Régions

Errachidia: Attention, oasis en danger!

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5306 Le 03/07/2018 | Partager
30% de l’ensemble de ces terres sont dégradées
Le climat et l’activité humaine responsables de la situation
Appel à respecter ces sols fragiles pour conserver diversité et fertilité
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Salinité, érosion suite aux crues et aux vents, déperdition des composants minéraux du sol, mais aussi la surexploitation des surfaces agricoles et l’abandon des palmeraies affaiblissent les sols et les rendent encore plus vulnérables à la désertification (Ph. SB)

«30% de l’ensemble des terres sont dégradées et ont perdu leur véritable valeur. Face à l’accaparement des terres et à la ruée sur les terres productives, il apparaît de plus en plus clairement que l’accès à ces dernières revêtira une importance cruciale pour la croissance économique, la paix et la stabilité futures».

C’est le constat que fait la Convention pour la lutte contre la désertification de l’Assemblée générale des Nations Unies à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification. Et c’est dans cette perspective que l’oasis de Tinjdad, dans la province d’Errachidia, a abrité récemment une table ronde pour aborder les différentes problématiques que connaissent les oasis du Maroc, et en particulier la dégradation des sols et l’ensablement.

Organisée par l’association Oasis Ferkla pour l’environnement et le patrimoine, la table ronde a permis d’attirer encore une fois l’attention sur ce danger qui menace les oasis, victimes de la déperdition des sols fertiles et de l’envahissement des sables.

«Le milieu oasien est très fragile et dont l’équilibre doit être maintenu pour lui permettre de survivre. En plus des facteurs climatiques, le facteur humain est également responsable de la dégradation des sols, en particulier la surexploitation et l’abandon des oasis», rappelle Lahcen Kabiri, président de l’AOFEP.

En effet, les sols dans le milieu oasien souffrent des problèmes comme la salinité, l’érosion de la couche fertile du sol suite aux crues et aux vents et la déperdition des composants minéraux du sol. L’Homme, à travers ses pratiques, contribue également à la dégradation de ces sols. La surexploitation des surfaces agricoles et le non-respect des périodes de repos, mais aussi l’abandon des palmeraies, affaiblissent les sols et les rendent encore plus vulnérables.

La table ronde a été l’occasion de partager un certain nombre d’expériences relatives aux bonnes pratiques de gestion des ressources naturelles dans le milieu oasien, permettant de lutter contre la désertification et tous les phénomènes qui s’y rattachent. Il s’agit par exemple de la mobilisation des eaux de crues et la gestion des eaux souterraines, la conservation de la biodiversité par les techniques ancestrales ainsi que l’agroécologie.

Au terme de cette rencontre, les participants ont souligné l’urgence d’intervention pour la lutte contre la désertification dans ces milieux à travers des actions concrètes relatives aux ressources hydriques, la conservation des sols et la sensibilisation des populations oasiennes. Enfin, il a été décidé de créer une commission multidisciplinaire présidée par l’AOFEP pour assurer les correspondances avec les autorités et concrétiser les actions requises.

De notre correspondante permanente, Sabrina Belhouari

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