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    Economie

    L’avenir sera «arabophone et amazighophone»

    Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4958 Le 10/02/2017 | Partager
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    Mohamed Sghir Janjar, directeur 
    adjoint de la Fondation du Roi 
    Abdul-Aziz (Ph. MSJ)

    Pour Mohamed Sghir Janjar, «aucune enquête scientifique ne démontre une crise de lecture au Maroc». Les données exactes doivent, selon lui, relever d’enquêtes sociologiques sur des populations différentes et sur l’ensemble du territoire. En attendant, il livre sa vision sur l’évolution de l’édition au Maroc.

    - L’Economiste: Votre rapport révèle des tendances lourdes sur l’édition au Maroc, comme de faibles publications ou encore le recul de la langue française
    - Mohamed Sghir Janjar:
    Nous sommes actuellement en train  d’augmenter le volume de production en termes de titres, bien que cela reste en dessous de la norme des pays développés comme la France ou l’Espagne. Pour ce qui est de l’utilisation du français, c’est une parenthèse qui est en train  de se fermer. 
    Le français et sa présence est lié à l’effet colonial. Dès les années 70, lorsqu’il a été décidé d’arabiser les sciences humaines et sociales de la littérature il était évident que la production marocaine allait être complètement arabisée. C’est d’ailleurs une tendance lourde, irréversible. C’est ce que j’appelle une tendance historique qui s’est fermée. L’avenir est peut être amazighophone, et arabophone majoritairement, concernant les sciences humaines et sociales ainsi que la création littéraire.

    - La société connaît de grandes mutations. Quel impact sur l’édition?
    - Tout d’abord, nous constatons que la production est de plus en plus arabophone. Cette mutation est liée à celle du système éducatif marocain et son arabisation, qui se reflète au niveau de l’édition et la production éditoriale. L’autre impact est celui de la régionalisation de l’édition et de l’impression. Auparavant, ce secteur se situait au niveau de la région Rabat-Casablanca. Aujourd’hui, il a migré aussi vers d’autres régions du Maroc.
     Par exemple, depuis la reconnaissance de l’amazigh, des éditeurs amazighophones émergent de régions comme Agadir ou encore du Nord du Maroc dans le Rif. Nous constatons également qu’il y a de plus en plus d’auteurs du dimanche qui représentent plus de 26% de la production éditoriale. L’édition est le reflet de toutes ces mutations de la société. En revanche, nous n’avons aucune idée sur qui lit ces ouvrages. Ceci demande d’autres enquêtes d’ordre sociologique.
    - Le Maroc connaît une crise de lecture. Est-il possible d’y remédier ?
    - Personne ne sait ce que couvre ce mot «crise» que nous retrouvons partout. Des chiffres fantaisistes sont publiés de temps en temps, mais en réalité personne n’en sait rien. Il n’y a aucune enquête scientifique qui démontre cela. 
    En France par exemple, une enquête est menée tous les cinq ans sur les pratiques culturelles. Nous savons à partir des enquêtes sociologiques sur la lecture à travers le monde que dans la majorité des sociétés y compris la société française ce que l’on appelle «les grands lecteurs» qui sont peu nombreux et dont le nombre n’augmente pas depuis une cinquantaine d’années. Le reste de la population lit mais ce ne sont pas de grands consommateurs. Au Maroc, nous n’avons vraiment pas d’études scientifiques pour savoir qui achète les livres, qui possède des livres à domicile, si les gens en empruntent à la bibliothèque… Tout cela relève d’enquêtes sociologiques sur des populations différentes, sur l’ensemble du territoire et sur ces questions là nous n’avons pas de réponses.

     

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