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Sofitel Diwan: Guéguerre syndicale

Par L'Economiste | Edition N°:2334 Le 04/08/2006 | Partager

. Deux plaintes pour harcèlement sexuel secouent l’établissement de Rabat. La direction d’Accor y voit une manipulation…. …Destinée à contrer un candidat aux élections syndicalesHarcèlement sexuel ou rivalité électorale? C’est à cette question que devra répondre le tribunal de première instance de Rabat à partir du 23 novembre prochain. Le scandale ou ledit scandale concerne trois employés d’un grand hôtel de la capitale: Sofitel Diwan. L’affaire éclate en avril dernier, lorsque la direction de l’établissement hôtelier reçoit une plainte de deux employées qui accusent un certain M.K., second de cuisine, de harcèlement sexuel. A en croire la direction du groupe hôtelier Accor qui exploite entre autres la marque Sofitel, «ce n’est que pure calomnie». «Etant dans l’incapacité de fédérer autour d’eux l’ensemble du personnel par des moyens civilisés, quelques membres perturbateurs sont allés jusqu’à l’utilisation de menaces et d’autres procédés indignes de ce que nous entendons par l’action syndicale», souligne-t-on auprès de Sofitel Diwan qui a dû rendre compte à la maison mère. Pourtant, lorsque la plainte a été déposée, l’établissement a, après avoir mené une enquête interne, licencié le second de cuisine M.K. Ce dernier sera rapidement réintégré après une réclamation de l’inspection du travail. 3 motifs de réintégration ont été avancés: Licenciement injustifié puisque aucune plainte n’a été déposée auprès de la police à ce moment-là et il ne peut y avoir harcèlement parce que l’intéressé est employé et non employeur. La troisième raison a trait au statut même de M.K. qui était au moment du dépôt de la plainte auprès de la direction de l’hôtel un candidat libre aux élections syndicales. «Il est donc protégé contre toute sanction effective sur une durée de 3 mois», souligne l’inspecteur de travail. Pourquoi alors les deux employées ont-elle porté plainte contre le second de cuisine? La direction de l’établissement et certains employés affirment que l’accusation «est montée de toutes pièces» pour casser la candidature de M.K à l’élection des délégués du personnel. «Sa liste avait une grande popularité auprès du personnel de l’hôtel», souligne un employé sous couvert d’anonymat. Pour illustrer leurs propos, les défenseurs de M.K. (la direction du groupe Accor et plusieurs salariés de l’hôtel) expliquent que la délégation de l’UMT, l’Union marocaine du travail, a utilisé la plainte pour faire chanter la direction. «L’accusation a été utilisée pour faire pression sur la direction du Sofitel Diwan afin de réintégrer une femme de chambre licenciée pour faute grave (ndlr: insultes et comportement violent). Comment peut-on accuser un collaborateur de harcèlement sexuel et négocier son maintien dans l’entreprise?», s’interroge-t-on auprès de la direction d’Accor. Contacté par L’Economiste, Abdellah Fnatsa, membre du bureau régional de l’UMT et fervent défenseur des présumées victimes du harcèlement, affirme que M.K. a bel et bien «harcelé» les deux employées de l’établissement. «Nous avons porté plainte devant la police. L’instruction est en cours et le procès démarrera en novembre prochain», souligne-t-il. Quoi qu’il en soit, l’affaire a dépassé le simple cadre du travail, à partir du moment où une plainte en bonne et due forme été déposée auprès de la police.


Elément légal

Le harcèlement sexuel est réprimé aussi bien par le code du travail qui le considère dans son article 40 comme une faute grave, que par le code pénal. L’article 503-1 de ce dernier dispose: «Est coupable de harcèlement sexuel et puni de l’emprisonnement d’un an à deux ans et d’une amende de 5.000 à 50.000 DH, quiconque, en abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, harcèle autrui en usant d’ordres, de menaces, de contraintes ou de tout autre moyen, dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle». Mais il est bien difficile de trier une dénonciation calomnieuse d’un vrai harcèlement. Plus, il est bien difficile de trier la drague du harcèlement.Naoufal BELGHAZI

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