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Remorqués par l'ODEP d'Agadir à Jorf Lasfar : Pêche hauturière: 3 bateaux chavirent

Par L'Economiste | Edition N°:111 Le 06/01/1994 | Partager

Les conséquences de la crise de la pêche hauturière resurgissent. Après l'incident de mars causé par les bateaux immobilisés au port d'Agadir, l'ODEP a décidé de "nettoyer" ce port. Suite à une procédure judiciaire, l'Office s'est chargé du remorquage d'une vingtaine d'unités au port de Jorf Lasfar. Cependant, une fois amarrés, trois ont chaviré.

L'ODEP (Office d'Exploitation des Ports) a pris en charge le déplace ment des chalutiers de la pêche hauturière immobilisés au port d'Agadir. L'opération s'est soldée par un échec. En juillet dernier, le Ministère des Travaux Publics a obtenu un jugement du tribunal d'Agadir pour le transfert des chalutiers stationnés au port de cette même ville "aux frais et risques du propriétaire" comme le prévoit le Dahir de mai 1961 relatif à la police des ports maritimes de commerce. En effet, ces bateaux présentaient une gêne pour la navigation dans ce port.

Un appel d'offres pour voir

L'Office prend également en charge la préparation des arrêts biologiques successifs de la pêche hauturière, périodes durant lesquelles un repli de près de 300 chalutiers est observé. Les décisions judiciaires ont été également prises suite à l'accident de la nuit du 15 au 16 mars 1993: après une tempête, l'ODEP a dû larguer 10 bateaux qui avaient "rompu leurs amarres".

L'ODEP avait alors lancé un appel d'offres pour le remorquage de 22 chalutiers sur un total de 42 immobilisés. Trois sociétés de remorquage, SCRA, Offshore Maroc et Sirène ont souscrit. Cependant, il n'y a pas eu de suite à ce marché. L'ODEP, sur ordre du Ministère des Travaux Publics, s'est chargé du remorquage de ces bateaux.

Pour l'Office, les frais évalués par les sociétés de remorquage d'environ 3 à 4 millions de DH ont été jugé élevés, surtout qu'une partie des montants devait être débloquée dans une première étape par le Budget de l'Etat. Les dirigeants des entreprises privées de remorquage affirment que "l'ODEP par cet appel d'offres ne voulait qu'avoir une idée sur leurs techniques de remorquage en haute mer et d'amarrage des chalutiers".

Du mois d'octobre à fin novembre, l'ODEP a mobilisé la quasi totalité de ses remorqueurs et a même fait appel à la société Sirène pour cette opération. Près de 12 transferts ont été effectués puis l'opération a dû être arrêtée. Motif: trois chalutiers ont chaviré. Entre-temps, 6 chalutiers ont été repris en charge par leurs armateurs avant leur transfert. Le reste est encore amarré au port d'Agadir.

Les bateaux remorqués sont actuellement amarrés en cale sèche (quai d'entretien des bateaux) au port de Jorf Lasfar. Les dirigeants des sociétés privées avaient quant à eux pro posé de les mouiller (ancrer). Ces derniers jugent que l'emplacement choisi n'est pas judicieux. De l'avis de tous les intervenants, les bateaux ne sont pas amarrés mais "encastrés". Les chocs des uns contre les autres les endommagent. De son côté, l'ODEP affirme qu'il ne peut bloquer ses quais commerciaux pour "stationner" ces chalutiers. "Une solution-citmetière pour les épaves devrait être trouvée, puisque la période des vaches grasses pour le secteur de la pêche hauturière est révolue".

30 centimes à la ferraille

Les deux premiers chalutiers "coulés" n'étaient pas assurés. Ils appartiendraient à la Somamer, entreprise mise en faillite. Le troisième bateau qui a chaviré est quant à lui un bien de la Sonarp. Il est assuré par la Sanad.

Pour l'ODEP, si Oasis5 a chaviré, la cause doit être imputée à l'absence de la maintenance, au niveau même du port d'Agadir. De l'avis des dirigeants de la Sonarp, la raison avancée par l'Office n'est pas convaincante. En effet, celui-ci a effectué une expertise en vue de s'assurer de l'état de navigation des bateaux avant leur remorquage. Les dirigeants de la Sonarp répliquent: "c'est plutôt les mauvaises conditions d 'amarrage qui ont fait chavirer le bateau" . Actuelle ment une expertise est en cours pour déterminer les responsabilités dans cet accident. Pour évaluer le coût de renflouement d'un des chalutiers, on peut citer celui de Faris El Foursan de la Somamer (qui a coulé en août dernier au port d'Agadir) et qui s'est élevé à 1 million de DH. "Les frais auraient été moindres si I 'Office avait fait appel à des sociétés spécialisées", indiquent les professionnels mettant l en avance leurs nombreuses années l d'expérience. L'ODEP de son côté rectifie le tir: "Nous disposons de 16 remorqueurs et de cadres formés en ce sens. Nous avons à plusieurs reprises effectué le remorquage de bateaux prestigieux". Le grand perdant dans cette histoire serait la Caisse Centrale de Garantie. Avant leur remorquage, ces bateaux, selon des professionnels, disposaient d'une va leur vénale. Aujourd'hui, ils ne pourront se vendre qu'à 30 centimes le kilogramme à la ferraille.

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