Analyse

Dakhla: L'eldorado économique se confirme

Par Nadia DREF | Edition N°:5119 Le 04/10/2017 | Partager
Agriculture, pêche, tourisme, transport… les niches
Lancement de plusieurs chantiers structurants

Dakhla est en passe d’amorcer un tournant. Nouveaux ports, nouvelle voie express, station de dessalement… Les chantiers qui s’y préparent sont énormes. L’enjeu est grand. La région veut se positionner en tant que hub régional africain. En matière de transport aérien, l’aéroport de Dakhla est relié via Casablanca aux autres destinations dont 31 villes africaines et à Paris via un vol direct. «L’ambition de Dakhla est de devenir un lieu de transit pour les voyageurs à destination de l’Afrique à la place de Casablanca.

Ce qui représentera un gain important en temps et en coût», tient à préciser Errawi El Houssine, professeur à la faculté Ibn Zohr d’Agadir, lors de la foire agricole de Dakhla-Oued Eddahab. Le transport maritime n’est pas en reste. Les nouveaux ports, en cours de développement, en l’occurrence celui de Lamhariz et Dakhla Atlantique, permettront de booster les échanges avec le continent et l’Europe. Dans un souci de réduction des coûts, il est prévu de créer une compagnie maritime africaine sous forme de joint-venture.

De son côté, le tourisme dans la région regorge de potentialités. Il profite pleinement de la place accordée à Dakhla en tant que capitale mondiale du kit surf. A l’horizon 2020, la région veut drainer 820 millions de DH de recettes touristiques. Pour y arriver, elle devra développer davantage le tourisme de niche, l’éco-tourisme et surtout profiter des événements culturels, de ses sources thermales et de l’activité du surf.
Autre chantier, le développement de l’économie solidaire qui permettra la création de plus de coopératives locales pour la valorisation des produits du terroir.

Premier port de pêche au Maroc, Dakhla a connu en 2016 un trafic global de plus d’1 million de tonnes. L’ouverture des nouveaux ports permettra d’augmenter davantage les exportations. Au niveau de l’agriculture, tous les yeux sont rivés sur la région. Les investisseurs attendent avec impatience le lancement de l’appel d’offres pour l’octroi des autorisations d’exploitation des nouvelles terres prévue dans la future zone agricole de 5.000 ha. Un programme qui boostera la compétitivité de la filière et permettra le développement de nouvelles niches. Le volet transformation de produits bruts ou semi-finis importés afin de les exporter vers l’Afrique est également dans le pipe.

Reste que pour amorcer cette ouverture sur le continent et l’Europe, les économistes prônent la prudence. C’est le cas de Ahmed Ait Bari, professeur à la faculté Ibn Zohr d’Agadir. «Il faut une ouverture pragmatique pour attirer les IDE et augmenter la valeur ajoutée de Dakhla. Aussi, il est important d’asseoir le développement du tissu de production domestique sur les bases d’un marché pertinent et renforcer sa productivité», précise-t-il. Cet universitaire plaide également pour la mise en place d’une offre territoriale différenciée et intégrée: agence unique, labellisation, création d’une marque pour la région…

Leviers

Des leviers sont nécessaires pour la mise en place de ce nouveau modèle de développement. Notamment:
1- Encourager l’initiative privée
2- Refonder la politique sociale et valoriser le capital humain
3- Promouvoir les cultures locales,     notamment la culture hassanie
4- Garantir une gestion soutenable des ressources naturelles
5- Renforcer la connectivité et l’aménagement numérique
6- Rénover le rôle de l’Etat par une gouvernance responsable.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc