×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Retro 2003
Deuxième examen de passage pour l'industrie locale

Par L'Economiste | Edition N°:1674 Le 31/12/2003 | Partager

. Une nouvelle baisse des droits d'importation de 10% interviendra le 1er mars 2004. Après celle de 2003 et la suppression des prix de référence, la globalisation s'accélère. Les industriels demandent de la vigilance sur les règles d'origineAlors qu'ils ont fini l'année à fixer leur artillerie sur les produits chinois, les industriels marocains vont devoir se soumettre à un nouvel examen de passage avec la deuxième baisse des droits d'importation (à ne pas confondre avec les droits de douane) de 10% sur les produits originaires de l'Union européenne le 1er mars prochain. La grande nouveauté est que le bénéfice de l'accord d'association change de périmètre avec l'adhésion à l'UE des pays de l'Europe centrale en mai prochain. C'est une concurrence additionnelle dont il faudra tenir compte. Par ailleurs, les industriels insistent en particulier sur les règles d'origine car l'industrie mondiale étant organisée en un vaste atelier planétaire, le made in EU peut ne pas vouloir signifier grand-chose malgré les garde-fous définis à cet effet. Rares sont les produits dont les composants proviennent entièrement de la même zone géographique. En filigrane, c'est le risque de détournement de règles d'origine par rapport aux produits fabriqués dans les usines asiatiques que soulèvent les associations professionnelles. . Le montage industriel en question La première réduction des droits est intervenue en mars 2003, avec dans la foulée, quatre mois plus tard, la suppression des prix de référence, qui formaient la deuxième ligne de défense de l'industrie locale. L'échéancier découlant de l'Accord d'association avec l'UE étale la déprotection douanière sur dix ans à raison de 10% l'an. En 2012, ce processus arrivera à terme et les produits industriels européens seront complètement affranchis de droits d'importation. Ce qui est sûr, c'est que l'ouverture des frontières a sonné le glas d'un modèle économique qui a permis à plusieurs secteurs de prospérer à l'abri de la concurrence internationale pendant des décennies. Le tout, au dépens du consommateur qui n'avait pas beaucoup de choix. Avec le recul, cette “économie de rente”, selon l'expression du président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Hassan Chami, s'avère presque un cadeau empoisonné. Faute de se frotter à meilleur qu'elles, beaucoup de firmes n'avaient pas de repère de comparaison de leur performance. Elles vont devoir découvrir la globalisation en dehors de colloques et séminaires et il faut craindre que le réveil ne soit douloureux pour des centaines de PME/PMI. Beaucoup de gens, y compris à la Fédération des PME/PMI, conviennent que le risque de mortalité de certaines entreprises relève d'une hypothèse plausible. Celles qui ne seraient pas mises à niveau vont souffrir, voire disparaître, concède Hammad Kassal, président de la Fédération des PME/PMI de la CGEM. Parmi ceux qui vont se battre, on notera toute l'activité de montage industriel, notamment la carrosserie automobile, l'électroménager, le petit outillage, le mobilier de bureau, et une série de produits mécaniques, électriques, etc. Sont concernés également, le matériel électrique, les pièces de rechange, les composants destinés à l'automobile, etc. Mais la liste n'est pas exhaustive. Dans l'industrie de l'habillement, les sociétés qui produisent pour le marché local vont devoir souffrir. La menace vient surtout de pays d'Europe centrale qui disposent d'une grosse industrie de textile et d'habillement mieux intégrée que celle du Maroc avec en prime, une meilleure productivité et des coûts d'intrants plus compétitifs. En revanche, elles peuvent compenser, par la baisse des prix des importations des tissus provenant de l'Europe.. Réajustement stratégique dans l'électroménagerPour les consommateurs, les effets de la baisse des droits d'importation est visible dans l'éventail des choix, mais aussi sur les prix. Des produits moins chers aux frontières signifient plus de concurrence et un meilleur rapport qualité-prix à la sortie. Ce schéma est particulièrement lisible dans le secteur de l'électroménager. La prochaine baisse des droits d'importation va sans doute contribuer à accentuer les hostilités entre les grandes marques représentées au Maroc. Déjà la première révision de mars 2003, suivie de l'abolition des prix des références l'été dernier, les avaient poussées à revoir leur politique de prix. La bataille se concentre désormais sur les réfrigérateurs, les lave-linge, les cuisinières et les téléviseurs de dernière génération, chaque enseigne voulant préserver sa position sur le marché. On a également assisté à une course d'image et à la quête d'avantages compétitifs par le repositionnement presque simultané sur les articles haut de gamme. Faute d'économies d'échelle, les sociétés de montage local conscientes qu'elles ne peuvent rivaliser avec les immenses cathédrales industrielles implantées en Asie (la Chine en compte plusieurs dizaines) et en Europe. Elles ont procédé à un réajustement stratégique en panachant leur portefeuille par l'importation et les articles fabriqués sur place avec des composants locaux. De toute façon, la concurrence frontale avec les majors mondiales était perdue d'avance dans une industrie où le point mort se chiffre à des millions d'unités par an. Sans compter le différentiel de productivité en défaveur des opérateurs locaux. Sauf à imaginer une explosion de la demande, la monte locale de produits électroménagers serait condamnée à long terme. Le maintien d'une activité industrielle dans ce domaine passerait par l'adossement à des groupes mondiaux, une option qui ouvrirait alors aux sociétés marocaines des débouchés au-delà des frontières. A ce jour, l'impact économique de la suppression des droits de douane sur les importations de produits d'origine européenne n'a jamais été quantifié. Une étude confiée à un groupement de consultants européens avait été diligentée par le gouvernement il y a deux ans avec le soutien financier de Bruxelles. En principe, les premières évaluations de ce qui attend les industriels marocains devraient intervenir en 2004, du moins, si le calendrier est respecté. La seule incidence cernée concerne la moins-value budgétaire à court terme. Ce qui renseigne un peu sur la hiérarchie des priorités.


Changement en profondeur de la fiscalité locale

La réforme des impôts locaux est l'un des grands travaux inscrits à l'agenda du gouvernement en 2004. Les petits ajustements introduits dans la loi de Finances et qui ont touché la base de la patente, la taxe urbaine ont été disparates. Pas assez pour élaguer tout ce qui gênait l'investissement et la compétitivité de l'entreprise. Le Premier ministre voudrait que l'on procède à un toilettage en profondeur et cohérent, en veillant cependant à ne pas trop déstabiliser les finances des collectivités locales. L'exercice n'est pas facile car cette réforme concerne plusieurs départements qui n'ont pas forcément tous les mêmes intérêts. Certains arbitrages vont être douloureux, prévient un expert-comptable, fiscaliste. Mais c'est le prix à payer pour assurer la cohésion entre la fiscalité centrale et les impôts locaux.Abashi SHAMAMBA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc