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    Renault Maroc: Les gisements de productivité

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5472 Le 13/03/2019 | Partager
    Système de formation, méthode managériale, process industriel…
    Une production automobile en progression constante
    Le groupe mise sur la qualité du management et des ressources
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    Mohamed Bachiri, DG de Somaca et président de la Commission solutions sectorielles à la CGEM: «A court terme, nous allons dépasser l’Italie» (Ph. M.B)

    «Pour avoir des collaborateurs qualifiés et compétents, nous avons fait des efforts importants au niveau de Renault, en travaillant sur les valeurs managériales, en intégrant de nouveaux systèmes de formation et des méthodes qui ont fait leurs preuves à l’international», fait valoir Mohamed Bachiri, DG de Somaca, en marge d’une table ronde de l’APD (Association pour le progrès des dirigeants), tenue le 7 mars dernier à Casablanca.

    Et d’ajouter: «Si le projet de Renault Tanger a démarré dans les délais, si nous parvenons à réaliser les performances actuelles, c’est grâce au système de formation que nous avons mis en place, en partenariat avec l’Etat marocain.

    Le Royaume a investi dans les bâtiments de l’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile (Ifmia), un centre de formation à l’intérieur de l’usine de Tanger. La gestion de l’établissement a été déléguée à Renault, pour répondre à ses propres besoins. Nous avons recruté les formateurs, les avons formés… C’est grâce à ce système que nous avons réussi à respecter les jalons et plannings du projet».

    Pour écrire ses pages historiques de l’industrie automobile marocaine, le groupe Renault compose avec un ensemble de leviers. «Nous investissons dans le capital humain, notamment dans la formation continue, le développement des compétences techniques et managériales. La performance industrielle passe prioritairement par la qualité du management des équipes, basée sur l’écoute, la proximité vis-à-vis des opérateurs, leur accompagnement, l’aide à la résolution des problèmes sur le terrain…Tout cela contribue à la performance d’une usine automobile», insiste le DG Mohamed Bachiri.

    Pour le patron de Somaca, le système de formation professionnelle au Maroc doit être renforcé en profondeur. Il est nécessaire que le privé s’implique davantage dans la gestion des centres de formation professionnelle. Les expériences de l’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile (Ifmia), géré par Renault, et de l’Institut des métiers de l’aéronautique (Ima), géré par le Gimas, doivent être généralisées, voire dupliquées dans d’autres secteurs.

    «Le privé doit s’approprier ces systèmes de formation. Pour sa part, l’Etat doit jouer son rôle tout en mettant en place les infrastructures, et déléguer l’élaboration du contenu pédagogique, les programmes, l’évaluation et la sélection des stagiaires».

    En 2018, le groupe Renault Maroc a réalisé des performances importantes en termes d’export, de chiffre d’affaires, d’intégration locale… La production globale du groupe a dépassé la barre des 400.000 véhicules produits pour l’année écoulée. Derrière cette prouesse, une cadence élevée a pu être maintenue, en termes de production industrielle dans les deux usines (Somaca et Tanger). 83.500 véhicules sont sortis de l’usine de Casablanca en 2018.

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    Le site de production de Casablanca: Un cas d’école marocain en termes de productivité, de progression technique et de montée en compétence des équipes (Ph.L’Economiste)

    Un autre record historique de production pour l’usine pionnière de l’industrie automobile fondée en 1959. Entre le site de Casablanca (83.500 unités) et celui de Tanger (318.600 véhicules), Renault Maroc a cumulé la production de 402.150 voitures. Un record pour l’industrie automobile au Maroc. Ce qui fait du pays le premier fabricant de véhicules automobiles en Afrique, loin devant l’Afrique du Sud (entre 350.000 et 360.000 unités produites).

    «A court terme, la production nationale va dépasser celle de l’Italie», promet Mohamed Bachiri. Les deux sites de production ont pu dépasser les objectifs initialement fixés à 400.000 unités en 2018 grâce au mode de travail. L’exercice 2018 aura aussi été marqué par l’annonce du doublement de la capacité de production de Somaca afin de passer de 80.000 à 160.000 véhicules à l’horizon 2022. Au total, le constructeur emploie 11.000 salariés au Maroc.

    Dans le cadre des plans d’accélération industrielle, sept écosystèmes ont été dédiés à l’industrie automobile dont un dédié à Renault. Ce dernier représente 2 milliards d’euros de sourcing local et achat de pièces, 50% de taux actuel d’intégration pour les véhicules fabriqués au Maroc. Egalement président de la Commission solutions sectorielles de la CGEM, Mohamed Bachiri indique que «des travaux sont en cours au niveau des fédérations pour accompagner les TPE afin qu’elles profitent de la dynamique de croissance dans l’automobile».

    Aujourd’hui, le challenge réside dans l’intégration en profondeur. Le groupe travaille également à développer son écosystème industriel pour porter à 65% le taux d’intégration locale et cible 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires à l’horizon 2023. Rappelons que l’essentiel de la production est destiné à l’export.

    En 2018, le groupe a exporté près de 90% de sa production vers 74 destinations (France, Espagne, Italie, Turquie, Egypte...), battant là aussi un record. Autant de marchés extérieurs, mâtures et exigeants, qui font confiance au made in Morocco. Toutes ces performances renseignent sur les enjeux en termes de standards qualité, productivité, industrialisation, compétitivité, logistique... Dernier marché livré à l’export…Cuba!

    Appel à la refonte de la loi n°36-96

    Le président de la Commission solutions sectorielles a émis une recommandation aux pouvoirs publics. Celle de la refonte de la loi n°36-96 qui institue la formation professionnelle alternée (FPA). «Il faut réactiver cette loi et l’organiser davantage afin qu’elle permette des stages pratiques organisés, structurés et alternés, répondant aux programmes de formation. Des tuteurs en entreprises doivent être recrutés et formés. Il faut également que le programme soit adapté. Si l’Allemagne a progressé, c’est grâce à ce système». De son côté, l’entreprise doit jouer son rôle, afin qu’au terme de deux ans de formation, l’étudiant ait déjà une année concluante d’expérience. En termes d’intégration, ce système est efficace, dans la mesure où il contribue à la résorption du chômage des jeunes et leur intégration progressive dans le monde professionnel.

    Modeste Kouamé

     

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