International

Les députés de l'UE soutiennent les réformes marocaines

Par Aziz BEN MARZOUQ | Edition N°:5103 Le 11/09/2017 | Partager
Efforts du Royaume très appréciés sur l’anti-terrorisme et sur l’immigration subsaharienne
Bémol sur les droits des femmes
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Les eurodéputés de la Commission parlementaire des affaires étrangères ont apprécié leur première visite au Maroc. La plupart parlent de mission accomplie grâce notamment au rôle positif du Maroc dans la lutte contre le terrorisme, dans la prévention de la radicalisation ainsi que de la gestion de la pression migratoire subsaharienne (Ph. DR)

La reprise post-estivale des travaux du Parlement européen a permis notamment d’aborder les résultats de la 1re visite au Maroc de représentants de la Commission parlementaire des affaires étrangères du 17 au 19 juillet 2017. Agenda très serré et rencontres approfondies de très haut niveau (du Premier ministre marocain au ministre des Droits de l’homme en passant par le ministre de la Justice et celui de l’Intérieur) ont été unanimement appréciés par les eurodéputés des différents groupes politiques.

La plupart des membres de la mission parlementaire européenne qui ont participé au déplacement au Maroc ont parlé de «mission accomplie» en soulignant notamment le rôle positif du Maroc dans la lutte contre le terrorisme, dans la prévention de la radicalisation de la jeunesse marocaine ainsi que de la gestion de la pression migratoire subsaharienne, d’autres ont au contraire appuyé où cela fait mal. Ainsi, Christian Preda (PPE, Roumanie) a rappelé que le Maroc n’est plus un pays de transit mais de destination des migrants subsahariens, «un élément capital dont l’Union européenne devrait dûment tenir compte».

Sur les efforts du Maroc dans la lutte contre le terrorisme, il a souligné «l’excellente réunion tenue avec le ministre marocain de l’Intérieur». Lequel leur a indiqué qu’en ce qui concerne les jihadistes d’origine marocaine, qui sont allés faire le coup de feu en Irak et en Syrie, certains d’entre eux sont retournés au pays. Ils seraient environ 1.600 et seraient déjà enregistrés et surveillés comme le lait sur le feu.

De son côté, Gilles Pargneaux (socio-démocrate, France) a souligné l’attitude constructive du gouvernement marocain vis-à-vis de l’immigration subsaharienne au Maroc, immigration qui, d’après lui, «n’est pas prête à se tarir» et que l’UE devrait examiner «avec la plus grande attention afin de ne pas déstabiliser le Maroc». Le député français a aussi plaidé pour un partenariat plus musclé en matière économique et sociale entre l’UE et le Maroc, soulignant notamment la faiblesse de la croissance économique du Royaume ainsi que les inégalités sociales qui se creusent.

En revanche, d’autres eurodéputés n’ont pas voulu comme ils disent se voiler la face et passer sous silence les manquements et autres faiblesses du pays. Comme par exemple le libéral espagnol, Javier Nart, qui a contesté le fait qu’au Maroc existait un «Islam modéré» en rappelant qu’une partie de la jeunesse marocaine est «hors système» et que «la plus grande partie des terroristes qui ont endeuillé l’Europe étaient d’origine marocaine et que cela était très grave».

Même s’il a reconnu le «rôle hautement stratégique du Maroc dans la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine», le député espagnol a toutefois appelé «à ne pas rester dans la contemplation métaphysique pour aller au-delà de ce qui est déclaré par les uns et par les autres».  Pier Antonio Panzeri (socio-démocrate, Italie) a, quant à lui, pointé du doigt le processus de réforme au Maroc et en particulier celui de la justice. S’il reconnaît les grandes difficultés de l’exercice, il recommande à l’UE de garder les yeux ouverts et de rester vigilante «pour que le processus de réforme se poursuive et qu’il s’accélère».

Quant à la libérale belge, Hilde Vautmans, celle-ci a rappelé qu’elle avait visité le Maroc il y a une quinzaine d’années et que la situation des femmes aujourd'hui «a subi un recul terrible du fait de l’islamisation du pays». Elle a indiqué qu’elle n’a pas été du tout convaincue par les arguments de ses interlocuteurs marocains en ce qui concerne la question des mariages précoces au Maroc. Elle a souligné qu’elle a été «très frappée par le nombre de voilées à Rabat et à Casablanca par rapport à la situation d’il y a quinze ans».

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a été invité par la Commission des affaires étrangères du Parlement européen à lui rendre visite en novembre 2017. Beaucoup de questions l’attendent, en particulier sur le processus de réforme de la justice, l’arrêt de la Cour de justice de l’UE sur l’accord agricole UE/Maroc, le rôle du Maroc dans les efforts pour résoudre la crise en Libye.

Dernière info: un échange de vues prévu jeudi 31 août dernier entre les membres de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen et Claudia Wiedey, la nouvelle ambassadrice de l’UE à Rabat, a été reporté. Raison officielle invoquée: la diplomate européenne n’a pas encore reçu ses lettres de créance de la part du Maroc...

 

 

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