Dossier Spécial

SIAM 2018/Fès-Meknès: Ce que pèse le secteur agricole

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5258 Le 24/04/2018 | Partager
50% du PIB régional et autant pour la main d’œuvre
Pommes, olives, cerises… les filières phares
Des programmes pour 11 milliards de DH
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Selon la DRA, la région de Fès-Meknès couvre une part hautement considérable dans la production des rosacées (80% des cerises, 66% des prunes et 40% des amandes), de la figue (40%), de l’oignon (54%) et de l’olivier (34%)

«L’agriculture est un secteur porteur pour la région Fès-Meknès. Il emploie 50% de la main d’œuvre et pèse près de la moitié du PIB régional». L’affirmation est de Saïd Zniber, wali de la région.

En effet, cette région est en première ligne dans diverses filières aussi bien riches que variées: pommes (vallée de Tigrigra, Imouzzer, Azrou…),  olives (Meknès, Moulay Yacoub...), figues (Taounate),  oignons, cerises (Sefrou, Ifrane), amandes et miel, en plus de l’élevage. D’où l’intérêt du département de l’Agriculture qui prévoit plus de 11 milliards de DH d’investissements dans le cadre du plan Maroc Vert.

Ce potentiel conforte la vocation agricole de la région, d’où des ambitions nourries pour devenir un véritable pôle de l’agro-industrie. La création de la zone d’activité Agropolis à Meknès est la première étape. Elle abrite 16 unités industrielles et emploie près de 7.000 personnes.

L’industrie agro-alimentaire ne pourra se développer sans capacités de conditionnement et d’entreposage frigorifique des produits arboricoles. «Avec 345 unités de trituration d’huile d’olive d’une capacité de 16.000 tonnes/jour, la région Fès-Meknès est saturée», relève Kamal Hidane, directeur régional de l’Agriculture. Il faudra investir dans les unités de conserve et accroître le soutien à l’export.

Dans le secteur des céréales, la région de Fès/Meknès est un véritable silo avec ses 71 unités de stockage d’une capacité de 1,5 million de tonnes. 36 minoteries industrielles à blé d’une capacité de 2,5 millions de tonnes. En aval, «seules» 5 unités de fabrication des pâtes et couscous sont opérationnelles dans la région.

Le figuier, autre produit du «terroir», fait depuis longtemps la réputation de la province de Taounate. Compte tenu de son rôle socio-économique, cette culture a bénéficié de mécanismes de soutien publics à travers le contrat programme avec l’arboriculture et celui en cours (2017-2021) concernant le développement des industries agroalimentaires. D’ici 2020, les plantations atteindraient 69.000 ha, la réhabilitation des exploitations existantes, 9.000 ha et l’équipement de près de 23.500 ha de plantations de figuier en système d’irrigation goutte à goutte.

Par ailleurs, au Moyen Atlas, les investissements sont plutôt orientés sur le pommier. En fait, cette filière a connu un développement important durant les dix dernières années. Les subventions octroyées par le Département de l’Agriculture dans le cadre du Fonds de Développement Agricole (FDA) et du PMV ont stimulé cette culture au point que les superficies récoltées au niveau de la province d’Ifrane ont triplé.

Ainsi, le pommier occupe près de 8.000 Ha au niveau de la vallée de Tigrigra (près d’Azrou) et Dayet Aoua (entre Imouzzer et Ifrane). Dans ces localités, des programmes diversifiés ont été mis en place en vue d’accompagner les pomiculteurs dans leurs efforts d’amélioration et de valorisation de leur production. Résultat: près de 10 ans après le lancement du PMV, la région Fès-Meknès, et particulièrement la province d’Ifrane, concentre près de 38% de la production nationale de pommes et 34% des superficies cultivées du pays (48.671 ha).

«La déclinaison de Maroc Vert en plans agricoles régionaux, consiste à construire une vision et une offre agricole locale», explique Kamal Hidane, directeur régional de l’Agriculture. Sur la base d’orientations fixées au niveau national et d’un diagnostic régional, un nombre important de projets potentiels et de fiches action ont été retenus pour l’élaboration du plan régional.

Il s’agit, entre autres, de la mise en œuvre de 159 projets pilier II avec comme composante principale la plantation de 155.599 ha, la mise en œuvre de 102 projets pilier I dont 68 projets  individuels, et la plantation de 30.000 ha à travers les aides financières accordées dans le cadre du Fonds de développement agricole à la création des vergers.

Un programme transversal d’extension de l’irrigation viendra renforcer l’efficience de l’utilisation de l’eau et optimiser les actions du plan agricole régional est actuellement à l’étude. Il s’étendra sur 57.400 ha pour un montant de 10,14 milliards de DH et mobilisera 288 millions de m3 d’eau.

Une agriculture bio à Taounate

Un autre projet d’envergure concerne une usine de distillation et d’extraction de végétaux à forte valeur ajoutée. Située à Ain Aicha dans la province de Taounate, cette usine est basée sur une agriculture 100% biologique. Opérationnelle depuis 2017, l’unité a permis la création de plus de 60 emplois permanents et 500 emplois saisonniers. Au niveau national, la culture du figuier s’étend sur une superficie d’environ 58.300 ha, localisée principalement au niveau des régions Fès Meknès (44%) et Tanger Tétouan Al Hoceima (35%), et la province de Taounate se place au premier rang des zones de production de la figue au Maroc.

                                                     

Extension du périmètre cultivé

La superficie cultivée de la région Fès-Meknès s’élève à 340.826 ha dont 13,7% irrigués et regorge de potentialités agricoles énormes et d’opportunités d’investissements prometteuses. Dotée de ressources hydriques importantes aussi bien souterraines que terrestres, des terres utiles et fertiles à l’agriculture, ainsi que des potentialités naturelles et forestières dédiées au pâturage, la région Fès-Meknès recèle de nombreuses chaînes agricoles dont les céréales, les olives, les rosacées, l’élevage et les oignons. Ces filières seront dopées grâce aux projets intégrés initiés dans le cadre du PMV. Lesquels prévoient en outre des résultats positifs au niveau de la région Fès-Meknès à l’horizon 2020. Ainsi, la superficie oléicole devrait atteindre les 361.900 ha, celle des arbres fruitiers 115.800 ha, les cultures oléicoles 23.000 ha et la production de la viande rouge devrait passer de 91.000 à 302.000 tonnes, outre l’augmentation de la production du miel pour atteindre les 474 tonnes.

 

 

 

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