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    Economie

    Sociétés de crédit: Pour des agréments plus sélectifs

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Une crise de confiance s'installe entre les sociétés de crédit et les vendeurs agréés. Ces derniers sont accusés de détourner l'objectif du crédit. Pour faire face à cette situation, les organismes de financement ont mis en place le crédit personnel et lancé une politique de sélection plus dure.


    Des mesures plus rigoureuses sont adoptées par les sociétés de crédit quant à l'octroi d'agréments aux vendeurs d'équipements domestiques. La raison invoquée: détournement de l'objectif du crédit. "Les crédits accordés à travers les vendeurs ne portent pas toujours sur des transactions effectives", accusent les opérateurs du crédit à la consommation.
    En outre, beaucoup de vendeurs majorent excessivement leurs prix et dissimulent leurs marges dans les mensualités payées par les clients, ajoute un autre. Ce qui renchérit le coût du crédit aux yeux des acheteurs. Par ailleurs, certains vendeurs acceptent l'ouverture de plusieurs dossiers de crédit en provenance de la même personne, même si la capacité du débiteur ne le permet pas. Ces demandes sont adressés par la suite à différentes sociétés de crédit. Ces dernières se disent désarmées face à cette situation. "Quand le client est éligible au crédit, la société de financement signe la lettre d'engagement sans pouvoir vérifier la viabilité de la transaction, ni la vérité des prix", précise M. Ahmed Torres, directeur-adjoint de la Sorec Crédit.
    Pour ce dernier, l'assurance de la bonne marche du crédit réside dans la sélection rigoureuse des vendeurs. En effet, avant l'obtention de l'agrément, le vendeur doit attester d'une bonne moralité, autrement dit ne pas avoir d'incidents bancaires ou de paiement. Une bonne situation géographique du local et une ancienneté dans le domaine du commerce sont aussi des atouts pour décrocher l'agrément.

    Fonds de garantie


    Au total, il existe plus de 1.400 vendeurs agréés par les différentes sociétés de crédit à travers le Maroc, est-il indiqué. Ce chiffre ne cesse de diminuer. Pour la Sorec Crédit, qui dispose de 250 vendeurs agrées, le nombre d'agréments accordés par an a baissé de 25%. Chez Taslif, et sur les 110 agréments accordés il y a quelques années, à peine une quinzaine sont maintenus. Somafic refuse également d'accorder des agréments aux petits vendeurs. Elle s'intéresse surtout aux grandes surfaces où elle a mis en place ses propres agents de crédit.
    Pour la plupart des sociétés de financement, le crédit personnel est l'un des moyens de lutter contre les vendeurs de mauvaise foi. En effet, les clients peuvent se présenter directement chez les sociétés de financement sans passer par un vendeur. Le crédit en question devient donc libre à l'utilisation.
    A travers leur association, les sociétés de crédit projettent de mettre en place une convention unique avec les vendeurs. Les mêmes dispositions seront appliquées alors avec l'ensemble des commerçants. En outre, une centrale d'information est aussi en projet. L'objectif est de contrôler les vendeurs et les inciter à respecter les conditions de crédit.

    Pour les professionnels du crédit, peu importe la quantité, c'est la qualité du vendeur qui importe. "Il s'agit d'accorder des agréments à des vendeurs actifs", précise M. Abderrahmane Khadiryene, directeur général de la Sorec Crédit. Un vendeur actif peut réaliser jusqu'à 50 dossiers de crédit par mois.
    Afin de couvrir le risque des impayés des clients bénéficiaires du prêt, les sociétés de financement effectuent un prélèvement sur chaque crédit accordé. Ce prélèvement est supporté par les vendeurs. Il permet de constituer un fonds de garantie. "Le vendeur est solidaire à hauteur de 25% du crédit", explique M. Torres.
    A la fin de chaque période (qui peut aller de 3 mois à une année), un équilibre doit être établi entre les prélèvements effectués et les impayés en cours.
    Si le cumul des prélèvements dépasse la valeur des impayés, la différence est restituée au vendeur. Dans le cas contraire, l'équilibre est rétabli sur la base des prélèvements de l'année suivante.

    Hicham RAÏQ

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