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    Risques d’incendie
    Les conseils des experts

    Par L'Economiste | Edition N°:2770 Le 06/05/2008 | Partager

    . Extincteurs, portes et escaliers de secours pas suffisants. Former le personnel avant toutL’incendie de Lissasfa, le plus meurtrier au Maroc, a fait ressurgir la question de la sécurité sur le lieu de travail. Ce drame, qui a fait plus de 56 victimes, a de nouveau souligné le besoin de vigilance, de planification et de préparation dans la gestion de l’imprévu. Pour éviter de telles catastrophes, la lutte contre l’incendie devrait figurer en bonne place dans l’ensemble des mesures visant à améliorer les conditions de sécurité des locaux de travail. «La sécurité incendie est antinomique à la sécurité des biens. Pour éviter d’être volé, il faut tout cadenasser. Si on ne veut pas brûler vif, il faut tout ouvrir», indique Xavier Faussurier, ingénieur et consultant en sécurité à Civis Pacem, une société française spécialisée dans la sécurité. La première approche dans la sécurité incendie est l’évaluation des risques.Il faut d’abord classer le bâtiment. Est-il censé recevoir un public qui, en cas d’incendie, ne connaît pas les issues de secours? Est-ce que c’est une usine qui utilise des matières dangereuses ou inflammables? A partir de là, il sera possible de mettre un système de diagnostic stratégique sur la sécurité des entreprises ou des usines. Ce mécanisme va permettre de faire ressortir les forces et les faiblesses propres à chaque bâtiment. Il sera alors plus simple de rectifier les anomalies. Dés qu’il y a une configuration problématique, des sous-sols, un immeuble en hauteur, une acuité du risque plus importante, il faut prendre des mesures de sécurité supplémentaires, prévoir une formation particulière des personnels, des issues de secours en plus ou une veille permanente. S’il y a des handicaps structurels ou de vulnérabilité avec des matières inflammables, une organisation adaptée est nécessaire: «Dans ce cas, soit on ne veut prendre aucun risque et on met ce type d’activité dans un R ou R+1. Ou bien on met en place des mesures de sécurité supplémentaires qui permettent d’éviter la catastrophe, si jamais le feu se produit», ajoute Faussurier. D’après lui, pour les bâtiments existants et qui abritent des activités à risque, Il est difficile de dire qu’il faut tout raser. Il y a des objectifs de rentabilité économique. Il faut donc conjuguer la poursuite de l’activité dans des conditions de sécurité et essayer d’adapter l’existant en tenant compte des priorités les plus absolues. Par exemple, si un produit dangereux est utilisé, il faut absolument avoir un local dédié.Les solutions organisationnelles et techniques qui permettent de conjuguer tout ceci existent. Il faut de l’ingénierie, de la formation, l’audit qui soutient toute cette démarche et surtout une forte volonté. Après l’évaluation des risques, il faut voir la question de la prévention. Comment prévoir, anticiper et éviter le risque incendie? Puis mettre en place les éléments d’extinction automatique ou les équipements de première intervention tels que les extincteurs. «La plupart du temps, les extincteurs sont là pour la forme et pour obéir aux normes. Et former les gens à les utiliser n’est pas suffisant», confie Ahmed Bouzidi, DG de Stop Fire et membre de la commission PME/PMI à la CGEM.Un extincteur doit pouvoir être manipulé par tout le monde. Les extincteurs utilisés auparavant pesaient 9 kg. Aujourd’hui, ils sont moins lourds (6 kg), donc plus faciles à manipuler. La palette des mesures de sécurité, ce n’est pas seulement l’extincteur, la porte et l’escalier de secours. Ce qui manque, c’est une formation sur la prévention incendie, l’extinction et l’évacuation, et surtout l’apprentissage des gestes qui sauvent.Il est primordial de former tout le personnel de l’entreprise aux actions de la sécurité.Cette formation ne doit pas se limiter aux employés. «Les directeurs et gérants doivent être formés au management des risques. Du risque mineur au risque majeur», ajoute Faussurier.La formation doit être conjuguée à la simulation pour acquérir les automatismes de réactivité. Le choix du matériel est tout aussi important. «On a beau former les gens, les sensibiliser à avoir ces automatismes, si le matériel ne répond pas au bon moment, on a rien fait», indique Bouzidi. L’inapplication des dispositions légales est un autre problème de la sécurité sur les lieux du travail. Les lois existent, ce qui manque c’est le suivi et l’application. «C’est dire la gravité du cumul de situations de dangerosité, de vulnérabilité d’incendie, de mauvaise organisation, d’absence de formation et d’insouciance… qui peuvent mener à la catastrophe», déplore Faussurier. S’il y a eu cet incendie et tous ces morts, c’est que quelque chose ne va pas. Un départ de feu comme celui de Casablanca doit être traité dans la minute, avec des gens formés, qui ne fuient pas. Il faut arriver à travailler dans une logique de responsabilité où chacun doit jouer son rôle de détection, d’alerte, voire d’intervention.


    Les gestes qui sauvent

    En cas d’incendie, il faut en limiter les effets pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs et pour sauvegarder le maximum de biens. Les moyens de défense contre l’incendie ne s’improvisent pas. Pour vaincre le feu avec un minimum de dégâts, il importe surtout d’agir vite. Trois actions principales doivent avoir lieu de façon simultanée: - Réaction rapide et appropriée du personnel d’intervention interne pour circonscrire ou contenir le début de l’incendie dans l’attente de l’intervention des secours extérieurs,- Alerte des secours extérieurs,- Déclenchement de l’évacuation du personnel, sans précipitation, dans le respect des consignes et des procédures.Il est ensuite primordial de faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers. Saad Souleymane BOUHMADI

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