×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique

Tahiri, la «45e victime« du 16 mai

Par L'Economiste | Edition N°:1573 Le 01/08/2003 | Partager

. Mustapha Tahiri, taximan, est probablement le «citoyen« qui a interpellé le kamikaze rescapé de l'hôtel Farah. Médiatisé, il refuse les courses vers Sidi Moumen, ce qui l'expose à des sanctionsMustapha Tahiri a du mal à digérer ce qu'il lui arrive. Deux passages à la télé et une dizaine d'articles ont fini par faire de lui le «héros qui a arrêté le kamikaze rescapé« de l'hôtel Farah, Mohamed El Omari. Bien qu'il ne soit pas seul à le revendiquer -au lendemain du 16 mai, deux autres personnes se sont manifestées auprès de la rédaction de L'Economiste-, Tahiri semble le plus marqué par cet acte de bravoure. «Les félicitations médiatiques m'ont valu, à ma grande surprise, beaucoup de sympathie«, s'enthousiasme Tahiri. Pourtant, deux mois après les évènements de Casablanca, sa «célébrité« lui reste en travers de la gorge. «Je suis surtout devenu une tête connue«, se plaint-il. A l'entendre, ce n'est pas la crainte de «se faire repérer« qui l'inquiète. Son souci est plus prosaïque. Taximan, spécialisé dans le transport touristique, il «refuse, par précaution, d'emmener ses clients dans les quartiers de Sidi Moumen, Carrière Thomas, Douar Sekouila«, des lieux demandés depuis les attentats. Ce refus l'expose à des sanctions profession- nelles. «Souvent, des passagers vont vers ces quartiers par curiosité, ceci sans compter les nombreuses équipes de télévision qui cherchent un guide«, poursuit Tahiri. Et d'ajouter: «A chaque fois, j'ai été abordé par des gens qui m'ont reconnu. La même chose m'est arrivée à Ifrane, Khénifra et d'autres villes«. Des moments où le plaisir côtoie gravement le danger. Sur conseil de ses amis, Tahiri a décidé de refuser les voyages vers ces destinations. Malheureusement, «un taximan n'est maître ni de son circuit, ni de son emploi du temps«. S'il refuse une course, il encourt, en cas de plainte du client, jusqu'à dix jours de suspension «durant lesquels la redevance de l'agrément et le loyer du taxi sont exigibles«. A peine plus grand que le terroriste qu'il a arrêté, mais deux fois plus âgé, Tahiri n'a plus la mine fière de ses premières sorties. Dans un contexte où l'on démantèle de nombreux réseaux intégristes, le risque de représailles est omniprésent dans son esprit. A son échelle, il se dit «la 45e victime des attentats«, mais d'une drôle de manière.A.H.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc