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    USFP: Une feuille de route
    Par Tarik EL MALKI

    Par L'Economiste | Edition N°:2639 Le 26/10/2007 | Partager

    Tarik El Malki, chercheur universitaire est actuellement directeur du développement du Centre marocain de conjoncture. Les auditeurs d’Atlantic connaissent sa voix puisque c’est lui qui présente sur les ondes les travaux du CMC. El Malki, qui est le fils de Habib El Malki, ancien ministre de l’Agriculture et de l’Education nationale, est aussi l’auteur d’un ouvrage très fouillé, «Risque-pays et stratégies d’investissement, le cas du Maroc» aux Editions Okade, présenté dans nos colonnes le 29 novembre 2006Les élections du 7 septembre ont été marquées par le recul important de l’USFP et le fort taux d’abstention. Un constat partagé est que l’USFP est arrivé à un tournant historique. Qu’est-ce qui fait la raison d’être du parti, son identité, ses valeurs, son idéologie? Comment les adapter à la réalité de son temps? C’est ce qui s’appelle «le socialisme du réel», lequel ne signifie en aucun cas abandonner et renier son corpus idéologique, précieux capital. Que veut dire «être de gauche aujourd’hui», être socialiste? La conjoncture mondiale est plus que favorable à ces réflexions dans la mesure où jamais la fracture sociale n’a été aussi importante.A mon sens, après l’analyse, le véritable défi est d’organiser, le VIIIe Congrès, dans la sérénité et le sérieux car il faudra que ce soit un «Congrès de rupture». En effet, de ce Congrès devra émerger une nouvelle direction plus moderne, plus au fait de la réalité et éloignée des luttes de clans et d’appareil qui ont tant nui à ce parti. Ce dernier a grandement besoin d’un type nouveau de leadership doté d’une vision stratégique à long terme à même de convaincre et fédérer le plus grand nombre de sympathisants de gauche, qui croient en l’idéologie mais qui ont fui ce parti car déçus du mode de gouvernance actuel, autour d’un projet mobilisateur. Je n’insisterai jamais assez sur le fait que parallèlement à tous ces chantiers, un travail de terrain et de proximité devra être effectué par les cadres de l’USFP, dans les fiefs où jadis le parti était puissant. Une question lancinante de savoir quel est ou sera le rôle des partis dans le système monarchique, le rôle des différentes institutions en général a été soigneusement occulté des débats lors des dernières élections. Le parti qui aura le courage de répondre de manière claire à cette question et surtout se positionner sera le parti qui parviendra à réconcilier les Marocains avec la politique et par-delà réhabiliter cette dernière. Tous les partis ainsi que les autorités sont interpellés par cette problématique. Il faudra aller combattre l’idéologie du PJD partout où elle se trouve en employant les mêmes armes que lui, armes qui furent naguère les leurs. Pour appuyer toutes ces actions, un groupe de réflexion permanent, un think-tank dédié à l’USFP regroupant des experts, des consultants, des cadres du public et du privé, devra être mis en place dans les plus brefs délais, et cela afin d’alimenter régulièrement ce parti en idées, concepts, etc.Je terminerai mon propos avec une lueur d’optimisme. L’USFP traverse certes une phase difficile de son existence mais il s’en relèvera à coup sur renforcé. A la condition qu’il fasse «sa mue» en évoluant avec son temps. Faire de la prospective est certes utile pour doter le pays d’un cap, mais il ne faut pas occulter le présent, le court terme. C’est là qu’un parti montre qu’il est à la hauteur des espérances des gens, en montrant qu’il est capable d’améliorer, une fois au pouvoir, le quotidien des plus défavorisés, tout en étant capable de réinventer la société en se projetant sur les dix, vingt ou trente années futures. Des questions de fond doivent être abordées sans langue de bois, telles que le rôle et la place des partis dans notre société actuelle. Il faut réinventer l’action politique à travers une redéfinition du rôle de ces derniers et de l’action militante qui doit se faire en s’appuyant sur des relais efficaces et fiables. SM le Roi ne cesse d’appeler les partis à se restructurer dès qu’il en a l’occasion. Il est grand temps d’accélérer la cadence. L’USFP dispose de ressources importantes, il a l’opportunité aujourd’hui de se remettre en question et de prendre les mesures qui s’imposent, il ne faut pas qu’il rate le coche une fois de plus.


    Défis de la future direction

    L'USFP, depuis les scissions à répétition, s’est appauvri intellectuellement et culturellement; ce qui a profité à d’autres courants. Le plus grand défi pour la future direction sera donc de remobiliser les élites intellectuelles qui ont déserté et, d’autre part, de regrouper la gauche autour d’un pôle fort et uni, et enfin préparer les municipales de 2009. Cette nouvelle direction aura pour tâche de réorganiser le parti au niveau local: l’absence de machine électorale bien huilée au niveau local, a fortement porté préjudice au parti lors de ces dernières élections. Subséquemment, cette direction aura charge 2012 en veillant, cette fois-ci, à préparer les candidatures bien avant l’heure du scrutin (d’ici 2010 ou 2011 par exemple), à bien expliquer et communiquer régulièrement le bilan de son action gouvernementale aux citoyens. Enfin, cette nouvelle équipe aura pour charge, et c’est là le point le plus important, d’élaborer un véritable projet de société pour les 25 années à venir, en veillant à affirmer clairement ses choix en matière de réforme constitutionnelle, de religion, de choix de société, etc.


    Question de méthode

    Pour préparer le «Congrès de rupture», il y a lieu de procéder ainsi: - Premièrement, il s’agit de faire une analyse objective du 7 septembre. Tout d’abord, il faudra identifier les régions, villes et circonscriptions où l’USFP a perdu des sièges. L’USFP a en effet perdu près de 500.000 voix. L’abstention record pourrait, en partie du moins, expliquer ce résultat, dans la mesure où l’électorat traditionnel (ouvriers, classes moyennes) aurait sanctionné une politique où il ne se retrouvait plus. Une commission ad hoc, chargée de se pencher sur cela, a été créée et devra rendre ses conclusions courant novembre, en principe. - Maintenant que l’USFP a décidé de participer au prochain gouvernement de coalition, il faut, d’abord, que ce parti en explique clairement les raisons afin de lever définitivement toute ambiguïté. En effet, à mon sens, l’une des raisons qui expliquent l’échec relatif de l’USFP est son absence de communication quant aux raisons qui ont fait que ce parti ait accepté d’endosser la responsabilité de l’alternance en 1997. Malgré la noblesse et la justesse de ce choix, il aurait fallu expliquer les raisons et les conditions de la participation, la stratégie de pouvoir, de manière à montrer à l’opinion publique, dubitative, que l’USFP était en train, à l’instar de n’importe quel parti de gauche dans le monde, d’accomplir sa mue politique. L’USFP a payé trop cher cette faute politique. Il faut avoir le courage de dire les choses clairement et simplement. Parallèlement, il faudra veiller à bien faire respecter les grandes orientations économiques et sociales, telles qu’elles ont été définies dans la Déclaration commune constituant la Charte de la Koutla. Il faudra être vigilant quitte à réactiver le fameux principe du «soutien critique».


    Comment traiter l’abstention?

    L'abstention record, 63%, s’explique en partie par l’inflation de partis. Les citoyens sont perdus, face à cette offre pléthorique traduisant le manque de sérieux et de crédibilité d’un grand nombre de leaders politiques: la politique se résume à du marchandage et du troc. Cela doit changer. L’heure est au regroupement, à la formation de grands pôles (4 au maximum) doté chacun d’un référentiel idéologique cohérent, d’une orientation, d’une vision claire, et d’une stratégie de pouvoir bien établie. Pour cela, il faudra que nos leaders politiques fassent montre de sagesse, de responsabilité et de maturité politique.Dans ce contexte nouveau, la prochaine législature, ainsi que la suivante, seront très politique dans la mesure où des changements institutionnels importants, dans le but de clarifier la donne politique, verront certainement le jour. Il faut revoir les comportements, les discours, l’action politique dans sa globalité. Un check-up s’impose qui devra déboucher sur des changements palpables et des sanctions -réelles et non fictives- pour ceux qui ne respectent pas les règles du jeu. Il faut réhabiliter la politique. Le Roi Mohammed VI lui-même, lors de son dernier discours à l’occasion de la rentrée parlementaire, est monté au créneau en appelant à la réconciliation du citoyen avec les institutions élues. Le rôle des médias est également mis en cause. Ils détiennent une certaine responsabilité dans ce qui s’est passé lors de ces élections. Une sérieuse remise à niveau de ces derniers, surtout au niveau de l’audiovisuel, s’impose. Enfin, l’école doit également être un lieu où doivent se forger les futures consciences. D’où l’importance d’inculquer aux futurs adultes l’importance de leurs droits mais aussi leurs devoirs, dont fait partie l’acte de voter. L’éducation civique doit ainsi être un grand chantier ouvert de manière permanente mobilisant tous les acteurs concernés (école, famille, société civile).

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