Economie

«Nous avons un système d'évaluation du risque pour chaque km2»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
1,2 million d’hectares de forêts présentent un risque élevé
Un dispositif de veille et d’intervention articulé autour de 3 axes
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Abdeladim Lhafi,  Haut Commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (Ph. AL)

- L’Economiste: Quel est le dispositif de veille et d’intervention mis en place? 
- Abdeladim Lhafi:
Il s’articule autour des trois composantes dont la première concerne le  renforcement de la prévention à travers la sensibilisation et la réalisation des travaux d’équipement et de traitement des forêts. La 2e composante porte sur la cartographie de prévision du risque, l’alerte précoce par la mise en place d’un réseau de guetteurs et de patrouilles au niveau des zones sensibles, le pré-positionnement des équipes de première intervention. Actuellement, le Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification dispose d’un système d’évaluation du risque, pour chaque km2 du territoire national. Il permet de mesurer, deux fois par jour, le coefficient du risque d’éclatement d’incendies. Un procédurier proactif est déployé en conséquence, pour gérer à l’avance le dispositif de lutte nécessaire. La dernière composante est la lutte ou l’intervention. Il s’agit de la détection à temps, de l’opérationnalisation du dispositif d’intervention terrestre et aérienne contre les feux de forêts. Le centre de gestion du risque climatique en forêt, créé en 2016, localisé au Haut commissariat, coordonne, suit, évalue et ajuste les dispositifs de lutte contre les incendies de forêt.

- Quelles sont les causes des feux de forêts et combien d’incendies sont d’origine criminelle pour défricher les terres?
- La quasi-totalité des feux de forêt au Maroc sont d’origine humaine, soit par imprudence, soit accidentellement, soit de façon intentionnelle. Les feux d’origine naturelle comme la foudre sont très rares. Ils se produisent dans les régions du Moyen-Atlas et de l’Oriental et restent marginaux.
La recherche des origines possibles du feu est systématiquement menée. Mais en pratique, elle reste difficile. Toute action criminelle avérée est traitée dans le cadre de la loi et les auteurs sont sanctionnés en fonction de ce qui est prévu.

 - Quelles sont les zones à risques?
- A l’échelle nationale, près de 1,2 million d’ha de forêts présentent un risque moyen à élevé d’éclosion et de propagation rapide des feux de forêts. Les régions les plus concernées sont le Rif, l’Oriental, le Nord-Est et le Moyen-atlas et spécialement dans les provinces de Chefchaouen, Tétouan, Larache, Tanger, Taza, Al Hoceïma, Nador, Rabat, Khémisset, Ifrane, Khénifra… Mais, ce risque structurel est actuellement combiné à l’évaluation du risque conjoncturel, combinant les informations climatiques du moment comme la température, l’humidité, le vent et les données des espèces végétales et leur inflammabilité relative, le relief et les séries historiques de prévalence de feu.

- Que faut-il faire en cas de feu en forêt?
- Le dispositif repose sur un système gradué à quatre niveaux d’intervention. La stratégie de gestion des feux de forêts obéit à une coordination très élaborée entre tous les partenaires, à une prise en compte des données spécifiques à chaque feu et un ajustement en temps réel du dispositif. L’idée est de répondre à trois objectifs essentiels. D’abord, il s’agit de protéger les agglomérations, les vies humaines, les infrastructures et les points sensibles définis sur une carte précise. Ensuite, protéger les équipes de lutte, les aéronefs et le matériel pour leur assurer la sécurité et l’efficacité. Enfin, défendre les massifs et les écosystèmes forestiers, par une approche spécifique à chaque écosystème. 

 

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