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Textile: «Il faut accélérer la mise à niveau«Entretien avec Salah Eddine Mezouar, président de l'Amith

Par L'Economiste | Edition N°:1517 Le 13/05/2003 | Partager

. A l'avenir, les entreprises ne doivent plus être tributaires des augmentations naturelles de salaires. L'Economiste: Pensez-vous que les nouvelles dispositions du dialogue social puissent faire basculer le secteur dans une crise? - Salah Eddine Mezouar: Nous sommes dans un contexte de compétition mondiale où la sensibilité aux prix, donc aux composantes du coût, est encore importante. Il y aura donc inévitablement des incidences sur la compétitivité globale à l'export des entreprises. Le Maroc devient dès lors le pays où le coût de main-d'œuvre est comparativement le plus élevé de tous ses concurrents immédiats comme la Turquie, la Tunisie et les pays de l'Est. La compensation par une amélioration de la productivité n'est pas automatique, il faudra du temps et quelques dégâts avant que celle-ci ne se produise.. Pourquoi ne pas renégocier l'accord-cadre?- Ce n'est pas une compensation que nous recherchons. Ce que nous demandons, c'est un accompagnement soutenu de la part du gouvernement dans le processus de redéploiement et repositionnement du secteur. Ce redéploiement est entamé depuis une année et supporté essentiellement par les entreprises, en tous cas, celles qui le peuvent financièrememt. Son coût est important et ne peut être supporté uniquement par les entreprises, encore endettées à court terme et sous-encadrées. C'est ce que nous avons exprimé au Premier ministre lors de la rencontre du 9 mai. Ces nouvelles augmentations classent irrémédiablement les entreprises dans une logique de compétition hors prix. La renégociation des termes de l'accord-cadre devient donc une necessité. . Où se situe l'urgence aujourd'hui?- Nous devons aider les entreprises à accélerer leur mise à niveau sous peine de les voir écartées de la compétition mondiale. A ce niveau, il existe un excédent de capacités de 30% et si nous voulons préserver un secteur d'activité structurant pour l'économie du pays, nous devons être dans les 70%. C'est la philosophie qui a guidé notre démarche de repositionnement stratégique. Un énorme chantier que ni l'Amith ni les entreprises ne peuvent assumer seules.. Après le symposium de Bruxelles, quel message auriez-vous à délivrer au gouvernement?- Le ministre du Commerce et de l'Industrie était présent et a compris les enjeux. Il a également pu constater l'appui financier et le soutien qu'apportent tous les pays, développés ou en voie de l'être, à ce secteur, soit des milliards de dollars. L'accord-cadre prévoit une enveloppe dérisoire de 800 millions de DH sur trois ans et trouve toutes les peines du monde à le faire fonctionner. Rien n'entamera notre détermination à progresser et à tailler au Maroc une place de choix sur la scène mondiale. Nous poursuivrons notre action pour éviter justement que les entreprises textiles ne soient à l'avenir tributaires des augmentations naturelles de salaires.. Si rien n'est fait, que risque-t-il de se produire?- L'etude d'impact sur le secteur de la suppression des quotas et de l'entrée de la Chine dans l'OMC que nous avons réalisée a révélé que si rien ne venait à être fait, le secteur perdra 30% de ses exportations, 20% de sa production et verra 50.000 de ses emplois disparaître.. Pourquoi la représentativité syndicale semble être source de craintes?- La liberté syndicale est garantie par la Constitution et notre propos n'est pas de remettre en question cette disposition. La crainte vient plutôt du fait que l'image des entreprises syndicalement sinistrées reste encore vivace dans l'imaginaire des chefs d'entreprise. Il y a donc nécessité de rétablir la confiance et de définir avec nos partenaires sociaux les règles du jeu. La démarche que nous préconisons est celle des conventions collectives, car chaque secteur a ses spécificités propres et se trouve confronté à ses propres enjeux. Les nôtres exigent d'avoir de véritables partenaires capables de construire avec nous l'entreprise compétitive de demain. Et d'assurer avec nous cette transition difficile. Propos recueillis par Radia LAHLOU

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