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Ramadan des Autres
Sénégal: La seule animation est spirituelle

Par L'Economiste | Edition N°:2376 Le 05/10/2006 | Partager

A l’occasion du mois de Ramadan, L’Economiste publie une série d’articles sur cette période spéciale. Chaque jour, un pays est à l’honneur. Des mythes aux rites en passant par la spiritualité, l’animation et la cuisine… Un voyage ramadanesque. . Contrairement aux pays du Maghreb, les rues sont désertes le soir. Mourides, Tidjanes, Khadria, Layènes, Baye Fall… A chacun ses rites. Mosquée Mohammed V, un lieu très fréquentéSaint-Louis du Sénégal, Dakar, Thiès, Ziguinchor, Tamba… Dans toutes les grandes villes du Sénégal, Ramadan est synonyme d’une grande piété. Partout, les mots d’ordre ce mois-ci sont: humilité, abstinence et sobriété. Une sobriété qui se traduit à travers tous les actes de la vie quotidienne. «C’est un moyen de se purifier le corps et l’esprit et d’aller le plus loin possible dans l’abstinence», explique un journaliste sénégalais basé à Casablanca. Selon lui, «la privation va jusqu’aux rapports conjugaux. Mari et femme sont appelés à s’abstenir de tout rapport sexuel, jour et nuit, durant tout le mois sacré». C’est bien de jeûner, mais si on peut s’abstenir, entre conjoints, c’est encore mieux, poursuit le journaliste. C’est dire que tout se fait dans l’esprit de la ferveur, se réduit au strict minimum, à la modération et à la privation. La spiritualité au Sénégal et les rituels religieux émanent aussi d’un système de confréries. La tradition maraboutique est très enracinée et développée, selon les régions. Chacune d’elles se regroupe autour d’un marabout. Pendant le Ramadan, les rites des confréries sont très présents. Les deux principales confréries sont celles des Mourides et des Tidjanes. Les premiers sont basés à Touba (250 km de Dakar), très solidaires, ces adeptes sont dans le commerce et les affaires. Chez les Tidjanes, c’est plutôt la spiritualité, l’éducation et la culture qui sont de mise. Le tout dans la modestie. Cette confrérie (basée à Tivaoune, à une centaine de km au nord de Dakar) s’inscrit dans la lignée de l’islam en Mauritanie et au Maroc. La tradition, chez les Tidjanes, «veut que ceux qui n’ont pas les moyens de se rendre à La Mecque, peuvent faire leur pèlerinage à Fès». La capitale spirituelle du Maroc abrite la sépulture du père spirituel de cette confrérie, Cheikh Ahmed Tidjani. Ce qui explique les différents pèlerinages de Sénégalais tout au long de l’année dans la capitale spirituelle du Maroc.Autres sous-confréries, les Khadria, les Layènes. Les Mourides ont aussi un sous-groupe important, les Baye Fall. C’est une petite confrérie basée dans le centre du Sénégal et dont les adeptes sont réputés pour leurs déplacements et débrouillardise. Une bonne partie est basée à l’étranger. Appelés les Bana bana, ce sont généralement des commerçants ambulants. Les Baye Fall ont une particularité: Ils ramassent tout sur leur passage et le revendent. «Tout est recyclé, réutilisé et revendu», poursuit le journaliste. Pendant le mois sacré et surtout l’hivernage, la communauté des Baye Fall rentre au pays pour y effectuer des travaux bénévoles. Mais la grande particularité de cette confrérie est qu’elle «ne prie pas et n’observe pas le jeûne non plus mais ne se considère pas pour autant moins musulmane». C’est cette mosaïque de confréries qui sert de toile de fond de Ramadan au Sénégal. Le jour, les fidèles passent le clair de leur temps dans les mosquées à prier, psalmodier et lire le Coran tout en passant le chapelet entre les doigts. Mais à part les Baye Fall, «ne pas prier pendant le mois sacré est inadmissible dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest», précise le journaliste. Les mosquées les plus connues sont celle de Touba, la plus grande de l’Ouest africain, et la Grande Mosquée de Dakar, appelée aussi Mosquée Mohammed V. Construite par feu Hassan II, la grande mosquée de Dakar est très populaire. Il n’est d’ailleurs par rare de voir les Sénégalais étaler des tapis à même le trottoir pour y effectuer leurs prières. Tout autour et dans pratiquement chaque coin de rue, des qassaïdes sont chantées par des bénévoles et des marabouts. Ce sont généralement des narrations historiques sur la vie du prophète, et ses compagnons ou encore des contes sur l’islam à travers l’histoire. Partout, les ventes de cassettes de prêches, DVD et CD du Coran font florès durant le mois sacré. Hormis les confréries et les rituels, Ramadan est très paisible dans les villes. Dans la ville, «tout devient calme et fonctionne au ralenti», précise un autre Sénégalais. Mais Dakar reste la plus animée de jour comme de nuit, principalement dans les marchés où la pauvreté et la richesse se mêlent spontanément. A Sandaga, par exemple, l’un des marchés les plus colorés et les plus bondés, les Dakarois passent l’après-midi à flâner dans ce souk gigantesque dont l’une des boutiques les plus connues est celle d’une Marocaine, appelée communément «Madame Foulard». Basé au coeur de Dakar, Sandaga est un hypermarché à ciel ouvert. On y trouve un peu de tout: des babouches et djellabas marocaines à l’électroménager en passant par les tissus, les épices ou encore les fruits et légumes. Les avenues mitoyennes de Sandaga (Lamine Gaye, Ponty, Petavain…) ne désemplissent pratiquement pas et les marchandages y sont âpres. Mais un peu de temps avant le f’tour, les rues se vident. Dans la capitale comme dans le reste du pays, il est important d’être chez soi bien avant le coucher du soleil. A la rupture du jeûne, les Sénégalais boivent une gorgée de lait et une date sans plus avant de vaquer à la prière d’Al Maghrib. Dans la croyance traditionnelle, la transition entre la prière d’Al Maghreb et celle d’Al Ichaa est très courte. La composition de la table du ftour se fait à son tour dans l’esprit de la sobriété: un bol de dattes, du lait et des rafraîchissements, surtout des jus de gingembre, pain-de-singe ou encore le jus d’oseille (bissap)… Autre boisson prisée pendant le mois sacré, la Kinkéliba: une tisane à base de feuilles qui se boit en infusion avec de l’eau chaude ou mélangée au lait. Elle est surtout recommandée aux enfants et aux femmes enceintes. Chez d’autres familles, le f’tour est une sorte de petit-déjeuner reproduit avec du café au lait, beurre, chocolat et des omelettes. La soupe est également servie. Une bouillie à base de maïs ou semoule et lait caillé. C’est en général le gros du f’tour. Juste après, certaines familles font la prière et enchaînent avec le dîner. D’autres préfèrent attendre un peu le temps de digérer et font la prière jusqu’à 22 heures. Le dîner est d’habitude l’équivalent du plat du midi. Autrement dit, tout se prépare à base du riz. Parmi les plats locaux les plus réputés: Thieub-bou-Jën (riz et poisson), le Yassa (riz blanc mélangé à une sauce aux oignons et au citron) ou encore le Maffé (riz blanc et sauce gombo) et le Massé. Les animations font défaut le soir dans les rues et au centre-ville. La seule animation, elle est spirituelle et se passe dans les mosquées qui sont pleines pendant et hors Ramadan. Dans les quartiers populaires, les gens s’organisent entre eux pour faire des prières collectives chez l’un des voisins. Pour le s’hour, il est recommandé de se réveiller avant l’aube, vers 5 heures du matin. Généralement, le s’hour se résume à boire de l’eau et faire sa prière. Mais certaines familles préparent le petit-déjeuner complet (café au lait, thé, beurre…) et se recouchent. D’autres encore préparent un plat à manger avant le jeûne, des bouillies. A son tour, la nuit sacrée se déroule dans la grande ferveur. Les veillées religieuses sont ininterrompues du dîner jusqu’à l’aube. La grande particularité de cette soirée reste les réconciliations entre proches et voisins. «La tradition veut que cette nuit soit l’occasion du grand pardon!» répète-t-on au Sénégal. La fête revêt aussi un cachet particulier. Parents et enfants portent des vêtements neufs. Mieux encore, du père au moins âgé des enfants, toute la famille porte la même couleur et le même tissu, souvent le Basin. Même tendance chez la maman et les filles. Du coup, dans les mosquées, l’ambiance est bigarrée et l’on reconnaît les mêmes familles de par leur tunique. Les babouches, djellabas et djabadors made in Maroc font aussi partie du décor de l’Aïd.


Le fauteuil n° 16

Léopold Sédar Senghor, ou celui que les Sénégalais appellent le «père de la Nation» aurait 100 ans en 2006. Cette année, le centenaire Senghor est célébré partout dans le monde francophone. Près de 2.000 manifestations et hommages sont programmés tout au long de cette «année Senghor» dans une quarantaine de pays de l’espace francophone.Le premier président du Sénégal (1960-1980) est, rappelons-le, l’un des fondateurs de la francophonie moderne.Outre l’homme politique, Senghor est aussi connu en tant que poète de la contestation anticoloniale et anti-esclavagiste, puis chantre de la négritude. Léopold Sédar Senghor fut l’un des deux pères fondateurs, avec Aimé Césaire, du concept de «Négritude».Ce concept, Césaire le définit comme étant «la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de son destin de noir, de son histoire et de sa culture».Le poète Senghor était aussi apaisé par la francisation d’un métissage culturel mondial. Il est le premier africain titulaire de l’agrégation (en grammaire en 1935). Il était aussi le premier africain à siéger à l’Académie française. Après sa mort en 2001, le fauteuil numéro 16 de l’Académie française est resté vacant, ce sera alors à un autre ancien président, Valéry Giscard d’Estaing, de le remplacer. Senghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les Etats africains nouvellement indépendants, une sorte de «Commonwealth à la française».Bien que socialiste, il se tient à l’écart des idéologies marxiste et anti occidentale devenues alors populaires dans l’Afrique post coloniale, favorisant le maintien de liens étroits avec la France et le monde occidental. Beaucoup y voient une contribution décisive dans la stabilité politique du pays qui demeure l’une des rares nations africaines à n’avoir jamais eu de coup d’Etat et qui assure des transferts pacifiques du pouvoir.«Le Sénégal reste un bon élève du Fonds monétaire international (FMI). Il enregistre une croissance successive qui a dépassé les 6% pendant deux ans avant de s’établir à plus de 5% en 2005. Mais cela reste nettement loin des attentes. Le gouvernement s’est fixé l’objectif d’atteindre un taux de croissance de 8% à travers une stratégie de croissance accélérée.Le programme de cette stratégie s’articule autour du développement des infrastructures, dans une logique de partenariat public/privé, dans les secteurs de l’agriculture, le textile, les technologies de l’information, le tourisme et la pêche. Bien que le succès des cultures maraîchères se confirme à l’export, le secteur de la pêche est confronté à une baisse tendancielle des captures. Dans le milieu rural, la pauvreté sévit ces dernières années. Ce qui se traduit en partie par des flux migratoires vers la capitale, Dakar. Cette métropole, construite sur une presqu’île, ne peut aujourd’hui bénéficier d’extensions. D’où des congestionnements et perturbations dans le trafic, ce qui entrave la mobilité urbaine ainsi que l’activité économique. Un projet est en cours pour accueillir un pôle d’activité à 40 km de Dakar, autour du nouvel aéroport de Diass. Le Sénégal possède la troisième économie de la sous-région ouest africaine après le Nigéria et la Côte d’Ivoire. Cependant, son économie est très tournée vers l’Europe et l’Inde. Ses principaux partenaires économiques sont la France, l’Inde et l’Italie. Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles. Ses principales recettes provenant de la pêche et du tourisme. Mais compte tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés avec la présence de multinationales qui sont majoritairement d’origine française et dans une moindre mesure américaine. Le secteur agricole emploie à peu près 70% de la population sénégalaise. De plus, l’agriculture sénégalaise est très sensible aux aléas climatiques et aux invasions acridiennes.«Amin RBOUB

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