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    Economie

    Traitement des déchets urbains : Faute de législation, les communes tentent la sensibilisation des populations

    Par L'Economiste | Edition N°:55 Le 26/11/1992 | Partager

    Les déchets urbains s'accumulent. Des solutions pour leur traitement et leur gestion doivent être envisagées. Elles passent par une sensibilisation et une éducation de la population à l'égard de l'environnement. C'est le premier constat du séminaire organisé sur le thème "La gestion et le traitement des ordures ménagères".

    Environ 8.000 tonnes de déchets urbains sont produits chaque jour au Maroc.
    Près de 0,80kg de déchets sont engendrés par chaque habitant à Casablanca. Le taux est de 0,65kg à Agadir, 0,55kg à Rabat, 0,50kg à Oujda et 0,40kg à Marrakech. Les différences sont assez sensibles suivant les habitudes de consommation. Le taux de collecte varie aussi probablement en fonction des prélèvements avant l'arrivée à la décharge. Chaque Casablancais, par exemple, produit 800g de déchets par jour, ce qui représente 200 tonnes par jour et 750.000 tonnes par an pour la ville. Sur une durée de quinze ans, cela représenterait plus de 11 millions de tonnes et 20 millions de m3 remués. Même si le tas se réduit aux environs de 13 millions de m3, après que la teneur en eau ne soit abaissée (de 70 à 40%), cela représente toujours une quantité énorme.
    Ainsi, les déchets s'accumulent de plus en plus. De nombreuses grandes villes se trouvent confrontées à leur gestion et élimination. Des solutions, telles que le recyclage, l'incinération peuvent être envisagées.
    C'est dans ce cadre que s'inscrit le séminaire organisé les 9 et 10 Novembre par l'Association des Ingénieurs de l'Ecole Hassania des Travaux Publics, avec la coopération de la Direction Générale des Collectivités Locales, des Instituts Goethe de Casablanca et de Rabat et de la Fondation F. Naumann.
    Composées essentiellement d'épluchures et de quelques sacs en plastique, les ordures ménagères marocaines comprennent près de 70% de matière organique et 70% d'eau.
    La composition et la nature des ordures change, toutefois, avec les nouvelles formes de distribution commerciale, mais cette évolution est encore très lente.

    Ne pas punir

    Unanimes, les intervenants estiment que la préservation de l'environnement passe avant tout par une sensibilisation et une éducation de la population. "La télévision et la radio représentent 45% d'efficacité par rapport aux petits fascicules distribués", soulignent les participants. Certaines Communes ont lancé des campagnes de sensibilisation à travers des textes et des dessins "non agressifs, car si vous pensez punir le citoyen, vous ne pouvez pas imaginer ce dont il est capable", explique le représentant d'une Commune de Casablanca. "Nous touchons surtout les jeunes, les adultes aujourd'hui étant sans espoir", ajoute-t-il.
    Des programmes d'action spécifiques ont, de leur côté, réalisé des spots publicitaires et des films documentaires traitant des différents aspects de l'environnement. Ces programmes ont également introduit dans les programmes scolaires des thèmes éducatifs.

    Insuffisance juridique

    Par ailleurs, les déchets, domestiques et industriels, ne sont pas suffisamment appréhendés juridiquement au Maroc. Aucune législation spécifique ne leur a été consacrée jusqu'à aujourd'hui. Ils restent régis par des législations indirectes, dont notamment les législations relatives aux établissements classés, aux ressources aquatiques, aux régimes des eaux... Les dispositions du droit classique (droit civil ou pénal) ne constituent pas de solutions. Elles ne répondent pas aux spécificités des dommages environnementaux résultant des déchets. Le projet de loi relatif à la protection de l'environnement contient des dispositions importantes quant à la définition et la gestion des déchets, et ce, tout en renvoyant à des textes d'application pour ce qui est du traitement et de la réutilisation des déchets. Ce projet n'ayant pas encore abouti, les déchets restent donc soumis aux législations indirectes dispersées.
    Le premier obstacle, soulevé par les différents intervenants, est celui du choix du site. Certains terrains identifiés sont parfois des propriétés privées, ce qui pose le problème de location et l'acceptation d'installer une décharge. Egalement, certains élus ou fonctionnaires manifestent rarement leur satisfaction spontanée lorsque leur territoire a été retenu pour une décharge. Tel est le problème du découpage territorial et "des solidarités d'agglomérations".

    Mécanisation de la collecte à Sidi Belyout

    S'agissant de la collecte des ordures ménagères, plusieurs cas ont été discutés dont celui de la Commune de Sidi Belyout. Là, la collecte proprement dite se faisait avant 1989 de manière traditionnelle, par le "porte à porte des éboueurs". A partir de cette date, la collecte a connu une mécanisation par des containers, des bennes équipées de système de levage automatique. Les containers distribués ont été au nombre de 945 unités de 330 litres et 1.500 de 120 litres, avec une dépense globale de 6 millions de DH. Le renouvellement des poubelles usées ou détériorées est laissé à la charge des utilisateurs. L'ancienne Médina n'est cependant pas concernée par cette opération. Ses ruelles étroites ne permettant pas le passage d'un camion.
    Le ramassage se fait de nuit, dans un laps de temps ne dépassant pas trois heures. La commune a tout d'abord réalisé une étude par quartier afin d'évaluer la production en ordures ménagères pour chaque maison ou immeuble. La mécanisation permet ainsi à la Commune une économie d'énergie, la consommation de carburant étant réduite de moitié. Elle rend également la collecte plus réduite pour les ramasseurs. En effet, ils n'ont plus qu'à déposer les poubelles couvertes sur les lève-containers et appuyer sur un bouton.

    Entretien des véhicules

    Par ailleurs, au cours du séminaire, a été soulevé le problème de l'entretien des véhicules spécialisés. Par suite de pannes de ces véhicules, leur taux d'immobilisation peut atteindre 30%. La conséquence serait une surutilisation des autres véhicules, qui finiront par tomber en panne. Certaines Communes envisagent d'équiper plusieurs ateliers spécialisés qui seront chargés du suivi et de l'entretien des véhicules.

    Meriem OUDGHIRI

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