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    Courrier des Lecteurs

    Taux d'intérêt: Une baisse dans le désordre

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    La baisse des taux de référence recommandée par le GPBM est suivie. Mais l'ampleur diffère d'une banque à l'autre. L'affichage continue pour sa part de faire largement défaut.


    IL y a deux semaines, le GPBM recommandait une baisse d'un demi-point des taux de référence. Cette décision est survenue après que les autorités monétaires aient, à plusieurs reprises, demandé aux banques de faire un geste pour, entre autres, contribuer à la relance de l'investissement. Il s'agit de la deuxième recommandation du Groupement depuis la libéralisation totale des taux d'intérêt. Il est à rappeler que la recommandation du GPBM ne revêt pas un caractère obligatoire. De plus, la décote ne s'applique que pour les nouveaux crédits.
    A ce jour, il est difficile de confirmer sur le terrain que la piste tracée par le Groupement ait été strictement suivie. Et pour cause, nos visites inopinées dans différentes agences centrales de banques révèlent, une fois de plus, que la discipline de l'information du public par l'affichage est bafouée.
    Certains employés, interrogés au hasard, avouent même que l'affichage des conditions bancaires n'est pas de rigueur dans leur agence. Pour celles qui le font, il est constaté que le tableau, sur lequel sont inscrits uniquement les taux de référence, est souvent installé dans un coin pratiquement hors de portée des clients. C'est-à-dire loin des guichets.

    Les opérations spot sacrifiées


    Pourtant, la loi est claire. Elle oblige les établissements de crédit à informer le public des conditions qu'ils appliquent à leurs opérations en matière de taux d'intérêt, de commissions et de régimes de dates de valeurs. Mieux, la loi bancaire prévoit des sanctions pécuniaires pour les contrevenants. Cependant, il est à préciser que pour ce qui concerne les commissions et les dates de valeurs, il revenait à Bank Al-Maghrib de diffuser un canevas pour normaliser les informations à afficher. Ce qui est toujours attendu.
    Les banquiers ne perçoivent pas ce défaut d'affichage comme une marque d'opacité. Ils font remarquer que les clients ont, préalablement à une opération, toujours connaissance des conditions de crédit. Pour autant, force est de constater que les petits clients, les plus exposés aux abus, n'ont ni les mêmes capacités d'analyse, ni le même pouvoir de négociation que les grandes entreprises.
    Si l'affichage est diversement respecté, nos investigations révèlent toutefois que plusieurs banques ont réduit leur taux de référence, mais pas dans la même ampleur. Pour illustration, la BMCI a fixé les mêmes taux de référence prévus par le GPBM, soit 9,25% pour le court terme, 9,50% pour le moyen terme, 10,25% pour le long terme et 8% pour le crédit export. Idem chez Wafabank. Auprès de ABN Amro Bank, il est annoncé 9,75% pour le court terme, 9,50% pour les long et moyen termes et 8,50% pour l'export. Quant à Bex Maroc, elle a n'a pas attendu les recommandations du GPBM pour fixer des taux inférieurs à la concurrence. Il semblerait que de grandes banques ont même été jusqu'à financer des crédits d'investissement à 9%.

    Cette situation dénote qu'il existe bien des prémisses de concurrence d'ailleurs constatées par des financiers de grandes entreprises. Pour autant, estime un banquier, l'ampleur de la décrue des taux n'est pas importante en elle-même. C'est plus l'élargissement de la fourchette permettant aux banques de disposer de plus de marge de manuvre qui est significative.
    Celui-ci devrait en définitive favoriser une meilleure sélectivité du crédit.
    Quoi qu'il en soit, les banques se sont bien armées pour minimiser leurs pertes potentielles résultant de la baisse des taux de référence. L'opération devait en principe se solder, pour l'ensemble du secteur bancaire, par un manque à gagner de près de 600 millions de DH sur une année et ce, à partir de la mise en application des nouveaux taux.
    Il s'avère en fait que la baisse sera en partie répercutée sur la rémunération des dépôts. Mieux encore, «les banques se seraient entendues pour éviter certaines opérations spot effectuées à des taux très attractifs», indique un financier. A l'évidence, il apparaît que de grandes entreprises en mal de trésorerie peuvent en faire les frais.

    Alié Dior NDOUR & Mouna KABLY

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