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    Economie

    Routes rurales : Les travaux lancés pour 135 opérations

    Par L'Economiste | Edition N°:193 Le 17/08/1995 | Partager

    La première tranche des routes rurales compte 195 opérations et sera réalisée en 1995-96. Le chiffre d'affaires global de 1,3 milliard de DH contribue à la relance des entreprises BTP. L'objectif est le désenclavement des régions reculées du pays.


    Le programme national de construction des routes rurales a été adapté dans le but de promouvoir l'emploi dans le cadre de la campagne d'atténuation des effets de la sécheresse. Il a ainsi été orienté vers les techniques à haute intensité de main-d'oeuvre et l'utilisation de matériaux locaux. Il s'agit notamment de murs de soutènement en maçonnerie en pierres sèches, de travaux d'assainissement, tels qu'ouverture de fossés, calibrage d'oueds, de travaux de déglaissement avec apport de matériaux de viabilité et enfin de protection de plates-formes ou d'ouvrages d'art.
    Le programme permettra ainsi la création de 1,3 million de journées de travail en main-d'oeuvre locale. La part des salaires représente plus de 30% du coût des travaux de construction des pistes et 17% des coûts de construction des routes revêtues.

    La première tranche de ce programme qui sera réalisée en 1995/96 prévoit 195 opérations totalisant un linéaire de 3.020 kilomètres pour environ un coût global de 1,3 milliard de DH. Près de 135 opérations de cette première tranche ont été adjugées. Plus d'une cinquantaine d'entreprises y travaillent. Ces opérations correspondent à un linéaire de 1.500km. Elles seront réalisées, en 1995, avec un coût de 630 millions de DH. Les 60 autres opérations seront lancées avant la fin de l'année 95 et seront exécutées en 1996.
    En plus du programme de forage de puits et du programme des 200.000 logements dont une première tranche de 48.000 logements a été lancée le 13 juillet, le programme des routes rurales constitue une relance pour les entreprises de bâtiment et travaux publics.

    Déficit des réseaux routiers


    Le réseau des pistes non revêtues desservant le monde rural représente environ 38.000km. Ces pistes constituent souvent le maillon manquant pour relier dans de bonnes conditions la commune, le douar, la zone de production agricole, la zone touristique... au chef-lieu de la province et par delà à toutes les régions du Royaume.
    Ces 38.000km de chemin non aménagé sont à comparer aux 30.000km de routes revêtues. Près de 80% de ces chemins ne comportent aucun aménagement destiné à garantir la pérennité de la circulation et à assurer au citoyen un coût d'usage équitable. De plus, les intempéries les rendent totalement impraticables sur 30% de leur longueur pour des périodes supérieures à 30 jours par an.
    Les déplacements assurés par ces pistes concernent principalement les relations "domicile/souk" et "domicile/chef-lieu administratif. Des enquêtes, réalisées en 1993, ont permis d'évaluer la demande de transport en milieu rural à 312 millions de déplacements individuels motorisés et à 9,5 millions de tonnes de marchandises transportées par an. A cela s'ajoutent 200 millions de déplacements hippomobiles. Chaque actif en milieu rural effectue, tous modes de transport confondus, un déplacement lors de chaque jour d'un souk situé dans le voisinage et quatre déplacements par semaine vers le chef-lieu de sa commune.

    Mobilité des ruraux


    Il est jugé par les services de l'Administration des Routes que le niveau de service des voies de communications est un facteur favorisant la mobilité de la population rurale. En effet, les communes desservies par des chemins non aménagés présentent en général une mobilité très faible de leurs habitants. Celle-ci est de 7,2 déplacements motorisés par habitant et par an comparés aux 22 déplacements motorisés par habitant et par an constatés sur l'ensemble des communes rurales. A titre de comparaison, en milieu urbain le nombre des déplacements motorisés est approximativement de 300 pour des villes dotées d'un réseau de transport collectif telles que Casablanca et Rabat.
    Routes rurales ou routes de désenclavement ont un objectif de développement du monde rural. Une enquête lancée auprès des communes rurales les plus pauvres a montré que la route constitue l'une des toutes premières priorités des populations de ces zones. En effet, lorsque l'accès routier est inexistant, il est difficile d'assurer dans de bonnes conditions le transport des élèves et des malades vers les établissements situés dans les chefs-lieux de cercle ou de province.
    Par ailleurs, la construction des routes rurales doit contribuer à élever le pouvoir d'achat des populations en réduisant le prix du transport. Dans les zones enclavées, une étude a montré qu'en période hivernale les prix par rapport au chef-lieu de province atteignent 78% de plus pour le gasoil, 80% pour une bouteille de gaz, 43% pour l'huile, 45% pour le sucre en pain, 66% pour la farine. Même en dehors de la période hivernale, les prix de ces produits de base sont plus élevés de 10 à 20%.

    Laïla TRIKI


    Nouvelle politique pour les études


    Dans le souci de la réalisation du programme d'études des routes rurales dans de bonnes conditions de qualité et de délai, la Direction des Routes a étudié en concertation avec l'AMCI (Association Marocaine du Conseil et de l'Ingénierie), une démarche particulière. Celle-ci vise une meilleure adaptation aux besoins des routes locales et une réduction des délais d'études.
    Trois mesures ont été prises. La première consiste à regrouper les études de manière à ce que le linéaire par marché se situe autour d'une soixantaine de kilomètres. Le but est de permettre aux bureaux d'études de mieux préparer leurs offres et d'optimiser l'intervention de leurs équipes.
    Deuxièmement, les bureaux d'études ont été incités à constituer un carnet de commandes localisé géographiquement de façon à réduire leurs coûts de production et à éliminer la concurrence anarchique qui se fait au détriment de la qualité, est-il jugé par les responsables de la Direction des Routes.

    La troisième mesure a porté sur la révision de la procédure d'adjudication des études du programme en liaison avec l'AMCI afin de favoriser les bureaux d'études qui se sont dotés d'un personnel qualifié et utilisent des moyens informatiques performants.
    Un programme complémentaire d'étude de 38,5 millions de DH, étalé sur 3 ans, a été par ailleurs lancé.
    Enfin, d'autres dispositions ont été adoptées telles que la transmission des avis d'appels d'offres à l'AMR (Association Marocaine des Routes) dont le montant dépasse 2 millions de DH et la mise en place d'une cellule centrale pour le suivi du plan de charges des entreprises et des problèmes éventuels qu'elles auraient dans les différentes provinces, l'objectif étant de favoriser le développement de l'entreprise routière marocaine.
    Les opérations du programme ont été amendées et validées par les élus et par les autorités locales et ont fait l'objet d'un accord-cadre sur toute la période de réalisation. "Il est normal que chaque commune veuille obtenir la part de lion de ce programme. Mais ce dernier est si vaste que l'ensemble des communes ont été satisfaites", explique un responsable de la Direction des Routes.
    Enfin, le financement nécessaire pour la réalisation de ce programme est de 730 millions de DH par an. Il est assuré par une taxe sur les carburants dont le produit est estimé à 460 millions de DH, par des cofinancements de projets par les collectivités locales estimés à 100 millions de DH et par les ressources du Budget général de l'Etat à concurrence de 170 millions de DH.

    Laïla TRIKI.

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