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    Dossier Spécial

    Partis politiques, réveillez-vous!

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
    Des changements de leaders, pas de programmes
    Avancée des nouveaux venus, recul des vétérans
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    Le paysage politique marocain a-t-il connu des changements au cours de ces 10 dernières années qui ont suivi la publication du Rapport du cinquantenaire de l’indépendance? On ne peut répondre à cette question que par l’affirmative sans pour autant s’aventurer dans une réponse catégorique, claire et nette. Cela pour deux raisons principales: d’un côté, il y a eu des changements à la tête des principales formations politiques; et de l’autre ni la restructuration en profondeur des formations ni leur adaptation aux temps nouveaux n’ont suivi.
    Ainsi, le parti de l’Istiqlal (PI) est arrivé à se défaire de la mainmise d’une certaine «élite» sur ses structures. Abbas El Fassi a fini par céder son poste de Secrétaire général au tonitruant Hamid Chabat. Un enfant du peuple qui a donc réussi à mettre fin à la lignée des fassis à la tête du parti. Cela n’a pas été sans conséquences négatives pour le parti qui a régressé en nombre de sièges tant au niveau des communes qu’à celui du Parlement.
    Chez l’Union socialiste des forces populaires (Usfp), Driss Lachgar a écarté Abdelouahed Radi et est devenu 1er Secrétaire du parti. Une élection aux forceps, il faut dire, parce qu’il avait en face une très forte opposition.  Son arrivée à la tête de la formation socialiste n’a pas donné les résultats qui étaient attendus. Le parti a régressé à tous les niveaux (local, régional, parlement). Du côté du Parti du progrès et du socialisme (PPS), on a choisi de porter Nabil Benabdallah au poste de Secrétaire général pour remplacer Ismail Alaoui. Le parti a opté pour faire équipe avec le Parti de la justice et du développement (PJD) de Abdelilah Benkirane. Une «association contre nature», a-t-on reproché à Benabdallah.
    Voilà pour les partis politiques qui formaient la «Koutla» et qui s’est sérieusement effritée, pour ne pas dire qui a disparu.
    En face, restent le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union constitutionnelle (UC) et le Mouvement populaire (MP).
    Dans le cas du RNI, Salaheddine Mezouar a bataillé dur pour écarter Mostapha Mansouri, celui-là même qui a éloigné Ahmed Osman qui a régné en maître absolu sur la formation politique depuis sa création. Mais Mezouar, il l’a avoué lui-même, n’a pas réussi à imposer sa vision d’un parti moderne ni à débarrasser le RNI de l’étiquette de «parti des notables» qui lui colle à la peau. Le départ de Salaheddine Mezouar et l’arrivée dernièrement de Aziz Akhannouch à la tête du parti, vont-ils changer quoi que ce soit dans sa structure et dans son référentiel politique? Possible, mais difficile vu le poids des idées reçues et aussi des «caciques» du parti qui ont toujours la main longue notamment dans le monde rural. Du côté de l’Union constitutionnelle, l’on peut dire que l’on assiste à un scénario identique à celui du RNI. L’arrivée de Mohamed Sajid à la tête du parti, il y a quelques mois, n’a pas changé grand-chose. Certes, il faut reconnaître qu’il lui faut encore du temps pour imposer sa vision et apporter à la formation politique le dynamisme qui lui fait défaut depuis belle lurette. Il doit, lui aussi, faire face à des résistances qui ne disent pas ouvertement leurs noms. En attendant, le parti a commencé à sortir, un tant soit peu, la tête de l’eau en se positionnant pour devenir un «allié» de Benkirane dans le prochain gouvernement.
    A l’opposé de toutes les formations politiques, le Mouvement populaire est le seul parti à avoir choisi le statu quo. Aucun changement n’a été opéré au sein de ce parti. Mohand Laenser s’est installé profondément dans son poste de patron du parti et ne semble, sous aucun prétexte, vouloir le quitter. Dans ce parti, c’est encore une fois la politique du «on reprend les mêmes et on continue». Cela, évidemment, après avoir maté la rébellion et muselé la contestation.
    Le paysage politique marocain a également connu au cours des 10 dernières années, l’arrivée de deux grands émules. Le Parti de la justice et du développement (PJD) dont le forcing électoral a été fortement remarqué, et le Parti authenticité et modernité (PAM). L’un et l’autre ont réussi un parcours électoral surprenant. Pourtant, ils sont de nouveaux venus dans le champ politique national. Ils ont tellement envahi la scène politique qu’ils sont devenus les deux premières forces politiques du pays. Et dans le cas du PJD, son Secrétaire général va rempiler pour un deuxième mandat en tant que Chef du gouvernement. En tout état de cause, les deux formations politiques ont procédé au cours de ces dernières années au changement de leurs leaders. Pour le PJD, Saad Eddine Othmani a cédé la place à Abdelilah Benkirane, alors qu’au PAM, Ilyas Al Omari a remplacé Mustapha Bakkoury.  
    Voilà donc les forces en présence qui ont procédé à quelques changements au cours des 10 années qui ont suivi la publication du Rapport sur le cinquantenaire. Mais, le changement a-t-il eu un quelconque impact sur tout le champ politique marocain? On en doutera tant que persistent l’absence d’une démocratie partisane à l’intérieur de ces formations et tant que leurs référentiels idéologiques respectifs n’aient pas subi le lifting nécessaire à leur adaptation à l’évolution que connaît le Maroc.

                                                                 

    Déficit de gouvernance

    Il est malheureux de constater encore, du moins sur le plan administratif central et des organismes décentralisés, que la gouvernance enregistre de sérieuses carences. Certes, des évolutions ont été constatées, mais elles restent ponctuelles et localisées. Et les affaires de malversation, de détournement de fonds, de corruption, de népotisme et de clientélisme font toujours les choux gras de la presse.
    Au niveau des améliorations, on peut citer la mise en place d’un pacte de bonne gestion, la transparence de la passation des marchés publics, l’introduction de règles équitables en matière de gestion des ressources humaines, la création de cours régionales des comptes, la réforme amorcée de la justice avec notamment la création de tribunaux administratifs et de commerce, le recours plus fréquent aux audits externes.

                                                                 

    Programmes à l’identique

    En regardant de près les programmes des différents partis politiques qui étaient en lice, le 7 octobre dernier, pour pourvoir les 395 sièges de la Chambre des représentants, on est frappé par la forte ressemblance, voire la similitude de leurs contenus. C’est à croire que ce sont les mêmes personnes qui les ont conçus pour tous partis. Cela veut dire qu’il y a une grande méconnaissance des attentes des citoyens. Et aussi du pays. C’est à croire également que les partis dans le gouvernement ou dans l’opposition ne jouent pas leur rôle de forces de proposition. Aucun projet d’infrastructure ne figure dans leurs programmes, mais que des promesses basiques sur l’amélioration du pouvoir d’achat, des soins, des réformes de l’enseignement, de la santé, de la justice… Ce n’est pas suffisant pour des partis qui se respectent.

                                                                 

     

     

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