Entreprises

La BEI au chevet des TPME

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5472 Le 13/03/2019 | Partager
Ce soutien passe par la Caisse centrale de garantie
Le transport, l’une de ses priorités au Maroc
Energies renouvelables, Green bonds… le souci écologique très présent
emma_navarro_072.jpg

Pour Emma Navarro, vice-présidente de la BEI en charge des activités de la banque au Maghreb, «l’ampleur des investissements verts dont l’économie marocaine a besoin, requiert l’implication significative des institutions financières locales et des TPME» (Ph. privée)

- L’Economiste: Que prévoit le nouvel accord de financement pour les autoroutes du Maroc?
- Emma Navarro:
L’accord que nous venons de signer concerne le financement de 80 millions d’euros pour des travaux de triplement de l'autoroute Casablanca sur 57,5 km, qui permettront de décongestionner la circulation et d’améliorer les conditions de transport dans cette région, tout en renforçant la mobilité et la sécurité routière. C’est un projet important pour l’activité économique de la région et qui aura des effets très positifs sur la création d’emplois.
Ce projet répond à la volonté de l’Europe d’accompagner le développement de l’infrastructure marocaine, et tout particulièrement dans les transports, l’un des secteurs prioritaires de l’action de la BEI au Maroc. Il illustre également parfaitement le partenariat entre la BEI et le Maroc, qui fête cette année, ses quarante ans.

- La situation financière de la société gestionnaire des autoroutes n’est pas au top. Quel régime doit-elle suivre pour retrouver la forme?
- La Société nationale des autoroutes du Maroc est un partenaire important et de longue date de la BEI dans le pays, qui réalise des investissements clé pour la croissance et la compétitivité de l’économie marocaine.
Nous saluons le travail important mené par la société ADM afin de développer une nouvelle stratégie commerciale et financière basée sur une dynamique de modernisation de ses investissements, de son schéma d’exploitation, et de son mode opératoire financier.
C’est dans cette perspective et avec le concours précieux du ministère de l’Economie et des finances que la BEI souhaite pérenniser son partenariat avec ADM en proposant des financements d’infrastructure, à très long terme, couplés à de faibles taux d’intérêt afin de soutenir ses projets d’infrastructure de demain.
 
- En quoi consiste le protocole d'entente avec la Caisse centrale de garantie?
- Ce protocole d’entente matérialise l’intérêt de la BEI à coopérer sur des projets de la Caisse centrale de garantie répondant à des objectifs communs de soutien au développement économique et de création d’emploi au Maroc. L’un des projets en discussion concerne l’appui au financement de la transition vers l’économie verte via l’accès au financement pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).
L’ampleur des investissements verts dont l’économie marocaine a besoin, requiert l’implication significative des institutions financières locales et des TPME.
Le soutien aux TPME est l’un des secteurs d’investissement prioritaires de la BEI dans la région. Pour rappel, elles représentent le moteur fondamental de la croissance économique et de l’emploi du Maroc. Il est donc naturel que la BEI et la Caisse centrale de garantie joignent leurs forces pour les soutenir.

 - Après avoir financé le complexe solaire Noor, comptez-vous apporter des financements au programme éolien?
- Nous sommes particulièrement fiers de financer le complexe solaire Noor Ouarzazate, un projet emblématique de notre partenariat avec le Maroc. Nous avons également participé à d’autres projets solaires importants, comme par exemple le financement d’environ 390 millions d’euros pour le complexe solaire de Midelt, que notre conseil d’administration a récemment approuvé.
Les projets éoliens sont également prioritaires pour la BEI. Nous soutenons déjà ce secteur avec notre concours aux parcs éoliens de Midelt, Jbel Lahid et Tanger, à travers un financement de 200 millions d’euros.
Ces investissements sont en ligne avec nos priorités. La promotion de sources d’énergie renouvelable est l’un des objectifs clés de l'Union européenne et un secteur très important de l'appui financier de la BEI. Ce soutien s’inscrit aussi dans nos efforts de lutte contre le changement climatique qui est au cœur de notre mission, comme le montrent nos objectifs ambitieux.
 
- Que peut apporter la BEI au marché des green bonds au Maroc?
- La BEI a été très impliquée dans le développement du marché des green bonds. Nous avons été les premiers au monde à émettre une obligation «verte» il y a 12 ans. Aujourd’hui, nous demeurons le principal émetteur supranational d’obligations vertes avec près de 24 milliards d’euros d’émissions levées depuis 2007. Nous avons également contribué au développement de la gouvernance liée aux obligations vertes. Nous participons à diverses initiatives ayant pour objectif d’encourager davantage d’institutions financières locales à émettre des obligations vertes.
Notre engagement va continuer. Les obligations vertes constituent un élément essentiel pour lutter contre le changement climatique en favorisant la mobilisation de financements privés nécessaires à l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris sur le changement climatique. Accélérer ces investissements privés est indispensable aux vues des besoins en financement nécessaires auxquels aucune institution publique ne peut répondre seule.
L’année dernière, nous avons franchi un nouveau pas en lançant notre première obligation «développement durable». Il s’agit de mobiliser des financements qui contribueront aux autres objectifs de développement durables des Nations unies, au-delà du climat.

Parcours

C'est le premier déplacement officiel au Maroc d’Emma Navarro, vice-présidente de la BEI, en charge des activités de la banque au Maghreb. Cette Espagnole a été nommée le 1er juin 2018 par le Conseil des gouverneurs de la Banque, qui se compose des ministres des finances des 28 États membres de l’Union européenne.  Auparavant, elle a été secrétaire générale du Trésor et de la politique financière en Espagne, membre du conseil des gouverneurs de la Banque d’Espagne et membre du conseil d’administration de la commission espagnole du marché des valeurs mobilières.
Son champ d’intervention est diversifié au point d’englober les financements dans les domaines de l’environnement, de l’action en faveur du climat et de l’économie circulaire.  Dans son escarcelle, les relations avec les institutions nationales de promotion économique et l’Association européenne des investisseurs de long terme. Parallèlement à ces activités, Emma Navarro exerce d’autres fonctions comme présidence du Conseil de surveillance du fonds Marguerite. Elle est également présidente du Comité de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP).

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc