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    Economie

    Coup de massue à l’ex-Régie des tabacs

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4958 Le 10/02/2017 | Partager
    Hausse de Fox à 20,50 DH au lieu de 12 DH à partir du 15 février
    Les 1er janvier et 1er juin, seules sessions d’homologation prévues par la loi
    C’est l’un des principaux contributeurs au chiffre d’affaires de la SMT

    La décision aura certainement eu l’effet d’une douche froide sur le management de la Société Marocaine des Tabacs (SMT). Mohamed Louafa, ministre des Affaires économiques et de la Gouvernance et président de la Commission d’homologation du tabac, a ordonné à l’ex-Altadis de procéder à l’augmentation du prix de la marque de cigarettes Fox de 12 à 20,50 dirhams et ce, à partir du 15 février. L’augmentation du prix de Fox représente un coup dur pour la SMT qui comptait beaucoup sur ce produit pour compenser la perte du marché de Marlboro, qu’elle fabriquait dans son usine d’Aïn Harrouda et qui représentait environ 19% du chiffre d’affaires. D’ailleurs, grâce à sa subtile composition, Fox n’a pas tardé à connaître un gros succès auprès des consommateurs. Lancée en grande pompe en janvier 2016, après un faux départ il y a quelques années, il s’en est vendu plus de 1 milliard de tiges, soit 50 millions de paquets. Ce qui représente environ 13% du chiffre d’affaires de la SMT. Celle-ci a déjà commencé à alerter les buralistes.
    La hausse à 20,50 dirhams positionnera Fox sur un segment qui fait largement du surplace: Chesterfield (20 dirhams), Marquises (20,50 dirhams), Rothmans (20 dirhams), Gauloise (22 dirhams)… A ce prix, la marque n’a aucune chance. La SMT pourrait donc arrêter sa commercialisation. Le scénario n’est pas sans rappeler les déboires de Next, dont le prix est passé de 15 à 20 dirhams. Elle se fait de plus en plus rare sur les présentoirs et ne tardera pas à disparaître définitivement. L’injonction du ministre est d’autant plus surprenante qu’elle intervient à peine un mois et demi (31 décembre 2016) après la publication de la liste des nouvelles marques et des nouveaux prix de cigarettes. Pourquoi la commission n’a-t-elle donc pas exigé ce réajustement lors de la réunion du 20 décembre? Et où se situe l’urgence d’une telle décision?

    Un gros enjeu fiscal

    L’homologation d’une marque de cigarettes sous une mauvaise catégorie a pour impact d’éluder la taxation. Sur une marque  vendue à 12 dirhams par exemple, le Trésor perçoit environ 3 dirhams de TIC contre 11,34 dirhams pour une référence commercialisée à 20,50 dirhams. La hausse a donc pour objectif de préserver les recettes fiscales.
    Depuis ces deux dernières années, la Commission d’homologation n’a autorisé aucune nouvelle marque dans le segment du tabac brun en attendant l’adoption d’une norme prévue par le projet de loi de finances 2017. Celle-ci précise que cette catégorie doit être composée d’au moins 80% de tabac noir. Mais de l’avis des distributeurs, cela ne réglera pas le problème. La norme devra également préciser qu’aucun additif, liquorice ou sucre, ne devrait être intégré.

    Des questions qui s’imposent d’autant que la loi sur le tabac ne prévoit que deux périodes par an pour l’homologation de nouvelles marques ou la hausse des prix: le 1er janvier et le 1er juin. 
    L’on peut donc s’interroger sur le bien-fondé juridique de la décision prise par la Commission d’homologation. Il est vrai qu’elle a été prise après une réunion complémentaire à celle du 20 décembre 2016, qui avait débouché sur la publication d’une nouvelle liste de marques de tabac le 31 décembre 2016. Mais cela suffit-il à conférer une légitimité à la décision? En tout cas, c’est le genre de décision qui prend au dépourvu les opérateurs économiques et génère une instabilité juridique.
    L’ordre de réajuster à la hausse le prix de Fox est justifié par le fait que la marque avait été homologuée dans la catégorie de tabac brun alors qu’elle est largement composée de tabac blond. Par conséquent, elle doit être requalifiée comme cela a été fait pour sa concurrente Next de Philipp Morris. L’augmentation de prix était attendue, mais comme elle n’a pas eu lieu le 1er janvier, le microcosme du tabac pensait que le gouvernement voulait accorder un répit à la SMT. 
    Cette hausse du prix fera l’objet d’un arrêté spécial qui sera publié au Bulletin officiel dans quelques jours. On s’attend à voir la réaction du Secrétariat général du gouvernement sur la légalité de la décision. Le SGG a déjà rappelé à l’ordre le ministère des Affaires générales à l’occasion d’une autre session extraordinaire pour permettre l’homologation de Rothmans, commercialisé par British American Tobacco.

    Des baisses de prix déguisées?

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    Reste maintenant à voir quel sera la position du ministère des Affaires générales par rapport aux marques de cigarettes homologuées dans le segment tabac brun il y a plusieurs années sans jamais être commercialisées. Sur le plan juridique, rien n’interdit qu’elles soient lancées alors qu’un projet de norme est en cours d’adoption. Parmi ces marques, l’on peut citer Kasbah (9,50 dirhams), Maghreb (11 dirhams), Basic (12 dirhams)… Les distributeurs concernés pourraient bien être tentés de les commercialiser pour occuper le créneau laissé par Fox. Ce qui reviendrait à une baisse de prix, interdite par la loi. Le risque repose la problématique des marques autorisées et qui «polluent» les listes de tabac.

     

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