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Salon du livre de Casablanca
Soutien à l'édition: Peut mieux faire!

Par L'Economiste | Edition N°:1704 Le 13/02/2004 | Partager

. 132 livres et revues subventionnés entre 1999 et 2002. Pour 2003, 77 ouvrages et 25 maisons d'éditionMaigre. Le soutien gouvernemental à la production du livre est jugé insuffisant par des éditeurs. «Certes, la politique de soutien est devenue plus fluide et plus agressive que par le passé, mais ce n'est pas assez», estime Camille Hoballah des éditions Afrique-Orient. Même son de cloche du côté de la maison Yomad dont la fondatrice, Nadia Essalmi, pense que la politique de soutien est non seulement insuffisante mais en plus «peu claire». A ses yeux, les critères d'éligibilité ne sont pas souvent bien explicites. «Des éditeurs se voient refuser des manuscrits sans en comprendre vraiment les raisons», dit-elle. Elle parle en connaissance de cause puisqu'elle affirme avoir essuyé, à deux reprises, un refus qu'elle juge non justifié. L'aide consentie par le ministère de la Culture dans le but d'encourager la production du livre et sa consommation consiste en un soutien à l'édition du livre marocain à caractère culturel. Concrètement, il s'agit d'une couverture à hauteur de 50% des frais d'impression uniquement. En contrepartie, l'éditeur s'engage à baisser le prix de vente de 50%. Cette aide déterminée au cas par cas par un comité de lecture, qui se réunit deux fois par an (en janvier et en juin), a permis l'édition de 132 livres et revues de 1999 à 2002. L'enveloppe consacrée à ce soutien s'est élevée à 2.879.365 DH (jusqu'à fin 2002). Pour 2003, ce sont 77 manuscrits (60 livres et 17 revues) qui ont été subventionnés: 34 lors de la session de janvier pour une valeur de 723.500 DH, dont ont profité 12 maisons d'édition. Et 43 manuscrits (33 livres et 10 revues) en juin pour une enveloppe de 1,055 million de DH répartie entre treize éditeurs. Par ailleurs, pour encourager la lecture, le ministère de la Culture édite lui-même des livres qui sont commercialisés à petits prix: ouvrages de la Collection Monumenta, Le Premier Livre ou Enfants et jeunesse... Des éditeurs voient d'un mauvais oeil cette initiative. «C'est de la pure concurrence. Le ministère n'a pas à jouer le rôle d'éditeur», tonnent-ils. Et d'ajouter: «S'il veut inciter à la lecture et baisser les prix, il n'a qu'à mieux soutenir les professionnels du livre». Autre type de soutien de la part du ministère de la Culture, l'achat d'ouvrages. A chaque nouvelle parution marocaine, le ministère achète 100 exemplaires participant ainsi à l'approvisionnement d'espaces publics de lecture. Sur la période 1999-2002, il a acheté pour l'équivalent de 15.120.408 DH. C'est encore une fois, «maigre!», déplorent des éditeurs qui avancent, à titre de comparaison, l'exemple du Caire où l'Etat achète jusqu'à 1.000 exemplaires de tout nouvel ouvrage. Ou encore la Tunisie où 500 exemplaires sont acquis par le ministère de l'Education et 300 par celui de la Culture. Il faut croire que dans ces pays, les tirages sont beaucoup plus importants.


Des idées pour impulser la production

Des éditeurs, conscients du petit budget de la Culture, suggèrent d'autres pistes pour mieux soutenir la production de livres. Pour les uns, il s'agit de trouver des formules permettant d'alléger le poids de la fiscalité supportée par les éditeurs. «Pourquoi pas une exonération pendant les cinq premières années d'exercice?» avance Abdelkader Retnani qui déplore que les éditeurs soient assimilés, sur ce registre, à de simples commerçants. Dans le même ordre d'idées, Camille Hoballah estime que les libraires méritent également d'être encouragés. Pour d'autres, la solution pour promouvoir le livre est à rechercher du côté des communes et collectivités locales. «Et si nos communes mettaient la main à la poche et participaient à l'approvisionnement des bibliothèques», suggère Retnani. Nadia Essalmi des Editions Yomad, qui abonde dans le même sens, préconise le développement des bibliothèques de quartier et donc une implication plus significative des pouvoirs publics. Par ailleurs, la responsable de Yomad qui salue l'initiative du secrétariat d'Etat chargé de la Jeunesse (lancée sous le thème «Donnez envie de lire, offrez des livres») s'étonne de la formule adoptée pour inciter les jeunes à la lecture. Celle-ci porterait, selon elle, préjudice aux éditeurs. «Ne pouvait-on pas dégager un budget pour acheter des ouvrages à offrir au lieu de chercher à les avoir gratuitement?» s'interroge-t-elle. Elle affiche la même indignation quand elle parle du SIEL (Salon international de l'édition et du livre, à Casablanca, du 13 au 22 février) dont elle désapprouve l'entrée payante. «C'est déjà un grand frein à la réalisation de l'objectif recherché d'une telle manifestation, à savoir l'incitation à la lecture», souligne-t-elle. Enfin, des professionnels du livre souhaitent que les pouvoirs publics accordent plus d'attention à la participation du Maroc aux événements culturels étrangers (salons du livre par exemple). Selon Camille Hoballah, «le stand réservé au Maroc ne fait généralement pas honneur à notre pays, à sa culture et son histoire».K. E. H.

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