Entreprises

Résultats annuels: Des taux bas et l’atonie de la demande freinent la BP

Par Franck FAGNON | Edition N°:4967 Le 23/02/2017 | Partager
Le résultat net marque une petite hausse de 0,5% à 3 milliards de DH
Sous pression, la marge d’intérêt recule à 10,4 milliards de DH
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La hausse du produit net bancaire est essentiellement soutenue par la marge sur commissions et le résultat des activités de marché. La chute de 48% du résultat net des sociétés de financement spécialisées a pesé sur la performance de l’ensemble

Les banques continuent à dégager d’importants bénéfices. Mais, c’est un peu plus compliqué que par le passé. La Banque Populaire a publié un résultat net de 3 milliards de DH en quasi-stagnation (+0,5%) sur un an. Il s’était inscrit en recul de 7% en 2015. Les profits de la banque au Maroc (+3%) et des activités à l’international (+25%) se redressent. En revanche, le résultat des sociétés de financement spécialisées a dévissé de 48% après une hausse de 63% en 2015. Comparé à 2014, l’indicateur est quand même en recul de 14%. Le résultat net part du groupe, lui, s’est amélioré de 5,3% à 2,6 milliards de DH en raison des changements dans le périmètre de consolidation.

La dégradation de la situation financière des entreprises au Maroc et une politique prudente de provisionnement ont conduit à une hausse de 2% du coût du risque en 2016. Ce qui a ralenti la croissance des bénéfices. D’un autre côté, la distribution de crédit sur le marché domestique reste atone et impacte négativement la marge d’intérêt qui constitue de loin la première source de revenus du groupe. L’encours des crédits a progressé de 2% en 2016 dont une petite hausse de 0,5% au Maroc. Les prêts à l’étranger, eux, progressent de 9%. Le dynamisme commercial dans les filiales subsahariennes et un environnement de taux plus favorable ont en partie permis de contenir la baisse de la marge d’intérêt à 0,8% à 10,4 milliards de DH. Ce revenu a baissé de 1,6% sur le marché marocain contre une hausse de 1,3% à l’international.

La marge sur commission a totalisé 2,1 milliards de DH en hausse de 7%. Elle se comporte mieux au Maroc (+10%) que dans les filiales africaines (+6,6%). La croissance sur le marché domestique provient entre autres du recrutement de 300.000 nouveaux clients (5,5 millions clients à fin 2016). Confronté à une concurrence agressive sur le crédit, les banques seront poussées à accélérer leur diversification et améliorer la contribution d’autres lignes de métiers (finance participative, activités de marché...) aux revenus. L’année dernière, les opérations de marché ont généré un revenu de 2,4 milliards de DH à la BP, en hausse de 1,7% sur un an.

Elles représentent 15% du produit net bancaire qui s’est chiffré à 15,7 milliards de DH (+2%).
Le ralentissement de l’activité au Maroc et les difficultés des entreprises ont relevé le niveau du risque. A l’étranger, la baisse du cours du pétrole et d’autres matières premières ces dernières années et le ralentissement chinois pèsent sur le comportement des économies subsahariennes. Le groupe a vu l’encours des créances en souffrance augmenter de 6% à 17 milliards de DH. Elles sont couvertes par 13 milliards de DH de provisions, soit un taux de recouvrement de 76%.

 

 

 

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