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Affaires

Transport en commun Casablanca: Fini le calvaire des usagers?

Par L'Economiste | Edition N°:1828 Le 09/08/2004 | Partager

. Le nouveau concessionnaire entrera en service au mois de septembre. La RATC se retire laissant des arriérés de plus de 1 milliard de DH. Une formule se profile pour régulariser cette situation C'est fait, le contrat de concession pour la gestion déléguée de la RATC a été signé jeudi dernier en grande pompe. Le nouveau concessionnaire M'Dina Bus sera opérationnel en septembre. Il était temps pour Casablanca de se doter d'un service de transport en commun digne de ce nom. La vieille RATC disparaîtra donc de la circulation, mais marquera encore et pour longtemps la mémoire de beaucoup de Casablancais. En fait, cela fait des années que la RATC agonise. Mais il a fallu l'arrivée d'une nouvelle équipe d'élus pour remettre l'affaire de la gestion déléguée sur le tapis. En effet, le dossier a été activé et bouclé en moins d'un an. Un pari du moins gagné. Mais au-delà de ce calendrier, reste à régler la contrainte financière considérée comme étant le point noir de la Régie. Cette dernière accuse plus de 1 milliard de DH d'arriérés (CNSS, Fisc, fournisseurs de gasoil, assureur…). A la date de la signature du contrat, ce problème n'a pas été réglé. Cette dette colossale ne laisse pas indifférent le gouvernement. Mustapha Sahel, ministre de l'Intérieur, a assisté à la cérémonie de signature. Sur un ton rassurant, il annonce certaines mesures qui seront bientôt appliquées pour éponger les dettes de la Régie. De quoi mettre en confiance les créanciers. Pour sa part, le nouveau concessionnaire n'aura pas à subir ce fardeau. Pour l'apurement du passif de la Régie, le ministre prévoit un programme de prise en charge élaboré en concertation entre la ville de Casablanca et l'Etat. L'objectif est de régler la totalité des dettes et en premier lieu celle des caisses de retraite et de la régularisation des agents. Dans les coulisses, les élus parlent d'un scénario selon lequel, les arriérés seront supportés à parts égales par l'Etat, le ministère de l'Intérieur et le Conseil de la ville. Une telle option priverait la ville de Casablanca de plus de 15% de son budget annuel. Mais encore faut-il limiter les dégâts, en attendant l'entrée en service de M'Dina Bus. Les caisses de la Régie sont vides. Et il n'est pas exclu que le déficit se creuse davantage puisque le transporteur bénéficiait jusqu'à récemment de crédits pour ses besoins d'approvisionnement. Inquiets, des fournisseurs en gasoil finissent par fermer le robinet, entraînant des pannes sèches chez la RATC. Pour la ville, il n'était plus question de continuer à supporter ce poids. Déjà, une faveur a été consentie à la Régie en prenant en charge les salaires du personnel… La question du personnel était justement déterminante lors des négociations avec le nouveau concessionnaire. Finalement, la ville a réussi à imposer une clause pour que tous les salariés de la Régie soient repris par le nouveau concessionnaire. Ces salariés garderont leurs droits et avantages sociaux, mais bénéficieront aussi d'un encadrement et d'une formation pour améliorer la qualité du service. M'Dina Bus s'engage donc à intégrer les 3.083 agents de l'ex-transporteur urbain. Plus encore, le groupement entend créer des postes d'emploi pour atteindre 7.500 lors de la 13e année d'exploitation.Côté parc de véhicules, seuls 140 bus de la RATC seront mis en circulation pendant les deux premières années de la gestion déléguée et ne seront plus que 85 au bout de la troisième année. Pour satisfaire une demande de plus en plus forte, le concessionnaire apportera dès la première année 172 bus neufs. Au total, quelque 613 véhicules seront en circulation en vitesse de croisière. Au terme du contrat, le parc autobus sera de 1.200 unités. D'ailleurs, le groupement s'engage à réaliser un programme prévisionnel d'investissement estimé à 1,8 milliard de DH dont 95% (1,7 milliard) est destiné à l'achat de bus. C'est pour renouveler le matériel roulant d'autant plus que les bus de la RATC sont pour la plupart dans un état vétuste et ne peuvent être repris en entier par le concessionnaire. Le reste des investissements sera affecté à la mise en place de systèmes informatiques de gestion ainsi qu'au financement des divers équipements.


Plusieurs communes concernées

Le contrat lie le nouvel opérateur aux communes de Casablanca, Mohammédia, Aïn Harrouda, Beni Yakhlef, Nouaceur, Bouskoura, Ouled Salah, Dar Bouazza, Mediouna, Lahraouyine et Tit Mellil. Ce qui veut dire que le périmètre de desserte de M'Dina Bus s'étendra à ces zones et ce pour une durée de 15 ans avec possibilité d'une seule prorogation de 7 ans si les élus le souhaitent. En plus du transport régulier et des abonnements scolaires, le concessionnaire est tenu de fournir des services spéciaux tels que la location de bus. La convention fait également état de services accessoires dont fait partie par exemple la vente d'espaces publicitaires. Le cahier des charges exige par ailleurs la ponctualité, la disponibilité des équipements, l'information au public, la propreté des stations, des bus, sans oublier la sécurité. Les élus disposeront de deux instances de contrôle. Il s'agit du service permanent de contrôle et suivi et le comité de suivi. Bien plus, le concessionnaire s'oblige à mettre périodiquement à la disposition des communes le compte rendu de la gestion, le rapport technique et le compte rendu financier. Le contrat stipule même une vérification triennale. Présidente du conseil d'administration de la RATP (chef de file du groupement M'Dina Bus), Anne Marie Idrac, rassure les élus. Pour elle, “l'objectif est d'atteindre l'efficacité économique et financière sans oublier une gestion sociale équilibrée”. Une devise que partagent également les autres actionnaires de M'Dina Bus. A signaler au passage que trois actionnaires fondateurs forment ce groupement. Il s'agit de la RATP (20%), Finnace.com (20% également) et la holding Transinvest qui détient 60% de l'actionnariat. Cette dernière agit pour le compte d'Al Bahja Bus et Haddou Bus. Elle a été créée pour se conformer aux dispositions du contrat qui exigent que les actionnaires de la société délégataire soient des SA.


Qualité et environnement

Le concessionnaire entend intégrer la démarche qualité dans son approche. Pour ce faire, le groupement veut d'abord maîtriser les services de base, améliorer la propreté et le confort des clients. Il prévoit aussi de se doter de la norme de certification ISO 9001. Pour l'environnement, M'Dina Bus s'engagera dans une démarche de certification environnementale ISO 14001. L'objectif est de traiter les problèmes de nuisance générés par son activité: traitement des déchets solides, des eaux usées, rejets gazeux, pollution sonore et visuelle et vibration.


Ticket

Selon Mohammed Sajid, maire de Casablanca, “l'un des principes fondamentaux est de conserver le prix du ticket à son niveau actuel. Notre objectif est de ne pas entamer le pouvoir d'achat des Casablancais”. Ainsi, le concessionnaire s'alignera sur les tarifs de la RATC durant la 1re année de la délégation. A partir de la 2e année, une hausse de près de 8% est prévue. Les tickets de 2,40 et 2,50 DH seront vendus à 2,70 DH. Ceux de 3,00 DH passeront à 3,50 ou 3,80 en fonction du trajet. Les lignes dont le tarif est actuellement de 4,50 DH seront prévues au prix de 5,00 DH.Ali JAFRY

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