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    SOFAC: 18 % réservés aux petits épargnants

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    L'opération de privatisation de la SOFAC-Crédit est définitivement bouclée. Sur les 55,37% que détenait la CI)G, 35% ont été cédés à un noyau dur composé d'institutionnels, 18,37% seront mis en bourse. Les soumissions seront effectuées entre les 22 et 25 mars. Les quantités autorisées sont très limitées et n'intéresseront que les petits épargnants.

    LA privatisation de SOFAC-Crédit est sans surprise. Le plan de transfert choisi est habituel: noyau stable, une partie en bourse et une partie pour les salariés. Ce plan est considéré comme idéal par le ministre de la Privatisation. Le noyau stable a acquis 35% du capital de la société. Il est constitué d'Interfina (12,9%), des Assurances Al Amane (9,4%), de la CIMR (7,7%) et de la CNIA (5%). La notion de noyau stable "plural" est donc maintenue. Autant que possible, le département de la privatisation privilégie cette tendance pour éviter "l'accaparement".

    La partie mise en bourse présente une particularité; elle ne s'adresse qu'aux petits épargnants. En effet, l'offre d'achat doit porter au minimum sur 10 actions et au maximum sur 100. L'on se rappelle que pour la CIOR, par exemple, la fourchette était entre 25 et 15.000. L'offre de vente concerne 137.775 actions. L'attribution se fera selon le mode habituel: 10 actions automatiques par demande, le reste au prorata. La faible quantité mise en vente et le fait que SOFAC soit déjà cotée en bourse ont incité le Ministère de la Privatisation à limiter sa communication. Il n'y aura pas de campagne proprement dite. Seuls l'affichage et quelques communiqués de presse sont prévus.

    Les prix de cession ne sont pas officialisés. Selon certaines informations, ils attendent le visa de conformité de la commission de transferts. Mais, en tout cas pour la partie mise en bourse, le prix ne devrait pas différer du cours moyen qui est aux alentours de 250-260DH l'action.

    Une affaire saine

    La SOFAC a distribué le plus fort dividende au titre de l'exercice 1992 (18DH par action). Pourtant, les dividendes et tantièmes distribués n'ont atteint que 50,43% du bénéfice net qui est de 28,3 millions de DH. La société a privilégié de tout temps le renforcement de ses fonds propres, lui permettant un équilibre financier et une meilleure rentabilité. L'annonce par Bank Al-Maghrib de l'établisse ment de règles prudentielles pour les sociétés de financement devrait renforcer cette tendance. SOFAC-Crédit a une structure parfaitement équilibrée; Les fonds propres représentent près de 50% du total bilan, ce qui est supérieur à la moyenne du secteur. Ce résultat a été atteint grâce à une poli tique prudente s'appuyant sur deux axes: le maintien d'une partie des bénéfices au sein de la société et l'approvisionnement des créances douteuses. Les provisions à fin 1993 couvrent 83% des créances impayées. Ce pourcentage est très supérieur aux pertes réelles mais permet une gestion prudente du risque et surtout de lever toute hypothèque sur l' avenir en n'affichant que les bénéfices concrète ment réalisés.

    Les bénéfices augmentent alors que le marché a enregistré une certaine accalmie en 1992 et 1993.

    La SOFAC-Crédit est présente sur 3 créneaux:

    - le financement des véhicules;

    - le financement des équipements agricoles;

    - les prêts hypothécaires.

    Le premier créneau constitue ce pendant son marché essentiel. Or les immatriculations de voitures enregistrent depuis fin 1991 une baisse régulière. La concurrence des voitures d'importation se fait des plus vives, réduisant le champ d'action des sociétés de financement.

    32% en taux réel

    SOFAC intervient dans le financement des acquisitions de véhicules à hauteur de 40% des immatriculations. Elle est leader incontesté sur ce marché. Sa politique commerciale s'appuie sur un réseau de correspondants (courtiers d'assurance essentiellement) rémunéré par des commissions. Sa longue expérience lui a permis de fidéliser une large clientèle et d'opérer une sélection parmi ses "relais" en fonction de la qualité des dossiers qu'ils présentent.

    La fidélisation d'une partie de la clientèle a permis à la société de mettre à la disposition de des clients "haut de gamme" deux produits personnalisés: le crédit permanent et le crédit Revolving. Comme leur nom l'indique, il s'agit d'enveloppes globales mises à la dispositions de clients sérieux et solvables. Pourtant, à l'instar des autres sociétés de financement, les taux "SOFAC" ne sont pas des plus tendres. Le "taux" apparent est de 18,56% et le taux réel de 32,14%. En bons commerçants, les credit-men de ces sociétés avancent toujours le premier. Il correspond au total des intérêts, divisé par les annuités rapportées au capital. Or, pour avoir une comparaison avec le taux bancaire, par exemple, il faut appliquer le taux dégressif qui, lui, prend en considération les remboursements. Selon cette seconde méthode, on arrive à un taux de 32,14%, contre 12% aux guichets bancaires.

    Le plan de développement de la SOFAC prévoit une croissance régulière de 7% sur les 4 années à venir. Les besoins en crédits sont donc réels, et le fait que de "bons risques" - car les sociétés de financement ne prêtent qu'aux solvables elles aussi - acceptent ces taux montre la marge entre le système bancaire et la satisfaction de ces besoins.

    J.B.

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