pour 50.000 personnes ont été également actées dont 40.000 effectuées, selon le ministre indien des Affaires étrangères.  Il a relevé au passage que des formations sont dispensées au profit d'étudiants marocains. En 2018, un centre maroco-indien d’excellence en technologies de l’information a été ouvert au Maroc et rien n'empêche les jeunes marocains à poursuivre leurs études en Inde.

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    Le secteur tertiaire reste dynamique. Il contribue à hauteur de 62% au PIB. Le pays est exportateur de services informatiques. Il est également  fournisseur de services de sous-traitance commerciale. L'agriculture contribue pour 16% au PIB contre 22% pour l'industrie

    Cet intérêt pour l'Afrique renvoie aussi à la concurrence que se livrent sur ce continent les deux géants asiatiques, l’Inde et la Chine. Leurs modes opératoires sont certes différents. La Chine a une longueur d’avance que reconnaît le think tank Research and Information system for Developping Countries.

    Mais le pays de Narendra Modi privilégie une autre approche. D’abord le soft power avec l’organisation de manifestations culturelles et ensuite à travers la coopération technique marquée par des innovations qui attirent de plus en plus: télémedecine et e-learning au profit d’étudiants africains. Le pays ne cache pas son ambition de se concentrer sur le «renforcement des capacités en termes d'éducation et de compétences».

    Comme annoncé par la diplomatie indienne, l'accent sera mis, durant le sommet Inde-Afrique prévu en 2020, sur la formation, le digital, les énergies vertes et le développement durable. «L’identité numérique par exemple facilite les services. Cela peut toucher les soins de santé comme l’apprentissage à distance», expliquent les diplomates indiens.

    Le deuxième pays le plus peuplé du monde compte étoffer son implantation en Afrique avec l'ouverture de 18 nouvelles ambassades dans un délai de 2 ans.

    La conquête de l'espace

    Sous haute sécurité (interdiction de téléphones portables et contrôle minutieux à l'entrée), les journalistes ont eu droit à un meeting à l'ISRO, l'agence spatiale du pays. Le centre a effectué 184 missions dans l'espace et assure le lancement de 73 fusées. Le programme indien dédié à l'espace va de la mise en orbite  à l'infrastructure, en passant par les satellites dédiés à l'observation de la terre et à la science. Le programme spatial de l'Inde est considéré comme un outil de rayonnement international. L’agence spatiale indienne a déjà réalisé une première mission martienne en 2014, en plaçant une sonde en orbite autour de la planète rouge.  En 2022, New Delhi espère envoyer des  astronautes dans l’espace, ce qui serait sa première mission habitée.

                                                                                    

    Radars de communication

    Bharat Electronics. C'est le nom d'une entreprise publique basée à Bangalore au sud de l'Inde. Cette entreprise ne cache pas son ambition et celle du gouvernement indien de renforcer la coopération militaire avec le Maroc. Elle a soumissionné à un appel d'offres du Maroc portant sur l'installation de radars de surveillance et de contrôle au niveau des aéroports. L'entreprise a également  développé  des machines de vote électroniques, lesquelles ont été utilisées lors des récentes élections organisées en Inde. Cette entreprise produit une large gamme d'équipements de pointe, défense électronique, radars, etc. Elle emploie 4.984 ingénieurs dont 50% travaillent dans la R&D. Elle dispose de filiales et chacune dispose de sa propre unité de recherche et de développement.

                                                                                    

    L'enseignement, la recherche

    La visite en Inde a été ponctuée par des rencontres avec les responsables de l'Indian Institute Of Management Bangalore. Numéro 1 en Inde, cette école est classée parmi les 50 meilleurs instituts de management au Monde.  Elle assure également des cours en ligne via la plateforme EDX et dispose d'un programme d'échange d'étudiants avec plusieurs universités notamment en Amérique du Nord.  
    Autre lieu visité: Infosys Bangalore, une société de services et de conseil numérique. Intelligence artificielle, réalité virtuelle et augmentée… les champs d'intervention et de recherche sont assez vastes. Cette multinationale est construite sur un site de 9 hectares et compte 50 bâtiments, des jardins, restaurants…. Elle emploie 22.000 personnes à Bangalore et 200.000 à travers le monde.

    DNES Khadija MASMOUDI

     

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