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Affaires

Quel avenir pour les «taupins» au Maroc?

Par L'Economiste | Edition N°:1823 Le 02/08/2004 | Partager

. Les procédures d'accès aux grandes écoles pointées du doigt“J'AI fait les classes préparatoires pour devenir ingénieur, pas professeur agrégé”, “Je n'ai pas les moyens de continuer mes études dans une école payante”, “il n'y a pas de transparence”. Ces étudiants en colère ont fini leurs classes préparatoires et passé le concours national (dont le taux de réussite global est de 82%). Cet examen est destiné à les ventiler sur les grandes écoles marocaines en fonction du classement. Ces étudiants, dont on ne connaît pas le nombre (peut-être 200 selon les estimations de certains, moins ou plus), se retrouvent, du fait de leurs classements, avec un choix entre trois écoles: l'Ecole normale supérieure (ENS) qui forme des professeurs agrégés, l'Ecole supérieure des industries du textile (ESITH), ou l'Ecole nationale des pilotes de ligne de la RAM (ENPL). Les autres écoles, les plus prisées, comme l'INPT, ou l'EMI, ou encore l'Enim n'ont plus de places disponibles, affirment-ils. Là où est le hic, ce n'est pas tant la manière dont sont affectés ces jeunes, puisqu'ils savent dès le début que la sanction du classement est celle qui prime, mais les écoles dont les portes leur restent ouvertes ne les satisfont pas. Et pour cause: deux écoles sont payantes et l'une prépare à l'agrégation.La formation à l'ENPL coûte près de 600.000 dirhams (mais payable en plusieurs échéances après l'octroi d'un poste). Celle de l'Esith est également payante(1). Les frais de scolarité s'élèvent à 20.000 DH/an. Et pour l'ENS, certains, comme Meriem, disent qu'ils n'ont pas fait les écoles préparatoires pour devenir “prof de lycée”.Ils ont fait le déplacement, accompagnés de leurs parents, de Meknès, Marrakech, Casablanca, Oujda et d'autres villes à L'Economiste de Rabat et l'antenne de la deuxième chaîne télévisée (sise au même immeuble que L'Economiste) pour raconter leurs “malheurs” (une bonne soixantaine) et espérer une solution. Ils se sont également dirigés vers des responsables au ministère de l'Education nationale, (…) et de l'Enseignement supérieur. Ils se disent et se sentent perdus, piégés, et indignés. Beaucoup ont le sentiment que les procédures ne sont pas “transparentes”. Ce qu'infirme fermement la présidence du Concours national commun, par la voix de Abdelahk Mouradi, le directeur de l'Ensias?En fait, chaque année, le même problème se répète. Parmi cette élite, certains se retrouvent avec un choix d'écoles restreint et dénoncent ceux qui se permettent de s'inscrire dans plusieurs grandes écoles successivement, ou ceux qui s'inscrivent dans une prestigieuse école française sans se désister. Résultat: “des places restent vides et nous, nous nous contentons d'écoles qui ne conviennent pas à nos aspirations”, explique Lamia, autre brillante matheuse. Finalement, et comme chaque année, “le problème se règlera vers septembre, octobre, quand nous aurons les affectations définitives”, résume Abdelkrim Belfkih, chef de la division de l'enseignement technique, CPGE et BTS au sein du ministère. Le cas de ces étudiants méritants illustre parfaitement le point d'inflexion entre le rôle de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur. Selon nos dernières informations, un rapport serait en cours d'élaboration par les responsables pour être transmis au ministre Habib El Malki. Il devra tenter de résoudre un problème de toute évidence structurel. “S'il n'y a pas de solutions, c'est la catastrophe. Certains devront refaire la deuxième année préparatoire, si c'est encore possible(2), d'autres s'inscriront à la faculté ou encore se résigneront à leur sort”, explique Taoufik, autre étudiant indigné.Ces futurs ingénieurs, ou “taupins”, comme ils aiment à s'appeler, évoluent dans un environnement d'excellence où il faut en permanence être à la hauteur. Les 1.383 étudiants qui ont réussi le Concours national sont bien cette élite que le Maroc doit à tout prix, non seulement préserver, mais aussi, encourager. Qu'ils soient, 200, plus ou moins à se plaindre de tels problèmes d'orientation est significatif. Il faut au moins les écouter, d'autant qu'il s'agit des dirigeants de demain.


Ceux qui partent en France

Selon les derniers résultats du ministère, 357 jeunes Marocains peuvent accéder aux grandes écoles françaises la rentrée prochaine. Et 43 parmi eux à la prestigieuse école Mines et ponts, 9 à l'école centrale, 7 à l'Ecole polytechnique et 13 aux écoles de commerce ESC et HEC.Mouna KADIRI---------------------------------- (1)Sauf pour les étudiants classés parmi les 600 premiers en Maths-physique (MP), les 10 premiers en Physique et sciences de l'ingénieur (PSI) et les 10 premiers en Technologie sciences de l'ingénieur (TSI). (2)Ceux qui ont déjà retiré leur diplôme original du baccalauréat du centre des classes préparatoires ne peuvent pas redoubler l'année!

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