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    Analyse

    Zéro mika: Douloureuse transition

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4834 Le 12/08/2016 | Partager
    Une interdiction brutale et pas d’alternative
    L’informel et la contrebande résistent
    Forte pression sur les usines de fabrication de papier
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    Exclues du programme de reconversion, certaines unités informelles continuent d’approvisionner le marché en sacs plastiques (Ph. L’Economiste)

    Un peu plus d’un mois après leur interdiction, les sacs en plastique continuent toujours de circuler. Certains commerces les utilisent encore de manière spontanée pour emballer leurs marchandises. «Faute d’alternative en quantité suffisante et à un prix abordable, les commerçants sont obligés d’utiliser des sacs en plastique. Avant l’interdiction, ces sacs étaient vendus autour de 20 DH. Les prix varient aujourd’hui entre 40 et 50 DH à cause de leur rareté et du risque encouru suite à l’interdiction», explique Ali Boutakka, trésorier du Syndicat national des professionnels et des commerçants (SNPC).
    Malgré leur interdiction, les sacs en plastique n’ont pas encore disparu. Selon un membre de la Fédération marocaine de plasturgie, il existe encore deux sources d’approvisionnement: les usines informelles, principalement dans la région du Grand Casablanca et la contrebande en provenance du Nord. A cela s’ajoutent également les stocks qui ne sont pas encore épuisés. «Des magasins spécialisés continuent de vendre des sacs en plastique parce qu’ils ne se sont pas encore repositionnés sur une autre activité ou d’autres produits. Ils s’approvisionnent auprès des usines opérant dans l’informel», précise Boutakka. Des ateliers non éligibles au programme de reconversion lancé par le ministère de l’Industrie et du Commerce.
    L’interdiction des sacs en plastique a été brutale et n’a pas prévu de période transitoire le temps que des solutions alternatives soient trouvées. Malgré cela, des produits de rechange ont fait leur apparition, principalement dans la grande distribution, les franchises et certains commerces. La pratique varie d’un secteur à un autre. Les grandes surfaces commerciales avaient préparé à l’avance la transition en recourant à l’étranger. L’on parle de 7 millions de sacs importés du Vietnam.

    Nouveau business

    Pour l’heure, ils sont anonymes et ne comportent aucune marque commerciale. Certains grands magasins qui proposaient des contenants à titre gratuit font maintenant

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    L’affiche institutionnelle lancée par la Coalition marocaine pour la justice climatique à la veille de l’entrée en vigueur de la loi sur l’interdiction des sacs en plastique

    payer leur clientèle pour des sacs, parfois de moindre qualité. Ce qui représente un nouveau business pour eux et renchérit le shopping. Au niveau du commerce de détail, certains se rabattent sur les sacs de congélation autorisés pour emballer leurs marchandises.
    D’autres encore utilisent des sachets en papier. Là encore, la forte demande est à l’origine de la flambée des prix, le SNPC affirme que les prix sont passés de 7 DH le kilo à 11 DH. Quant au papier glacé, il se vend à environ 11 DH le kilo au lieu de 6 auparavant. «Il y a actuellement une forte pression sur les usines de fabrication de papier car elles sont sollicitées pour la production de papier destiné à l’impression des livres scolaires et des cahiers. D’où la flambée des prix des sacs en papier», signale Boutakka.
    Les sacs en plastique étaient également utilisés pour emballer les déchets. Avec leur rareté, les ménages sont obligés d’acheter des sacs-poubelles. La Fédération de plasturgie affirme que ces produits sont devenus rares dans les rayons à cause de la forte demande. Mais faute de sacs de caisse, certaines personnes jettent leurs ordures ménagères directement dans le bac.
    La loi 77-15 n’interdit en fait que les sacs, avec ou sans poignées, composés de plastique, distribués gratuitement ou moyennant paiement dans les points de vente et destinés à l’emballage des marchandises. Ce sont des sacs à usage unique. Ils finissent dans la nature et mettent plusieurs siècles avant de se dégrader. En revanche, les autres types de sacs en plastique restent autorisés à condition qu’ils ne soient pas détournés de l’usage pour lequel ils sont fabriqués. Il s’agit des sacs à usage agricole, industriel, isothermes, de congélation ou de surgélation et de tous autres sacs utilisés pour les déchets.

                                                                              

    Fortes amendes

    Le fait de fabriquer des sacs en plastique, de les stocker, de les vendre et même de les distribuer gratuitement est puni d’une amende dont le montant varie entre 10.000 et 1 million de DH. En cas de récidive dans un délai de six mois, les amendes sont portées au double.
    A signaler également que la fabrication et la vente de sacs dégradables ou biodégradables sont interdites.
    COP22 oblige, l’interdiction des sacs en plastique est érigée en priorité nationale. Le ministère de l’Industrie et du Commerce assure un suivi hebdomadaire de la situation et un rapport est établi chaque mercredi. Le contrôle devrait jouer un rôle central dans la mise en œuvre de la loi. Il est réparti entre le ministère de l’Industrie pour les unités de fabrication, l’Intérieur pour le commerce et la Douane pour les importations et les exportations. Sauf que l’on signale des cas d’excès de zèle ou de confusion entre les prérogatives. C’est la raison pour laquelle le Centre technique de plasturgie et de caoutchouc (CTPC), la Fédération de plasturgie et le ministère de l’Industrie lanceront bientôt le «guide industriel pour l’application de la loi 77-15». Le document a pour objectif d’encadrer le contrôle des infractions. Il précise les spécifications des sacs interdits et les autres catégories qui restent autorisées. Ces dernières devront porter un marquage spécial pour empêcher qu’ils ne soient détournés de leur utilisation initiale. Ces sacs devront comporter, par exemple, l’identité du fabricant, l’une des mentions «sac à usage agricole» ou «sac à usage industriel», «sac isotherme», «sac de congélation»… Le document sera diffusé aussi bien aux agents de contrôle, aux industriels qu’aux consommateurs.

     

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