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Protéger l’environnement: ça rapporte, même au Maroc!
Par Taha BALAFREJ

Par L'Economiste | Edition N°:2736 Le 17/03/2008 | Partager

Taha Balafrej est directeur au secrétariat d’Etat à l’Eau et à l’EnvironnementLe conflit environnement-croissance n’aura pas lieu. La protection de l’environnement dans son acception la plus large, allant du recyclage des déchets à la sauvegarde des ressources naturelles, et à la promotion des énergies renouvelables, représente des opportunités d’investissement indéniables. C’est un créneau tellement prometteur qu’il attire vers lui de plus en plus de fonds d’investissements avec des montants qui se comptent désormais en milliards de dollars. Pour illustrer cette tendance, citons ces propos de l’actuel gouverneur de Californie, qui ne peut être suspecté de «gauchisme vert»: «L’industrie aérospatiale a construit l’économie moderne de la Californie du Sud. L’industrie informatique et l’Internet ont construit l’économie de Silicon Valley. Et maintenant les technologies vertes, propres, vont conduire la Californie à un niveau plus élevé (…) Les scientifiques les plus brillants et les investisseurs les plus intelligents viennent pour trouver des technologies nouvelles et des solutions (…) En 2006, la Californie a reçu plus d’un milliard de dollars en investissements dans les technologies propres, qui dépasseront bientôt les télécommunications…». Il est vrai que l’arrivée du monstre des technologies de l’information, Google pour le nommer, dans le secteur des énergies renouvelables, augure d’une tendance qui ne laisse plus aucun doute.Ailleurs aussi, cette tendance se confirme par divers investissements, chantiers et projets. Comme à Séville où une centrale solaire fournira l’ensemble des besoins en électricité dans quelques années. Ou aux Emirats arabes unis où les travaux vont bon train pour construire Masdar City, la première ville de la planète qui comptera 40.000 habitants sans émissions de CO2, sans déchets et sans voitures polluantes. Ou au Japon, où la voiture non polluante n’est plus une utopie. Ou encore en Australie où le dessalement d’eau de mer est obtenu exclusivement à partir d’énergies renouvelables. Ou enfin le marché du carbone qui génère des dizaines de milliards de dollars, au diapason avec la montée de la conscience sur le réchauffement planétaire. Et au Maroc, où en sommes-nous? Certains pourraient penser que nous nous limitons à suivre et commenter avec admiration, et parfois envie, ce qui se fait chez les autres. Ce n’est pas le cas. Des efforts importants sont fournis pour amener nos industriels à s’intéresser à ce secteur d’avenir. Le Maroc, signataire de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, qui contient un chapitre spécifique à l’environnement, partenaire de choix de l’Union européenne, ne peut faire autrement et ne peut échapper à l’exigence de la production propre. Les délais d’adaptation et les lacunes juridiques permettent encore beaucoup de flexibilité. Mais il serait injuste de nier les efforts consentis par une catégorie grandissante d’industriels qui ont bien saisi tout l’intérêt qu’ils peuvent tirer du respect de la donne écologique. Ceci étant dit, il reste beaucoup à faire pour se hisser au niveau des opportunités offertes. C’est pour cela que les pouvoirs publics, tous les acteurs de la société, doivent redoubler d’efforts pour construire sur ces expériences réussies et consolider les acquis en cherchant à assurer des ressources additionnelles et à valoriser les compétences reconnues.


La réussite des MDP au Maroc

Dans un autre domaine, on peut citer les réussites du Maroc dans l’utilisation du mécanisme de développement propre (MDP), instauré par le Protocole de Kyoto pour faciliter les partenariats entre pays riches et pauvres dans la lutte contre les gaz responsables du changement climatique. Deuxième pays de notre continent après l’Afrique du Sud, le Maroc a enregistré 4 projets et dispose d’un portefeuille de projets diversifiés et attractifs. Par la vente des crédits carbone issus de ses projets MDP (Parc éolien d’Essaouira et Kits photovoltaïques pour électrification rurale), l’ONE engrange des revenus annuels qui se comptent en millions de DH. Au même titre, la décharge d’Oulja réhabilitée pourra drainer au profit de l’Agence Bou Regreg plus de trois millions de DH par an de revenus du carbone issus de la récupération du Méthane. Ce projet constitue un exemple intéressant à suivre par les communes marocaines qui ont à faire face aux frais de fonctionnement des décharges contrôlées qu’elles sont maintenant tenues à mettre en place.D’autres projets MDP sont en cours de finalisation par des entreprises championnes et des villes marocaines, dans divers secteurs touchant les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, ou l’ouverture et l’entretien des décharges contrôlées et des stations d’épuration des eaux usées. Des efforts louables confortés par la création par la CDG du premier fonds carbone du monde arabe et qui contribuera certainement à lubrifier les circuits d’un secteur encore embryonnaire.


70 projets marocains très concrets

Un exemple éloquent est donné par le fonds de dépollution industrielle, le Fodep. A travers ce fonds, créé avec l’appui de la coopération allemande, les 70 projets réalisés durant les six dernières années ont permis d’éviter la pollution de l’équivalent de 4 millions d’habitants. Pour être plus démonstratifs, prenons dans ce portefeuille un échantillon de six projets réalisés pour la protection des ressources en eau. Et pourquoi ne pas les citer? Il s’agit de:- Copag, laiterie à Taroudant, - Legler Maroc, textile, filature et teinture à Skhirat, - Atlantic de Nîmes, délavage de jeans à Bouknadel, - Fruit of The Loom, fabrication de tissus finis à Skhirat, - Transport Menara, carrières à Marrakech, - Silver Food, conserverie de poisson à Berrechid…L’ensemble de ces projets a représenté un investissement de plus de 100 millions de DH, supporté à 60% par les industriels, et a permis de mettre à disposition 4 millions de m3 par an, pour l’irrigation ou pour la réutilisation dans les process respectifs de production. Avec cet investissement, ce sont par conséquent des millions de m3 d’eau qui ne seront plus prélevés sur le patrimoine hydrique commun et ce sont 6 millions de m3 pollués qui n’ont pas été rejetés dans le milieu et ne contamineront donc pas ce patrimoine. Ce sont là des projets concrets qui, au-delà de la préservation des ressources naturelles, ont par ailleurs contribué à protéger la santé de la population voisine de ses unités, à promouvoir la qualité dans la production et à renforcer l’expertise nationale…

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