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    Prix de L’Economiste/Benmokhtar: «L’école peut bouger,… si»

    Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4942 Le 19/01/2017 | Partager
    Rien n'est irréversible, les expériences pilotes donnent des résultats
    Il faut surtout lutter contre les fractures régionales
    On ne fera pas l'économie d'une décentralisation
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    Rachid Benmokhtar: «C'est une erreur de penser qu'il suffit de construire de nouveaux établissements pour corriger les inégalités» (Ph. Jarfi)

    La cérémonie de remise du Prix de L’Economiste de la recherche en économie et gestion s’est déroulée mardi 17 janvier en présence d’un aréopage de personnalités issues du monde universitaire, politique et des affaires. Créé il y a 12 ans, ce prix a pour objectif d’encourager la recherche et l’excellence tout en créant un pont entre l’université et le monde de l’entreprise. «Nous avons constaté que, d’année en année, il y a une amélioration générale. Nous avons eu du mal à départager certains travaux», a souligné Driss Alaoui Mdaghri, président du jury. Cependant, le jury n’a remis que deux prix celui du master et du doctorat, très peu de thèses de licence ont été remises.

    Cet évènement a été marqué par deux conférences de très haut niveau animées par Rachid Benmokhtar, ministre de l’Education nationale, qui s’est exprimé à titre personnel, et Abdellah Cherif Ouazzani, enseignant chercheur en pensée islamique et sciences de l’éducation. Rachid Benmokhtar a traité d’un thème qu’il pratique depuis plus de 15 ans, la réforme de l’éducation. «Réformer l’école est-ce possible?». Pour répondre à cette question, il a livré un diagnostic en rappelant tout d’abord qu’avec la nouvelle Constitution, l’éducation est un droit. «Il y a eu une mise en place du Conseil supérieur de l’enseignement qui a été appelé à proposer une vision en 2015.

    Cette vision devra constituer une feuille de route qui englobe une analyse et des perspectives, avec une obligation pour le gouvernement d’en faire une loi-cadre pour les 15 prochaines années», a-t-il précisé. Les grandes lignes de ce projet englobent l’école obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans, le problème de l’équité et de la qualité ainsi que l’égalité des chances. Pour illustrer ses propos, Benmokhtar s’est appuyé sur des enquêtes et cartographies élaborées par l’Observatoire national du développement humain (ONDH) qui démontrent une disparité géographique entre les régions sur le plan de l’éducation.

    Parmi les autres points importants, l’on constate que le retard scolaire et l’indice de développement social (IDS) sont totalement corrélés. Autre corrélation, celle du taux de scolarisation du chef de ménage. Au niveau du primaire, 82,2% des enfants dont le chef de ménage n’a aucune formation sont scolarisés. En revanche, au niveau du collège, les chiffres tombent à 74,5%. Donnée encore plus marquante, chez les enfants dont le chef de ménage n’a aucune formation, seuls 30,7%  accéderont à un enseignement qualifiant. Pour simplifier, l’avenir d’un enfant serait déterminé par le niveau scolaire du chef de ménage.

    «D’une certaine façon, quelles que soient les politiques, si ce problème n’est pas résolu, les autres facteurs n’ont pratiquement pas d’importance». Si l’on veut réformer l’école, il faut s’intéresser aux disparités et aux iniquités. Il ne suffit pas de construire des écoles, il faut une réponse globale. Cela va de la politique de l’aménagement du territoire à la politique économique.  C'est-à-dire, transférer plus de pouvoirs aux directeurs d’établissements et aux responsables locaux. Ce sont eux quoi! Sont en phase avec les réalités du terrain. Nous avons déjà commencé à le faire, assure le ministre. «Il faut accorder un degré de liberté, de choix et de décision».

    Concernant l’iniquité, il faut opérer des changements sur le plan physique. «La partie la plus importante du budget de l’investissement sera affectée aux régions qui en ont le plus besoin. Cette année, 4 milliards de dirhams seront déployés en fonction des priorités». Quant à la gouvernance, l’objectif est qu’il y est plus de proximité, de contrôle et de suivi. Et pour la première fois, les directeurs d’académies, les directeurs provinciaux ont signé des engagements sur un certain nombre d’objectifs à atteindre. Chaque école aura une gestion autonome et sera évaluée en fonction des résultats de ses élèves.

    Une autre première petite révolution, les enseignants seront recrutés localement liés par des contrat avec les académies régionales. De nouvelles approches sont également mises en place quant à la pédagogie. Par exemple, rien ne se fera sans image. «Lorsque l’on compare nos classes pilotes, l’on constate qu’il n’y a aucune comparaison. Ils apprennent en 4 mois ce que les autres apprendront en 2 ou 3 ans».

    Une autre action appelée «Lire pour réussir» a été introduite pour élever le niveau. A travers cette initiative, il y aura chaque jour 20 minutes de lecture en classe. Une expérience qui aurait donné d’excellents résultats selon le ministre. D’autres méthodes ont été introduites comme «la méthode par l’erreur» dans le cadre des mathématiques.

    «L’excellence, mission de la vie»

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    La deuxième conférence, qui a eu lieu lors de la cérémonie de remise du Prix de L’Economiste de la recherche en économie et gestion, a été donnée par Abdellah Cherif Ouazzani, enseignant chercheur en pensée islamique et sciences de l’éducation. Celle-ci s’est tenue autour du thème «L’excellence, mission de la vie». «Je voulais parler d’excellence, car c’est l’une des missions fondamentales de la vie de l’être humain. Pour mieux la comprendre, il y a deux questions existentielles qu’il faut se poser et auxquelles il faut trouver une réponse. La première : Pourquoi Dieu nous a créés? Et la deuxième: Pour quelle finalité?». Abdellah Cherif Ouazzani a plusieurs casquettes, il est notamment professeur de communication, conférencier à l’international, enseignant à l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams et président de la Fondation Moulay Driss d’études théologiques et historiques.

     

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