International

Comment Pyongyang nargue les Nations unies

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5103 Le 11/09/2017 | Partager
Une 8e série de sanctions annoncée ce lundi contre la Corée du Nord
Mais plus le pays en reçoit, plus il s’ingénue à les contourner
pyongyang_coree_du_nord_003.jpg

Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, avec son épouse, Ri Sol-Ju, assistant à une performance artistique en l’honneur des scientifiques et techniciens du nucléaire (photo publiée par l’agence officielle du pays le 10 septembre) (Ph. AFP)

«Plus le régime de sanctions est étendu, plus les contournements sont nombreux», relèvent les experts de l’ONU, dans un rapport sur la Corée du Nord publié le week-end dernier. Le document est survenu à la veille de l’annonce d’une huitième série de sanctions du Conseil de sécurité contre Pyongyang, prévue ce lundi.

«Le pays continue de contourner l’embargo sur les armes, ainsi que les sanctions financières et sectorielles sévères imposées», précise le rapport qui couvre la période allant de février à août 2017. Durant les sept derniers mois, la Corée du Nord a réalisé des progrès significatifs en matière d’armes de destruction massive, alors qu’elle fait l’objet du régime «le plus complet de sanctions ciblées jamais réalisé dans l’histoire des Nations unies».

Après deux essais nucléaires en 2016, quelque 14 tirs de missiles balistiques ont été opérés en 2017, dont deux intercontinentaux. Sans compter un tir de missile à moyenne portée au-dessus du Japon à la mi-août, et un essai nucléaire début septembre. Concernant les sanctions financières, le pays arrive à les contourner grâce à des agents étrangers qui procèdent à des transactions au nom «d’entités nationales».

Pyongyang continue aussi d’exporter pratiquement tous les produits visés par les résolutions de l’ONU. Ceci lui a rapporté au moins 270 millions de dollars sur la période étudiée. A titre d’exemple, après la tentative de la Chine d’interrompre des importations de charbon, le pays de Kim Jong-un a réexpédié ses cargaisons vers d’autres Etats membres de l’ONU, dont le Vietnam et la Malaisie. «Le respect de l’application des sanctions est loin de ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif d’une dénucléarisation», fustige le rapport.

Aujourd’hui, le défi est de pousser Pyongyang à négocier, à travers «une fermeté maximale». Une première batterie de sanctions a été soumise par Washington mercredi dernier, mais a été rejetée par Moscou et Pékin, craignant une arrivée massive de réfugiés, selon des sources diplomatiques. Le document prévoit, entre autres, un embargo total sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, l’inspection par la force de navires suspects, l’interdiction d’importer du textile nord-coréen et le gel des avoirs du dirigeant Kim Jong-un.

Pour pousser Pékin et Moscou à valider ses mesures, Washington fait planer deux menaces: la force militaire, et des sanctions contre les pays entretenant des liens commerciaux avec le pays. Cela inclurait la Chine qui absorbe 90% du commerce extérieur nord-coréen.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc