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    Economie

    Produits de la pêche: Un «oui, mais» des inspecteurs européens

    Par Aziz BEN MARZOUQ | Edition N°:5295 Le 18/06/2018 | Partager
    Contrôles officiels considérés comme «globalement satisfaisants»…
    ... Avec toutefois des manquements et laisser-aller préoccupants
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    «A l’issue des dysfonctionnements relevés dans la chaîne des produits de la pêche destinés à l’export,  l’Onssa a un mois pour fournir à la Commission européenne un plan d’action et un échéancier précis» (Ph. L’Economiste)

    «Évaluer si les contrôles officiels réalisés par les autorités compétentes marocaines garantissent que les conditions de production des produits de la pêche au Maroc destinés à l’exportation vers l’UE peuvent être considérées comme équivalentes aux exigences réglementaires européennes». Telle était la mission des auditeurs européens de la DG «Santé et sécurité alimentaire» de la Commission européenne lors de leur inspection au Maroc entre le 4 et le 14 décembre 2017.

    Concernant les établissements de transformation des produits de la pêche à terre, les auditeurs ont visité 11 établissements de transformation de produits de la pêche (1 conserverie, 2 établissements préparant des semi-conserves, 3 unités de production de produits congelés, 1 unité de décorticage de crevettes, 1 unité de production d’huile de poisson, 1 établissement de produits de la pêche frais et 2 entrepôts frigorifiques).

    Si tous les établissements inspectés, sauf un, présentaient en général des conditions «acceptables» concernant la structure, l’équipement et le fonctionnement, les enquêteurs ont toutefois relevé quelques dysfonctionnements et laisser-aller qui ne manquent pas d’interpeller.

    Exemple: pendant la visite à un établissement de congélation du poulpe, les limiers européens se sont étonnés que les visites régulières du vétérinaire officiel avaient lieu durant la période de repos biologique et non pas quand l’établissement était en production... Et l’autorité compétente n’a pas été en mesure de certifier que les produits exportés avaient été préparés dans des conditions d’hygiène conformes aux exigences de la législation européenne.

    Dans un entrepôt frigorifique visité, les experts ont cette fois-ci noté que les palettes en bois, utilisées pour les boîtes contenant des maquereaux entiers congelés, étaient en contact direct avec les produits de la palette inférieure.

    Autre exemple flagrant de laisser-aller: si les vérifications de la conformité sanitaire de la halle d’Agadir (qui a été visitée aussi) étaient documentées à la fréquence prescrite (une fois par an) et que les structures et les opérations présentaient des conditions hygiéniques satisfaisantes, au moment même de la visite des experts, un lot de produits de la pêche fortement parasité a fait l’objet d’une saisie et d’une dénaturation.

    Idem pour une usine à glace visitée par les auditeurs: le site était complètement ouvert vers l’extérieur, exposé aux risques de contamination par la poussière et les insectes nuisibles. Concernant la présence de résidus et de contaminants dans les produits de la pêche, si un plan national de surveillance est bien en place et qu’il est en état de fonctionner, les experts européens ont toutefois fait observer que les petits poissons pélagiques (sardines et maquereaux notamment) échantillonnés pour la recherche des métaux lourds ne peuvent pas être considérés comme des espèces cibles pour la bio-concentration de ces contaminants. Plus ennuyant encore, il n’ y a pas d’échantillonnage ni d’analyse pour les métaux lourds en dehors du plan officiel de surveillance, par exemple en auto-contrôle par les opérateurs.

    Par ailleurs, si les inspecteurs européens ont pu constater que les procédures de contrôle (inspection systématique ou allégée, évaluation et mise en œuvre du plan HACCP, prélèvements réalisés dans un cadre officiel, notamment) étaient généralement suivies de façon adéquate, ils ont noté que dans un cas précis, le plan HACCP avait été validé quand les limites critiques établies par l’opérateur n’étaient pas en conformité avec les exigences légales (température de stockage des produits congelés).

    Dans un autre établissement, le plan HACCP ne donnait aucun détail quant à l’utilisation d’additifs et que leurs limites/critères de surveillance étaient difficilement identifiables. Résultat des courses: les autorités compétentes marocaines, ONSSA en tête, ont un mois pour fournir à la Commission européenne un plan d’action et un échéancier précis visant à répondre à trois recommandations majeures: s’assurer que les établissements de production des produits de la pêche soient visités pendant qu’ils sont en période de production (et non pas lors du repos biologique), établir un plan d’échantillonnage qui permet de vérifier la présence éventuelle de contaminants chimiques (métaux lourds et notamment le mercure) dans les produits de la pêche et qu’il soit réalisé de manière conforme à la législation européenne en la matière et, enfin, s’assurer de ne valider que les plans de maîtrise sanitaire établis par les opérateurs qui répondent pleinement aux critères et principes HACCP, conformes à la législation communautaire.

    Chiffres clé de la production marocaine

    Les exportations des produits de la pêche d’origine marocaine vers le marché de l’UE sont autorisées à partir de 19 entrepôts frigorifiques, 349 établissements de production et de 304 bateaux congélateurs. Le secteur marocain de la pêche est composé de 16.333 bateaux de pêche artisanale, 1.777 chalutiers, 304 navires congélateurs. Dakhla, Agadir, Tan Tan et Tanger figurent parmi les 22 ports de pêche équipés pour les débarquements de produits de la pêche à l’état de congélation. Le total des exportations de produits de la pêche en provenance du Maroc s’est élevé à 265.000 tonnes en 2016, principalement des céphalopodes (55.000 tonnes), des conserves et semi-conserves (71.000 tonnes), du poisson frais/réfrigéré (7.800 t) ou congelé (44.000 t).

    De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz BEN MARZOUQ

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