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    Privatisation-Simef: L'histoire d'un échec

    Par L'Economiste | Edition N°:520 Le 02/06/1999 | Partager

    · La Simef est montrée du doigt comme un des points noirs du programme de privatisation
    · L'Etat continue de croire en cette entreprise et veut la sauver
    · L'activité bon an, mal an a redémarré


    C'EST la politique de l'autruche. Avec Icoz, la Simef est sans nul doute un véritable cas d'échec en matière de privatisations. Incontestablement, le contrat a été mal rédigé et les repreneurs mal choisis. Mais le fait est que... l'Etat souhaitait que la société sorte du gouffre, et a injecté 12 millions de DH sous forme d'avance. L'objectif est de relancer la machine. Cette enveloppe a servi à redémarrer l'activité et à payer les employés. L'entreprise sous administration judiciaire depuis le 24 août dispose d'un gestionnaire public. Cette date correspond à celle de l'obtention de la décision de mise en redressement judiciaire. En parallèle, une seconde action a été engagée en octobre et suit son cours. Elle vise à demander "l'annulation du contrat de cession... suite au non-respect des clauses du consortium des repreneurs".

    Un ballon d'oxygène pour débloquer l'urgence


    La justice n'a pas encore tranché. Mais si elle fait droit au gouvernement, la Simef serait renationalisée de fait pour être ensuite reprivatisée. L'avance donnée par l'Etat n'est en réalité qu'un ballon d'oxygène pour débloquer une situation d'urgence. Mais le poids du passif, lui, reste en revanche entier. Au moment opportun, les discussions s'opéreront au niveau des dettes avec des repreneurs éventuels. Sur la viabilité de l'affaire, les pouvoirs publics sont optimistes. La société dispose de potentialités. Elle a même fabriqué et vendu, selon une source proche du dossier, 150 cyclomoteurs économiques le mois de mai et aurait un cahier de commandes rempli.
    Vendue en juillet 1995 au privé au dirham symbolique, la Simef a connu depuis sa privatisation d'importantes difficultés, accentuées par les désaccords entre associés. Les déboires entre associés et la mauvaise gestion n'ont pas permis à la société de remonter à la surface. Parmi les obligations non respectées par les repreneurs: augmentation de capital de 18 millions de DH non respectée à temps et en montant, investissements de 22 millions de DH non réalisés, la cession de 10% aux employés, la mainlevée de 60,1 millions de DH de l'ODI (dettes accumulées auprès des banques et jusqu'au moment de la cession étaient garanties par l'Etat), une autre mainlevée de l'ODI de 3,39 millions de DH (caution en douane), plus une dette au Trésor de 7,8 millions de DH.

    Beaucoup d'espoir dans le cyclomoteur économique


    Au total, le consortium des repreneurs devait le 25 juillet 1995 payer 1 DH symbolique plus la somme des dettes, soit 71,29 millions de DH. L'entreprise restait donc chère.
    Historiquement, les problèmes de la Simef avaient débuté avant même sa cession. Comme la plupart des autres filiales de l'Office de Développement Industriel (ODI), à la veille de la privatisation, la Simef était en difficulté. De ses trois activités d'origine, il n'en restait que deux: la fonderie et la fabrication de moteurs diesel. La première était à la moitié de son niveau de 1993 et la seconde au tiers. Sur le plan financier, elle connaissait une situation précaire. Elle était menacée de saisie, la caution apportée par l'ODI était dépassée. A cela s'ajoute le fait que l'entreprise avait un contentieux avec son bailleur de licence allemand, Deutz. Ce dernier commercialisait des produits qui lui revenaient de droit. Au moment de la privatisation, la procédure judiciaire était entamée. Parallèlement, la Simef venait de perdre ses débouchés dans les pays maghrébins. Le projet d'une nouvelle fonderie était abandonné. L'entreprise fondait beaucoup d'espoir sur le cyclomoteur économique qui arrivait à point nommé.

    Fatima MOSSADEQ

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