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Traitement du cuir: Comment recycler les rejets d'eau

Par L'Economiste | Edition N°:623 Le 25/10/1999 | Partager


· Une étude réalisée sur les rejets des eaux usées des tanneries propose quelques formules de recyclage
· Des installations communes de traitement nécessitent de regrouper les
industries du cuir


L'industrie du cuir est considérée comme l'une des plus polluantes au Maroc. Une équipe de chercheurs, en partenariat avec des industriels, a mené une étude sur un cas d'entreprise pour analyser les rejets liquides et évaluer la nature et le degré de pollution générée par cette industrie. Plusieurs étapes ont été franchies depuis le lancement de l'étude
(documentation et recherche, caractérisation des produits liquides, essais au laboratoire de la Faculté des Sciences de Aïn Chock à Casablanca ainsi que la mise en application des recherches dans un centre-pilote).
L'étude entend également proposer les moyens appropriés pour le traitement des eaux usées. L'entreprise pilote est la Société des Tanneries Groupées (STAG) située à Casablanca. A noter que l'étude a été financée en grande partie par l'Association de Recherche & Développement.
Les chercheurs ont commencé par présenter le processus de fabrication du cuir qui est basé principalement sur l'utilisation de l'eau. Celui-ci engendre des rejets importants de liquides résiduels chargés principalement de protéines issues de la peau et des excès de produits chimiques utilisés tout au long du cycle de fabrication. "Une tannerie génère en moyenne 50 litres de rejets liquides pour chaque kilogramme de peaux traitées", indique M. Mohamed Latifi, ingénieur chimiste au sein de la STAG.
Faute d'équipements de recyclage appropriés, les rejets finissent dans l'eau de mer avec toutes les conséquences néfastes sur l'environnement. "Pourtant, certaines mesures de prévention contre la pollution ne demandent que peu de frais pour leur réalisation", ajoute M. Latifi.
Le traitement du cuir s'effectue en trois étapes. La première dite "d'épilage-pelanage" nécessite 50% de l'eau consommée au cours du processus de traitement. Elle consiste à traiter le cuir avec la chaux, le sulfure et le sodium. Ces produits permettent de bien laver le cuir, éliminer les poils puis gonfler la peau en vue d'ouvrir ses structures de fibre. Les eaux ainsi rejetées sont chargées en chaux, sulfure et sel, impuretés, sang, excréments ainsi que d'autres éléments organiques.
La deuxième étape de fabrication porte sur le tannage qui absorbe 20% de l'eau utilisée dans le processus. Il s'agit de la stabilisation de la structure de la peau par addition de sels de chrome. Les eaux évacuées à ce stade sont acides et chargées en matières organiques, matières en suspension, chlorures, sulfates ainsi que le chrome entre autres. "Le chrome est le produit le plus dangereux pour l'environnement", expliquent les responsables de la STAG. La troisième phase, quant à elle, concerne le retannage et consomme 20% de l'eau nécessaire au traitement du cuir.
Parmi les recommandations de l'étude, figure le recyclage de l'eau rejetée à travers la réexploitation du chrome. L'eau recyclée pourrait être utilisée dans le prétannage avec une récupération d'une partie du chrome rejeté lors du tannage. "A ce stade, l'opération de recyclage coûte relativement moins cher", explique M. Latifi. En effet, au cours du tannage, le cuir absorbe 70% du chrome utilisé. Les 30% restants sont rejetés avec les eaux usées trop chargées en matières toxiques. Outre l'avantage économique que peut présenter la récupération du chrome, ce retraitement permet aussi de préserver l'environnement. A signaler que le pompage des rejets du chrome nécessite de mettre en place des installations de traitement appropriées. "Pour rentabiliser un tel investissement, il faut que les industries de cuir soient regroupées dans une même zone. Ainsi, tous les rejets seront retraitées par les mêmes installations", indique M. Latifi.


Normalisation

Il n'existe pas de normes réglementaires au Maroc quant aux rejets liquides, gazeux et solides. Des textes sont aujourd'hui en cours d'élaboration par le Ministère de l'Equipement, précise M. Latifi. A l'échelle internationale, plusieurs standards sont en vigueur. Pour les rejets contenant le chrome toxique par exemple, les standards sont de 1,5 mg/l en Chine, 2 en Inde, 1 aux Etats-Unis et 4 en Italie.

Hicham RAIQ

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