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Politique

Salafia Jihadia: Armes, faux passeports et sorties «punitives»

Par L'Economiste | Edition N°:1557 Le 09/07/2003 | Partager

. Au rythme où vont les auditions, les verdicts pourraient être prononcés avant la fin de la semaine . Un des prévenus utilise le terme «dabba« (tdlr: monture) pour désigner le véhicule volé à une de leurs victimes!Les auditions des 31 prévenus dans l'affaire de la Salafia Jihadia se sont poursuivies dans la soirée du lundi et hier mardi. Infatigable, le juge Lahcen Tolfi a multplié les séances(1). Le fait marquant de la soirée du lundi dernier fut sans conteste les déclarations de Mustapha Karimi. De petite taille, cheveux longs et barbe fournie, ce jeune du nord qui a été condamné en 2001 par le tribunal de Nador à 30 ans de prison, a tout déballé. «Nous avons surpris un homme et une femme nus dans une voiture. Nous les avons séparés et battus avant de prendre leur dabba”. Karimi a curieusement recours à un mot puisé de l'arabe classique et utilisé dans la péninsule arabe du VIIe siècle pour désigner «voiture«. Il cite quatre autres personnes avec lesquelles il entreprenait ses sorties «punitives«: Youssef Fikri, Mohamed Damir, Abdelmalek Bouzekrane et Youssef Addad. Les quatre visaient, selon l'expression de Karimi, «les lieux de débauche«. Karimi est devenu musulman pratiquant en 1996. Avant, il avoue avoir été «un criminel et un voleur«. En tout, il a reconnu avoir participé à cinq opérations qui, selon lui, «sont des actes légitimes puisque inspirés par la chariaa«. La première a été menée contre un couple dans une Peugeot 205 à Mehdia. Karimi s'en est alors pris à la Cour en traitant la loi «de criminelle puisqu'elle condamne des actes dictés par la Chariaa«. . Actes légitimesDans plusieurs auditions, il a été question de voitures volées, d'armes qui circulent entre «frères«, de faux passeports et d'autres objets dont une tenue de gendarme et trois carabines que Fikri a affirmé avoir confiées à Rachid Amrir. Tout en précisant qu'Amrir ne connaissait pas le contenu des sacoches qui lui ont été confiées. Il est presque 22 heures, Noureddine Gharbaoui, 30 ans, est appelé à la barre. «Je fumais du haschich et buvais de l'alcool. La religion fut l’ultime moyen pour sortir du cycle vicieux de l'accoutumance. J'ai alors découvert l'islam comme une religion d'amour et de compassion et non de violence«, dit-il sur un ton ferme. Son langage et ses allusions répétées à sa vie de débauche faisaient rire l'audience tout autant que les prévenus. Le premier contact de Gharbaoui avec Fikri fut, comme il l'affirme, dans un marché aux puces. «Il m'a vendu deux téléphones portables et deux montres«, explique Gharbaoui qui s'adresse au juge sur le ton de la confidence. Les auditions de Hassan Machichi et de Houssin Baghachi ont particulièrement porté sur l'endoctrinement. Youssef Fikri et Mohamed Damir étaient «des camarades de classe« dans une école coranique. Machichi leur apprenait le Coran. «Sans plus«, tient à préciser ce dernier. D'autres prévenus ont été accusés d'avoir eu recours à la propagande des principes de la Salafia Jihadia par le biais de cassettes et de livres distribués gratuitement. Tout au long des auditions, Mohamed Damir et dans une moindre mesure Youssef Fikri se sont vu presque régulièrement appelés à des confrontations avec certains prévenus. Damir, blessé à la jambe lors de son arrestation à Sidi Moumen, a commencé à râler. «Tout le monde connaît Damir. Mais moi je ne connais personne«, ironisa-t-il. Quant à Fikri, il est resté fidèle à sa demande formulée à la Cour de lui permettre de s'adresser pendant 5 minutes à l'audience. Il n'acceptait qu'à contrecœur les confrontations exigées par la défense. Mostafa BENTAK----------------------------------------------(1) A l'heure où nous mettions sous presse, sept personnes du groupe dit de Youssef Fikri attendent d’être auditionnées.

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