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    Analyse

    Zéro mika
    Les consommateurs victimes de spéculation

    Par Ayoub IBNOULFASSIH | Edition N°:4834 Le 12/08/2016 | Partager
    Le sac plastique, même interdit, est vendu à 50 centimes!
    Un sac carton bretelles 5 kg vendu à 5 DH, au lieu de 70 centimes!
    Dans l’industrie, la transition vers le sac papier encore fébrile

    Le charivari créé par la «suppression» des sacs plastiques attise les cupidités. Profitant du flou causé par cette abolition et la difficulté à se procurer des sacs non tissés ou autres substituts en carton et papier, des commerçants de peu de foi, grugent allégrement les consommateurs. Des situations burlesques dans lesquelles ils se retrouvent à acheter des sacs en plastique à 50 cts l’unité (interdits depuis le 1er juillet, pour rappel), sous prétexte que les sacs autorisés sont en rupture de stock. Et de surcroît, la spéculation qui fait rage sur les prix des produits alternatifs accroît les tensions. Et pour cause, les tarifs des substituts défient toute logique! En effet, le coût d’acquisition d’un sachet carton doté de bretelles, d’une capacité de 5kg à Derb Omar -l’une des plaques tournantes de commerce à Casablanca- est de 5 DH au lieu d’un prix ordinaire de 70 centimes. Dans le même esprit, des sacs 3 Kg dont le coût de vente déclaré est de 30 centimes sont vendus aux particuliers à 2, voire 3 DH l’unité. S’y ajoutent, les sacs tissés de couleur verte vendus à 3 DH auprès des épiciers. Mais il n’y a pas qu’aux petits commerçants que profite la situation. Des intermédiaires perturberaient le marché en provoquant des pénuries dans le but d’écouler leurs stocks restants de sacs plastiques. «En pleine ébullition, le marché finira par se stabiliser dans les quelques mois à venir», rassure Mohsine Sefrioui, président directeur général de Med Paper.
    En termes de coût, inutile de se voiler la face, le sac plastique revient largement moins cher comparé à son homologue en carton. Lorsque l’on parle d’un 50 grammes, il s’agit en fait de son poids pour un m2 de surface. Par conséquent, plus un carton est épais, plus il pèse lourd, et plus il est onéreux. Ainsi, un sac qui supporte 5 kg de marchandises nécessite 80g. «Tout le défi consiste à produire des sacs à faible grammage tout en conservant la robustesse des sacs», explique Mohsine Sefrioui.  
    Toutefois, au niveau de l’industrie, la transition vers la fabrication de sacs en carton est trop lente. La plupart des grands fabricants nationaux n’a pas encore reçu son outil de production pour faire face à une demande en perpétuelle croissance. Med Paper à titre d’exemple s’apprête à accueillir cette semaine 2 machines allemandes pour la fabrication des sacs cartons (avec et sans bretelles). Le fabricant de papier dispose déjà d’un parc d’une capacité de production de 300.000 sacs/jour. Cette tendance des industriels à s’équiper de nouvelles machines de production renseigne sur le niveau de préparation requis. Car la fabrication de carton à faible grammage n’est pas tout à fait au point au Maroc. Au-delà des investissements, la production de l’ensemble des gammes nécessite tout un ordonnancement et planification de leur gestion de production. Sur la ligne de production, le passage d’un sac sans bretelle au sac bretelle ralentit le processus de production du fait entre autres du temps de réglage nécessaire pour le basculement de la production d’un article à l’autre. Les fabricants gagnent eux, in fine, en volume. «En maintenant nos marges à des niveaux très faibles, l’enjeu est de gagner en compétitivité pour faire face aux importations», soutient le PDG de Med Paper.

    Porter nos courses: A quel prix?

    DANS le quartier du Mâarif à Casablanca, à chacun sa méthode pour mener à bien cette transition vers le 100% sacs en carton. Bien avant le 1er juillet –date d’entrée en vigueur de l’interdiction des sacs en plastique à usage unique-, les grandes enseignes avaient déjà fait le choix de supprimer les sachets en plastiques. A l’heure actuelle, les pharmacies, boulangeries et parfumeries utilisent des pochettes en papier souple, à faible grammage, qu’ils mettent gratuitement à disposition des usagers. Les plus petites enseignes ne proposent parfois aucune autre alternative. Certains clients ressortent même avec leurs habits tous neufs sur les bras! Seuls les sacs tissés sont vendus et les prix varient d’un commerce à l’autre. Ainsi, dans la grande et moyenne distribution, les clients les achètent entre 1 et 5 DH, selon le format. Du côté des pâtisseries et boulangeries, les sacs sont en général proposés à 1 DH. Mais la grosse surprise se trouve du côté des épiceries qui pratiquent des prix n’obéissant à aucune logique: 3 DH pour un petit format voire 5 DH. Malgré l’interdiction, de nombreux commerces continuent à proposer des sacs en plastiques. «Il faut bien écouler les stocks», rétorquent la plupart d’entre eux.

    H.W.

     

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