Economie

Banques: Un premier trimestre sans accroc

Par Franck FAGNON | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
BCP, CIH Bank et BMCI améliorent leurs résultats
L’IFRS 9 a des conséquences diverses sur le coût du risque
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Source: états de synthèse des banques
Le coût du risque est l’un des indicateurs les plus attendus dans les publications des résultats des banques depuis l’entrée en vigueur de l’IFRS 9. Au premier trimestre, il s’est envolé de 43% pour la BCP contre une baisse chez CIH Bank et BMCI. Mais, les trois banques ont amélioré leurs résultats grâce à la performance du produit net bancaire, en particulier pour BCP

Les investisseurs feront leur propre lecture des résultats du 1er trimestre des banques après les publications de BCP, BMCI et CIH Bank. Les actions des trois banques ont clôturé la séance de jeudi 26 juillet en hausse. L’implémentation de la norme IFRS 9 explique la publication tardive (dérogation de la Banque centrale) des états de synthèse à fin mars. Il faut dire que les banques ont bien négocié les trois premiers mois si l’on en croit leurs résultats. Le produit net bancaire s’est chiffré à 4,2 milliards de DH à la BCP, en hausse de 14,3%. Il est en croissance de 1,2% à 772 millions de DH pour la BMCI et de 12% à 543 millions de DH au CIH Bank. 
Très volatil ces dernières années, le résultat des activités de marché a enregistré une forte hausse au premier trimestre pour l’ensemble des trois banques. Il a augmenté de 71% chez BCP et affiche une progression à deux chiffres dans les comptes des deux autres établissements. 

Les autres rubriques du produit net bancaire se sont également bien comportées. La marge d’intérêt s’est améliorée de 8% pour le groupe mutualiste à 2,7 milliards de DH. Elle a progressé de 4,5% chez CIH Bank alors qu’elle s’est inscrite en léger recul de 0,3% à BMCI. La conquête de nouvelles relations, l’amélioration de l’équipement des clients ainsi que la bonne santé de la bancassurance continuent à porter les revenus de commissions. Ils se sont élargis de 1,8% dans la filiale marocaine de BNP Paribas contre 11% à CIH Bank et 4% à la BCP. 
Entre janvier et mars, la deuxième capitalisation bancaire a dégagé un bénéfice de 668 millions de DH en hausse de 7%. Sa performance a été ralentie par un coût du risque en forte hausse. Il a augmenté de 43% à 944 millions de DH. Cette envolée tient en partie aux réaménagements qu’implique la mise en œuvre de l’IFRS 9. La norme introduit un nouveau modèle de dépréciation basé sur les pertes de crédit attendues. Les banques sont donc tenues de déprécier leurs créances dès l’octroi du crédit en fonction du profil de risque. 

Les établissements qui le souhaitent ont la possibilité de lisser l’impact de la première application de l’IFRS 9 sur cinq ans. En outre, l’assurance est exclue du périmètre de la norme pendant quatre ans. Ce sont quelques unes des dispositions transitoires prévues par la Banque centrale pour atténuer l’impact des nouvelles règles sur les bilans. Les changements introduits par l’IFRS 9 pourraient entraîner une détérioration du coût du risque et donc rogner les bénéfices des banques. Toutefois, l’indicateur a sensiblement baissé pour CIH Bank et BMCI au premier trimestre. Cette amélioration a permis à la première banque de doubler son résultat net par rapport au 1er trimestre 2017 à 124 millions de DH. Du côté de BMCI, le résultat net part du groupe a progressé de 1,5% à 154 millions de DH.
 

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