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Economie

Rapport Banque mondiale
Le Maroc se laisse dépasser

Par L'Economiste | Edition N°:2256 Le 17/04/2006 | Partager

. Sur le long terme, l’économie décroche. Les rendements sont trop faibles. L’agriculture plombe tout le paysOn a les ingrédients, on a la recette, mais il nous manque ces chefs cuisiniers qui nous fabriqueront une détonante croissance. C’est en gros le message du mémorandum de la Banque mondiale (cf. L’Economiste du vendredi 14 avril, www.leconomiste.com).Le trend de la croissance est une «énigme» car malgré les réformes économiques, les taux restent erratiques. L’agriculture continue de représenter une part importante du PIB sans pour autant avoir réussi son industrialisation, elle plombe le pays. Donc de cette branche provient une part importante de la richesse nationale, mais n’enrichit pas tous ceux qui y travaillent: 1,5 million de petits agriculteurs vivent des cultures céréalières. Toutefois, dans les discours officiels, il y a une remise en cause de la vision agricole. Le Rapport du Cinquantenaire sur le développement humain le souligne bien quand il utilise la formule capitale: l’agriculture est «une option devenue hypothèque». C’est un tournant important dans l’approche, sinon dans les faits.Entre 1970 et 2004, indique le rapport, la croissance du PIB par habitant est faible: elle est en-dessous de 2%. «Cette situation est particulièrement préoccupante car ces taux de croissance modestes ne suffisent pas à réduire de manière significative le chômage et la pauvreté», explique le rapport de la Banque mondiale.Enfin, ces performances médiocres empêchent le Maroc de «converger vers les économies des pays voisins plus riches ou de rivaliser avec celles des pays émergents, comme la Chine».Il y a quarante ans, la Chine avait un revenu par habitant cinq fois plus bas que le Maroc, mais le rapport s’est inversé à la fin des années 90. Aujourd’hui, le revenu par habitant chinois est supérieur de 20%.Cela vaut pour la comparaison avec la Corée du Sud, aujourd’hui deux cents fois plus riche que le Maroc. Il y a quarante ans, un Coréen gagnait 60 dollars, aujourd’hui il en gagne près de 15.000. Il y a quarante ans, un Marocain gagnait 90 dollars, aujourd’hui il en gagne près de 1.500 dollars.Les experts de la BM comparent le Royaume à l’Espagne également: en 2002, le revenu par habitant (en parité de pouvoir d’achat) était de 3.730 dollars. En Espagne, le revenu est cinq fois plus élevé (en parité de pouvoir d’achat). «Et les tendances actuelles ne permettent pas d’envisager une réduction de cet écart», souligne le rapport. Entre 1960 et le milieu des années 70, l’écart des revenus par habitant a augmenté de 3 à 5. Il s’est tassé jusqu’à la fin des années 80 avant de s’accroître encore dans les années 90. Pour la Banque mondiale, ces résultats sont significatifs, «surtout si l’on rappelle que l’Espagne appartient de fait à la même région économique intégrée que le Maroc pour les marchés de produits de base».La mise en perspective par rapport aux évolutions dans le monde rend encore plus perplexe. Sur une longue période (deux derniers siècles), la position du Maroc se détériore. Elle démontre que la faiblesse de la croissance marocaine n’est pas un phénomène récent. Elle décroche notre économie et sur le long terme. Les réformes, la libéralisation commerciale, l’attractivité en investissements étrangers ne sont pas suffisants pour avoir un cercle vertueux de croissance.Alors, s’interroge le rapport, «pourquoi, avec des fondamentaux aussi bons, le Maroc n’arrive-t-il pas à décoller?» Mystère! Les investissements directs étrangers sont là et viennent de plus en plus, la baisse tendancielle des marges de risque (risque-pays) «confirme que le Maroc ne souffre pas d’un problème d’accès aux marchés des capitaux extérieurs». Donc, conclut le Mémorandum, le problème de l’économie marocaine n’est pas lié à des contraintes de financement, mais plutôt à la faiblesse du rendement de l’investissement privé.


Nouveau gourou: Après Solow, Romer

La Banque mondiale a changé d’approche sur le sujet de la croissance. Après le modèle néoclassique de Solow (1956), elle s’appuie maintenant sur la théorie de l’économiste américain Romer (1986) qui est un modèle de croissance endogène. L’approche de Solow veut que la croissance du revenu par habitant est la conjonction de trois facteurs: capitaux, main-d’œuvre et la productivité totale des facteurs où les progrès technologiques accroissent la productivité.Le modèle de Romer introduit les externalités (facteurs qui arrivent de l’extérieur et qu’on ne compte pas ou qu’on ne sait pas comptabiliser) comme facteurs de la croissance. Pour lui, l’accumulation des connaissances est «la source la plus importante de croissance et d’innovation». Et l’innovation, si elle débouche sur des investissements productifs, «devient le principal facteur de croissance durable». Chez la Banque mondiale, la nouvelle approche (dite de «croissance endogène») intègre les externalités développées dans le modèle de Romer. Il s’agit de la gestion des connaissances et de l’innovation, dans le gain de productivité. Pour la petite histoire, il a fallu attendre la présentation de son modèle dans un article publié en 1986 dans le Journal of Political Economy pour voir les entreprises changer de comportement (ne plus miser uniquement sur la quantité de main-d’œuvre ou encore les nouvelles technologies). Elles avaient commencé à s’approprier les moteurs du développement tels qu’identifiés. M. Kd.

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