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Salon du livre de Casablanca
Sous-traitance: Les donneurs d'ordre vont sous d'autres cieux

Par L'Economiste | Edition N°:1704 Le 13/02/2004 | Partager

. La recomposition du secteur de l'édition en France y est pour beaucoup. Le faible coût de la main-d'oeuvre en Asie aussi. Des sociétés mettent la clé sous le paillassonL'activité de pré-presse ou de photocomposition n'est pas au mieux de sa forme. C'est le constat dressé par des professionnels de l'édition. Parmi les entreprises qui opèrent encore dans ce créneau (et qui se comptent sur le bout des doigts), la Société des arts graphiques maghrébins (Sagma) est, selon toute vraisemblance la seule qui tienne encore la route. “Nous sommes pratiquement les seuls sur ce marché”, assurent les responsables de Sagma. Et pour cause, la majorité des éditeurs qui sous-traitaient au Maroc se sont tournés vers d'autres pays où la main-d'œuvre est jugée moins chère (Chine, Madagascar, île Maurice, Singapour…), explique un ex-responsable d'une société d'édition qui s'est reconverti dans une autre activité. Le passage de Vivendi Universal Publishing (VUP), le pôle édition de Vivendi, dans le giron du groupe Lagardère (Hachette) en 2002 et le chamboulement de l'industrie du livre en France qui s'en est suivi expliqueraient en partie ces changements, poursuit-il. Cette acquisition de Hachette (surnommée la pieuvre) a créé un nouveau géant de l'édition (quasi-monopole en France et 3e groupe d'édition en Europe), obligeant les éditeurs indépendants et les petites structures à s'adapter à la nouvelle donne. D'où une course acharnée à la réduction des coûts pour survivre. Résultat, des sociétés marocaines ont été contraintes de mettre la clé sous le paillasson, comme c'est le cas pour Deltasigne, une filiale de Nord-Compo, qui a fermé il y a 2 mois. Le groupe français a opté pour Singapour où le même travail coûte quatre fois moins cher qu'au Maroc. Les responsables de Sagma, eux, se disent épargnés par cette mouvance. D'ailleurs, l'entreprise affirme avoir intégré une partie du personnel de Deltasigne. Aujourd'hui, elle compte quelque 350 salariés contre 4 en 1988 (date de création de l'entreprise). “Nous avons un atout de taille par rapport aux autres sous-traitants en Asie ou ailleurs: nous effectuons un travail complet à forte valeur ajoutée et pas seulement de la saisie”, soutient Abdelmajid Bennani, gérant de Sagma. “De plus, la proximité géographique et culturelle avec l'Europe et notre savoir-faire technique jouent pour nous. Sans oublier notre capacité de traiter plusieurs ouvrages par jour, de la saisie jusqu'au bon à tirer”, renchérit Chakib Mikou, cogérant. Sagma possède, selon ses deux responsables, tous les atouts pour des travaux spécialisés (traitement des dictionnaires, des textes juridiques et scientifiques rédigés dans plusieurs langues). Parmi leurs clients figurent notamment de grands éditeurs français comme Fayard ou le Centre national d'enseignement à distance (CNED), pour le compte duquel ils préparent les cours, distribués ensuite dans les quatre coins du monde. “Le Guide du routard, c'est également nous qui le traitons”, déclarent non sans fierté les deux gérants de Sagma. L'essentiel de leur activité est donc réalisé à l'export. “Nous avons une capacité de 10 à 15 livres par jour alors que la moyenne de production des maisons d'édition nationales se limite à quelque 20 à 30 titres par an et par éditeur”.L'activité de Sagma se situe entre l'édition et l'impression. Mais la concurrence des imprimeurs est montrée du doigt. “Chacun devrait s'en tenir à sa spécialité, son coeur de métier”, précise Bennani. Des clients s'adressent en effet directement à l'imprimeur par souci d'économie. “Ils contournent l'agence de communication ou de photocomposition pour des questions de coût, de commodité ou pour avoir un seul et unique interlocuteur”, reconnaît Redouane Mouhajir, infographiste, responsable Organisation et Flashage à la société Edit. “Nous faisons souvent face à des problèmes d'impression lorsque nous recevons le produit fini. C'est pour cela que nous préférons parfois effectuer tout le travail sur place”, explique-t-il. Selon lui, la sous-traitance n'est plus aussi rentable qu'auparavant. “Pour survivre, les éditeurs devraient se tourner vers le multimédia (CD-Rom, animation, conception de sites Web…)”.


Gros investissements

“Il faut avoir le métier, la capacité et le marché, ce qui n'est pas évident”, affirment les gérants de Sagma pour justifier le manque d'investissements dans le secteur. La société, installée à Casablanca, dispose de deux ateliers Mac et PC et dit investir dans des logiciels de pointe. “Nous sommes en train de migrer vers le système Oasys, dont le coût s'élève à un million et demi de dirhams environ. Cela nous permettra un gain de temps significatif”, est-il indiqué. “Face au renchérissement des coûts, nous sommes obligés d'augmenter la productivité”, soulignent les gérants. D'où les efforts de formation du personnel. Sagma recrute essentiellement parmi les bac+2 et plus. “Pour les travaux de relecture et de correction, les salariés doivent forcément maîtriser les langues”. La nature même du travail a évolué. Il est de plus en plus élaboré et les profils pointus. Cette année, les responsables de Sagma comptent participer à la foire de Düsseldorf (Allemagne), grand-messe des photocompositeurs du monde, qui se tiendra en mai prochain. Aziza EL AFFAS

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