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Culture

Travailler beaucoup, encore et toujours
Par le Pr. Mohamed Hamadi BEKOUCHI

Par L'Economiste | Edition N°:2729 Le 06/03/2008 | Partager

Résident dans au moins quatre pays (Maroc, France, Suède et Canada) où il enseigne, titulaire d’une série de doctorats d’Etat, Mohamed Hamadi Bekouchi se présente comme «concepteur médiatique», qui est le titre de son dernier doctorat. Cet intellectuel hors gabarit vient de publier son cinquième livre, «La rage de gagner ou comment créer du bonheur et de la richesse dans votre entreprise». Un de ses ouvrages a eu un très fort retentissement en France, «Du bled à la ZUP» (L’Harmattan): il annonçait en 1984 les failles de l’intégration et prédisait des explosions dans les banlieues françaises, ce qui a valu à l’ouvrage d’avoir une deuxième heure de gloire, l’année dernière. Dans les différentes disciplines, qu’il pratique et enseigne, le Pr. Bekouchi défend la thèse de la prééminence de la culture.Désormais, l’entreprise est une association d’intelligences qui deviennent intelligence collective: hommes et femmes, jeunes et moins jeunes. Toutes ces intelligences sont engagées dans une relation organique. A cet effet, le travail leur prend le meilleur de ce qu’ils ont en force psycho-affective et en fraîcheur intellectuelle et physique. Sociologiquement, c’est dans l’entreprise que s’orchestre avec le plus de conviction la valse des éthiques et des valeurs où patrons et collaborateurs ambitieux raisonnent, notamment, de moins en moins par catégories socioprofessionnelles ou par clans de rentiers, encore moins avec esprit de propriétaire ou carriériste. . Système hiérarchique archaïqueIl n’y a pas très longtemps encore, les entreprises marocaines avaient des pratiques managerielles endogènes, liées à leur environnement économique immédiat et à l’héritage social et familial des Maîtres féodaux matant leurs Sujets intimidés. Ce sont les exigences de la mondialisation de l’économie de marché et la multiplication des systèmes d’information et de communication qui ont tout chamboulé, faisant émerger des produits immatériels et cognitifs. Obligée, par conséquent, de se dénationaliser et de se mondialiser, l’entreprise marocaine ne peut accéder en 2025, voire 2030, à l’arène des Grands que par la mise en valeur de ses intelligences humaines. En conséquence, il faut se préparer suffisamment pour être capable d’imaginer et d’anticiper.Et pourtant, malgré tous les dangers qui nous guettent présentement, les décideurs politiques et économiques marocains restent muets et sourds aux profondes mutations sociologiques que connaît le monde du travail et plus généralement la société des sciences et des techniques. Vivant à l’âge usinier, sous-estimant la puissance de la révolution économique et culturelle qui se déroule autour d’eux. En effet, à de rares exceptions près, du PDG à l’agent d’accueil, du contremaître au coursier, tous s’accrochent à leur «siège», aux systèmes archaïques d’organisation et aux sombres filières d’attribution de galons fictifs.. Hausse du Smic culturelDans un proche futur, il faudra dire adieu à l’arpète, au mousse, au coursier, à la domestique, aux marchands ambulants, aux petits détaillants, aux gardiens de voitures, qui eurent longtemps des occupations honorables. Ils furent aussi un écran social contre l’exclusion et l’anomie. Hostiles aux résistances et à l’ignorance, les principes fondamentaux de la société des sciences et des techniques proviennent des intelligences. Une nation ou une entreprise qui n’en est pas persuadée ne survivra pas. Des milliers de nouveaux métiers et de nouveaux secteurs d’activités et de nouveaux produits apparaîtront, impliquant, du coup, une ressource humaine qualifiée, mobile et conquérante; «une sorte de génération inoxydable». A cet effet, le Smic culturel est revalorisé, il ne se limite plus à savoir lire et écrire. La personne doit, de surcroît, être en mesure de maîtriser une ou deux langues, posséder des connaissances substantielles en informatique et en culture générale, être prête pour la mobilité. Fâcheusement, le Maroc paraît bien loin du compte. Une certitude, si la société marocaine demeure sous l’emprise du démon des illusions perdues et des fantasmes d’Adam, elle risque, de facto, d’être renvoyée à l’ère antique en fabriquant sa propre menace et son autoflagellation..., voire son suicide économique et culturel.Incontestablement, l’unique choix pour les politiques, les dirigeants d’entreprise, les syndicalistes, les intellectuels... est de trouver de nouvelles raisons solides et convaincantes pour inciter la génération montante à croire en sa capacité de se développer et de s’affirmer et, plus encore, à aimer le Maroc et la vie. Franchement, pour que les espérances marocaines ne soient pas que des discours élogieusement nationalitaires et se transforment en projets gagnants, tous, grands comme petits, hommes et femmes, doivent être conscients et s’engager de telle manière qu’ils deviennent d’authentiques promoteurs d’une démocratie économique et culturelle. Une démocratie plus forte et plus juste, favorisant ainsi, à moyen terme, l’accès du Maroc à la galaxie des nations heureuses.Attention, n’est-il pas prouvé que le leitmotiv des entreprises et des nations qui visent l’excellence a pour tiercé gagnant: travailler beaucoup, travailler toujours et travailler encore? ---------------------------------------------(1) Désengagement parental et défaillance scolaire(2) SHUMPETER Joseph: Les cycles des affaires (Business cycles: a theoretical, historical and statistical analysis of the capitalist process) 1939


Bannir la roulette russe

Depuis la nuit des temps, l’objectif premier de l’entreprise reste le profit financier et l’augmentation de capital. A ce sujet, au Maroc, le business ne doit pas obéir au jeu de la roulette russe. Par contre, il doit s’opposer à tout ce qui provient de l’altruisme désuet et des lois divines. Plus que par le passé, toute entreprise qui vise l’excellence, est condamnée à inventer de nouvelles philosophies du travail, de nouvelles stratégies créatives et intelligemment agressives. Voguant dans une mer constamment agitée et trouble, patrons comme collaborateurs, sachez que les rivaux les plus enragés et les plus audacieux renversent les inaptes!


Les logiques de changement

Que l’on soit patron, cadre, agent d’exécution ou encore artisan ou saisonnier, ou bien jeune intégrant à peine le monde du travail, le parcours professionnel ne sera plus, comme par le passé, canalisé dans le même secteur d’activités ni le même métier, ni encore dans la même entreprise ni dans la même localité, pour la vie. Si les logiques de changement deviennent un acte déterminant de civilisation de la société des sciences et des techniques, on observe, paradoxalement, que le gros du bataillon, y compris chez les dirigeants lettrés marocains, n’a pas la fringale du savoir ni n’est prêt à assimiler les cultures de changement. Difficile, dans ce cas, pour ces derniers, de se débarrasser aussitôt de lourds handicaps psychologiques et culturels qu’ils trimbalent depuis leur enfance(1); dès lors, le danger qu’affronte l’économie marocaine n’émane pas foncièrement de la puissance des Grands pays et des multinationales, mais plutôt de la manière de réagir avec les logiques d’hier.


Ne soyons pas cyniques!

Pour éviter de paraître franchement cyniques, disons qu’il y a une minorité de leaders marocains qui a intériorisé les valeurs du changement et le management participatif et interculturel; du coup, ces patrons-leaders rayent de leur tableau de bord tout ce qui peut naître de la seigneurie tribale du début du XIXe siècle et de la procrastination. Ne dormant jamais sur leurs lauriers, ils savent que, pour que leur entreprise gagne, leurs collaborateurs ont besoin d’eux, à tout instant, pour les écouter, les conseiller, les motiver et, parfois, les remettre à leur place. Conscients que tout se construit et se défait sans délai, plus question pour cette race de mentors de se contenter d’observer du quai le train en marche. Entendons-nous bien, la légende de l’entreprise gagnante ne se décrète pas, elle se crée à travers l’innovation et la croissance. Il y a déjà presque deux siècles que Schumpeter, le fondateur de l’économie du changement, a mentionné «qu’à l’origine du profit se trouve l’innovation»(2).

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