Dossier Spécial

SIAM 2018/ Dinde: La lente montée de la filière

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5258 Le 24/04/2018 | Partager
Le niveau de consommation bloqué à 90.000 tonnes depuis trois ans
La filière mieux structurée que celle du poulet
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Depuis trois ans, la production de la dinde reste plafonnée autour de 90.000 tonnes par an du fait que le consommateur marocain n'a pas encore massivement intégré cet aliment dans ses habitudes alimentaires

Pour être relativement jeune, la filière dinde est épargnée par les boulets que traîne le poulet. «Les premiers agréments ont été délivrés aux sociétés Koutoubia et Dindy vers la fin des années 90. Actuellement, la filière compte environ 700 unités de production opérationnelles pour la production de dinde de chair», explique Ahmed Daoudi, directeur recherche & développement chez Koutoubia.

En 2017, la production de la filière dinde s’est élevée à 90.000 tonnes. Un volume qui est resté stable depuis trois ans et qui n’a pas beaucoup évolué en raison de la lente montée de la filière. Les professionnels expliquent ce «faible» volume par les habitudes de consommation des Marocains qui n’ont pas encore massivement intégré le choix de la viande de dinde dans leur assiette.

Parce que c’est une filière jeune, «qui a bien démarré dès le départ, l’activité offre une plus grande traçabilité que celle du poulet. D’ailleurs, plus de 90% de la viande de dinde provient d’abattoirs certifiés», relève Youssef Alaoui, président de la Fédération nationale de l’agro-industrie (Fenagri). C’est tout l’inverse du poulet.

Ainsi, les tueries traditionnelles concentrent seulement 9.000 tonnes sur les 90.000 produites en 2017. La dinde est difficile à écouler dans les petits points de vente du fait de la taille de sa carcasse qui pèse autour de 8 kilos. Par conséquent, il est rare qu’elle soit vendue entière. C’est également ce qui explique qu’elle se prête mieux à une multitude de produits dérivés: préparations marinées, panées, carnées crues, des produits de découpe...

La dinde est également l’aliment le plus transformé puisqu’il représente l’essentiel de la charcuterie, qui se décline en produits cuits, secs ou encore saumurés. Elle peut également être déclinée en pâtés, ou plats cuisinés ou encore en conserves.

Autant de produits dérivés qui permettent aux aviculteurs d’écouler leur production. Le développement de l’aval de la filière dinde en comparaison avec celui du poulet s’explique par le fait que l’essentiel de la dinde transite par les abattoirs. «L’existence d’un abattoir va systématiquement avec des activités de transformation», précise Daoudi.

 

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