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Politique Internationale

Cartes postales de Varsovie

Par L'Economiste | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager


Le visiteur qui, pour la première fois, découvre la capitale de la Pologne, dorée par le soleil d'automne, avec ses larges avenues, ses immeubles de pierre de taille et ses églises baroques, ses palais, ses maisons étroites et colorées de la vieille ville, ses jardins et ses parcs, ne peut imaginer un instant que, voici un demi-siècle, elle n'était plus qu'un monceau de ruines fumantes au terme d'un effroyable siège.
Le nazisme s'était juré de rayer de la carte cette noble et fière cité, il y réussit à 90%, mais l'indomptable courage des Polonais et l'amour qu'ils portent à leur terre tant de fois envahie, violée, martyrisée leur ont permis, à partir d'infimes débris pieusement recueillis au milieu des ruines, d'archives échappées aux incendies, de la rebâtir pierre par pierre, au point qu'il est impossible à ceux qui n'ont pas connu la Varsovie d'antan de l'imaginer autre qu'elle est aujourd'hui.

Tous les 5 ans, un concours international Chopin


Au fil des siècles, la Pologne compte de nombreux héros, des saints, des martyrs, des patriotes, des artistes aussi, le plus cher à leur coeur (au point de leur faire oublier parfois qu'il appartient -pour moitié- à la France) est le poète du piano: Frédéric Chopin.
Tous les 5 ans, depuis 1927, un concours international attire à Varsovie, venus des quatre coins du monde, interprètes et auditeurs communiant dans un même amour de la musique.
Ils étaient 140 cette année. Il n'en restait que 6 au terme de trois semaines et la tâche des 24 membres du jury fut assez malaisée.
Si le premier prix n'a pas été décerné (de même qu'en 1990), un Russe de 26 ans, Alexei Sultanov et un Français de 4 ans son cadet, Philippe Giusiano, se sont partagé le second prix. Cette décision ne fut d'ailleurs pas du goût du premier, qui s'abstint de venir recevoir sa récompense. Une attitude de mépris qui fut assez sévèrement jugée. La musique, hélas, n'adoucit pas toujours les murs.
Le séduisant et talentueux Philippe Giusiano s'est montré, lui, fort heureux de son deuxième prix.
Invité au Maroc il y a 4 ans par l'Association Marocaine des Amis de Chopin, qui l'avait remarqué lors du précédent concours, il souhaite vivement y revenir un jour.
En marge du concours, une émouvante cérémonie, le 17 octobre, anniversaire de la mort de Chopin, à l'église Sainte-Croix, un dépôt de gerbes et de bouquets devant l'urne de marbre qui contient son coeur, miraculeusement retrouvée intacte, parmi les ruines de l'église; et une superbe interprétation le même jour du requiem de Mozart.

Pèlerinage à Zelazowa Wola


A 50 km de Varsovie, la maison natale de Frédéric Chopin.
Sous un ciel gris, un peu mélancolique, une lente promenade dans le beau parc aux arbres à peine touchés de roux, fleuri des dernières roses et des premiers chrysanthèmes.
Un oiseau solitaire cisèle son chant. Le pont de bois un peu branlant enjambant une rivière où le petit Frédéric aimait s'attarder en compagnie de ses surs.
La très simple maison où demeurait la famille, murs chaulés, toit de tuiles, vigne-vierge rougissante. A l'intérieur les grands poêles de faïence, le mobilier d'époque, les deux pianos du jeune artiste et, à l'endroit symbolique où il naquit, un somptueux bouquet aux couleurs d'automne et aux feuillages légers.
Le retour à Varsovie, la joie de déambuler dans les rues étroites de la vieille ville, où l'on entend le bruit des pas des promeneurs et sonner l'angélus de clocher en clocher.
On croise un peu partout des théories d'écoliers, enfants blonds aux joues fraîches, insouciants et joyeux, génération nouvelle de cette courageuse Pologne qui force le respect.
Si les aînés n'ont pas oublié, ni occulté le passé, ils se sont, peu à peu, remis à vivre en liberté et en paix.

par Françoise FABIEN

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