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Politique Internationale

Pour prendre le relais des dons étrangers : SOS Village cherche des soutiens locaux

Par L'Economiste | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager

A Imzouren et Aït Ourir, plus de 160 enfants retrouvent la joie de vivre grâce aux villages SOS. Ils peuvent ainsi rêver, comme tous les enfants du monde, à un avenir qu'il leur était pourtant compromis. Mais pour entretenir ce rêve, ces enfants ont besoin de votre contribution.


"Ma plus grande satisfaction est de voir ces enfants grandir et avoir tous l'air épanouis", confie avec émotion(1) Mme Béatrice Beloubad, responsable des relations publiques des villages SOS du Maroc. Effectivement, à voir ces enfants, le visiteur est surtout frappé par la joie qui se dégage de leur visage. On n'y lit pas la moindre trace de ce qu'ils avaient vécu par le passé.
Eux qui semblaient condamnés par le sort, soit parce qu'ils étaient abandonnés, soit parce qu'ils avaient perdu leurs parents, peuvent comme tous les autres enfants du monde aspirer enfin à un avenir.

Le premier village SOS est implanté au Maroc depuis dix ans, à Aït Ourir à une quarantaine de kilomètres de Marrakech. Le deuxième, plus récent (1989), est situé à Imzouren à quelques encâblures d'Al Hoceïma. Ensemble, ces deux villages accueillent au total 165 enfants auxquels l'on essaie de reconstituer un environnement familial. Les enfants y accèdent par l'intermédiaire de l'Assistance Sociale. Seuls les enfants abandonnés, les orphelins, ou ceux se trouvant réellement en détresse y sont admis après un bilan médical très détaillé. Les villages n'acceptent pas d'enfants présentant des anomalies, faute de structures d'accueil adéquates. Malgré tout, il arrive que l'anomalie ne soit pas détectée lors des tests médicaux à l'admission. A Imzouren par exemple, quelques enfants présentant des troubles de comportement et des problèmes de croissance cohabitent avec leurs camarades. Ils sont suivis par des monitrices spécialisées dans des classes spécialement aménagées. "Dès que l'enfant franchit la porte du village, nous le prenons en charge jusqu'au bout", précise M. Ahmed Belkhaouda, directeur du village SOS d'Imzouren que l'ensemble des enfants du village appellent papa. Les enfants suivent normalement leur scolarité dans les écoles de la région. Leur rendement scolaire n'est pas différent de celui de n'importe quel élève. Ici, les plus petits des résidents sont deux surs jumelles âgées d'environ 6 mois. "Elles ont été bien accueillies par leurs frères", professe la mère SOS qui s'occupe d'elles.

Budget mensuel de 200.000 DH


Pour leur fonctionnement, ces villages ont naturellement besoin de ressources financières qui émanent essentiellement des contributions de parrains ou de dons ponctuels. Il faut trouver en moyenne entre 150.000 et 200.000 DH mensuellement pour couvrir les charges de fonctionnement du village d'Imzouren.
Pour diversifier les sources de collecte de fonds, les villages SOS viennent de lancer des cartes de vux. A ce jour, près de 90% des subsides proviennent de l'étranger à travers les dons versés par des personnes physiques et quelques organismes. En principe, au bout de dix ans, chaque village SOS doit être en mesure d'assurer son autonomie financière par rapport à la maison mère située en Autriche. Ce qui n'est pas encore le cas du village d'Aït Ourir qui a déjà dix ans d'existence. Pour Imzouren, inauguré en 1989, les responsables ne se montrent pas non plus optimistes. Depuis 1985, l'année de l'ouverture du premier village SOS au Maroc, seuls 80 parrains locaux apportent régulièrement leur soutien matériel aux villages.

Les formules d'aides


Certains donateurs préfèrent débloquer une somme importante d'un seul coup; "ces aides ponctuelles nous assurent certes une bouffée d'oxygène, mais ne nous permettent pas de planifier. Des contributions régulières nous concéderaient une meilleure visibilité et donc plus d'efficacité", assure Mme Beloubad.
Rappelons au passage que les contributions pécuniaires ou les dons en nature aux villages SOS sont déductibles de la base imposable, ces derniers étant reconnus d'utilité publique. Plusieurs formules d'aides sont à distinguer: à part les dons en nature et le bénévolat (visites médicales des médecins par exemple), il est possible de parrainer un enfant (anonyme) du village par le versement régulier de 100 DH par mois ou 1.200 DH annuellement. Une autre option consiste à participer à la construction d'une maison familiale dans le village, ou à prendre en charge l'équipement d'une famille, ou les travaux d'aménagement, etc On peut également opter pour le parrainage d'un village SOS en lui apportant une aide régulière de 150 DH par mois.
Au final, le concept des villages SOS est un reflet de la solidarité humaine dans un monde où les individualismes se développent un peu plus chaque jour.

Abashi SHAMAMBA


Le concept SOS Villages


SOS Villages est aujourd'hui représenté dans 124 pays à travers le monde, gère 326 villages où vivent près de 30.000 enfants.
Avec 93 sites, le continent américain (Amérique centrale, Etats-Unis et Canada) est la région qui accueille le plus de villages SOS suivie par l'Afrique et le Moyen-Orient (79).
L'idée de villages SOS appartient au docteur Hermann Gmeiner (1919-1986), de nationalité autrichienne. Témoins de la misère d'orphelins et d'enfants apatrides au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Dr Hermann décida alors d'y remédier et d'apporter de l'aide à ces enfants en détresse. Il acquit la certitude qu'une aide, aussi importante soit-elle, ne serait efficace que dans une structure qui reconstitue à l'enfant un cadre familial.
Ce point est d'ailleurs l'un des piliers sur lesquels repose le concept de SOS villages. Chaque enfant est confié à une mère qui devient alors sa personne de référence. "Le père est dans le discours de la mère", soutient la responsable des relations publiques de SOS villages du Maroc. Au fil des ans, les liens se tissent et deviennent très forts, à tel point qu'une mère SOS à Imzouren, ne pouvant pas retenir ses larmes, dit ne pas vouloir penser au moment de la séparation avec un de ses enfants lorsqu'arrivera le temps de l'intégration dans la vie active.

Chaque famille comprend 6 à 8 enfants; à l'admission (7ans au maximum sauf exception), les fratries naturelles ne sont pas séparées. Pour l'enfant, la maison occupée par la famille représente un nouveau chez-soi permanent. Et l'on y retrouve exactement l'ambiance d'un foyer ordinaire. Les liens avec le milieu environnant sont très développés; les enfants S.O.S ont leurs amis dans le quartier et se rendent visite mutuellement comme le feraient les enfants d'un quartier à Casablanca. Par ailleurs, le jardin d'enfants d'Imzouren accueille des enfants de familles du village proche.
SOS Villages est le tuteur légal de tous les enfants dès qu'ils sont admis au Village. Le directeur du village répond par exemple aux convocations adressées par les écoles que fréquentent les enfants. Bien plus, il y a deux ans, lors d'un mariage d'une adolescente du Village d'Aït Ourir, c'est la direction du village qui avait représenté la mariée à l'état civil. Ce fut alors l'événement de l'année.

Abashi SHAMAMBA.

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