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    Poids lourds : Rahali revient avec MAN

    Par L'Economiste | Edition N°:48 Le 08/10/1992 | Partager

    Après le divorce "douloureux" avec DAF en 1990, Mohammed Rahali, archétype du self made man, se lance à nouveau dans l'assemblage des poids lourds. L'accord avec la maison MAN a été signé en Juin. Près de 200 véhicules seront montés l'année prochaine.

    Mohammed Rahali reprend l'activité des poids lourds avec la création d'une nouvelle société SEFAMAR (Société d'Etudes de Fabrication du Matériel Roulant). Au capital, sont associés deux partenaires industriels, Hassan Ben-Moussa Zahar et Ahmed Ben-Abdejallil, pour un montant global de 12 millions de Dirhams.
    La gestion de la société sera confiée à un PDG. M. Rahali rompt, ainsi, avec l'ancienne gestion de type familial de la SOMAMI(1). Fort de son expérience, il occupera les fonctions de "Chef de Bâtiments".
    SEFAMAR assemblera les châssis de camions, de bus et autocars de marque MAN. Le contrat d'assemblage des véhicules a été signé le 26 Juin 1992. " Il fallait reprendre le chemin avec une marque performante sur le plan technique afin de faire face aux colosses qui existent déjà sur le marché", déclare M. Rahali
    Le contrat ne prévoit pas une participation de la société étrangère au capital, mais comprend, par contre, une assistance technique.
    Plusieurs gammes de poids lourds sont au programme d'assemblage. Il s'agit, tout d'abord, des camions "solo" puis des tracteurs routiers semi-remorque en deux versions.

    Ne pas brusquer les habitudes

    Concernant les bus et autocars, il était question d'introduire uniquement les châssis à moteur arrière. Mais, un sondage réalisé auprès des utilisateurs a mis en exergue les habitudes des transporteurs. Sefamar assemblera, dans un premier temps, les châssis avec moteur arrière et ceux avec moteur avant. "Nous ne devons pas brusquer les habitudes", précise M. Rahali. Cependant, il explique que le moteur arrière offre un certain nombre d'avantages, non seulement pour le transport touristique mais également pour l'interurbain. En effet, les cardans n'étant plus situés à l'avant du véhicule permettent à ce dernier de disposer d'une soute à bagages plus large. De plus, faisant moins de bruit, le moteur arrière assure un meilleur confort aux voyageurs.

    Le marché : un ring

    La société introduira, également, sur le marché une gamme de mini-cars avec moteur arrière. Une diversification ultérieure de la production vers les gammes à châssis court est prévue. Par ailleurs, seront intégrées les pièces produites localement, radiateurs, tuyaux d'échappement, batteries...
    La première marchandise sera acquise en cette fin d'année 1992 pour l'assemblage de 27 unités, regroupant l'ensemble des gammes, qui seront montées pour l'exposition en Février. La production effective débutera en 1993 et la société compte monter 200 véhicules durant l'année. "C'est un minimum pour pouvoir faire tourner l'usine", déclare M. Rahali. Ce nombre devrait augmenter dans les prochaines années. " Nous pensons pénétrer petit à petit le marché", ajoute-t-il.
    Ainsi, selon les prévisions, le chiffre d'affaires pour 1993 serait de 91 millions de Dirhams et grimperait en 1994 à 122 millions de Dirhams. Le marché est jugé porteur malgré la morosité de cette année(2). De plus, même si plusieurs nouvelles marques sont arrivées sur le marché, M. Rahali demeure confiant. Il compare le marché à " un ring où il n'y a de places que pour les plus forts".

    La deuxième activité de Sefamar sera le carrossage des châssis montés. "C'est notre métier. De plus, le carrossage est une activité nécessaire pour atteindre un taux d'intégration de 60%", explique M. Rahali. Cependant la rénovation du bâtiment de carrossage n'est pas encore entamée. "Il nous faudra un peu de temps pour débuter cette activité".

    Ambitieux, M. Rahali pense passer ultérieurement à un stade supérieur en procédant à la construction des châssis MAN dans leur intégralité. Un accord avec la maison mère pour la fabrication à 100% des véhicules est déjà conclu, moyennant le paiement des royalties de 1,5% pour les châssis sans moteur et essieux et 3% pour ceux avec moteur et essieux. "Nous ne sommes ni plus bêtes, ni plus intelligents que les constructeurs étrangers".

    Pour écouler la production d'une usine intégrée, M. Rahali prévoit l'exportation vers l'Afrique et le Monde Arabe. Interrogé sur la confiance des utilisateurs dans un produit marocain à 100%, M. Rahali explique que "le contrôle de la qualité sera assuré par la maison allemande MAN ainsi que la livraison des documents techniques".

    Pas de prix de pénétration

    Un plan quinquennal de recrutement du personnel technique est déjà arrêté. Avant la fin 1992, 60 techniciens et ingénieurs seront recrutés pour les besoins de la chaîne de montage et 150 pour la construction de carrosseries industrielles. Seront aussi recrutés en 1993, pour ces deux activités, respectivement 75 et 180 techniciens. Le recrutement continuera en 1994, avec 85 et 200 personnes, en 1995 90 et 201 et enfin, en 1996 100 et 250. Pour les ingénieurs, une condition est mise en avant, la maîtrise de l'anglais ou de l'allemand.
    Concernant la politique commerciale, il ne s'agira en aucun cas de pratiquer des prix de pénétration. "Nous ne sommes pas là pour brader", s'exclame M. Rahali. Toutefois, un alignement avec les prix de la concurrence sera effectué et une garantie de 200.000 kilomètres sera accordée. L'installation de 15 concessionnaires possédant un atelier, un stock de pièces de rechange est prévue dans les grandes villes de manière à couvrir tout le pays.
    Enfin, l'usine est édifiée sur une superficie de 17.760m2. Le hangar d'assemblage de 200 mètres de long sur 20 mètres de large ne devra comprendre, dans un premier temps, qu'une seule chaîne de montage. Mais, l'espace étant disponible, il est prévu de mettre en place de nouvelles chaînes afin de séparer l'assemblage des camions de celui des bus et autocars.
    L'usine est actuellement en chantier. Des travaux d'étanchéité, d'évacuation des eaux, de remise à neuf des escaliers, de peinture, et enfin, des installations électriques et téléphoniques sont entamés. La rénovation des locaux devant abriter le magasin de pièces de rechange et le service après vente devra débuter très prochainement.
    Les véhicules MAN seront exposés le jour comme la nuit dans l'enceinte du bâtiment administratif. Une buvette accueillerait les clients qui auront tout le loisir de visiter un musée de photos relatant le parcours professionnel de M. Rahali.

    Laïla TRIKI

    Les gammes qui seront montées par SEFAMAR

    - FT-tracteur semi-remorque long courrier; cabine type internationnal avec couchette, de puissance 370 CV et de PTR 42 tonnes.
    - FT-tracteur-semi-remorque, cabine avancée normale, de puissance 370 CV et de PTR 42 tonnes.
    - Camion solo extralong, plateau ridelle ou citerne gazoil, de puissance 240 CV et de PTC 19 tonnes.
    - Camion solo pour châssis moyen pour benne basculante, benne tasseusse, de puissance 240 CV et de PTC 19 tonnes.
    - Châssis car de 12 mètres, moteur vertical à l'avant, de puissance 240 CV, pour transport urbain et interurbain.
    - Châssis car moteur arrière interurbain de 12 mètres de long hors tout et de puissance 240 CV.
    - Châssis car touristique avec suspension à air, de 12 mètres de long et de puissance 360 CV.
    - Châssis pour mini car touristique de 35 à 40 places de puissance 192 CV.

    (1) Cf L'Economiste du 20 Février. M. Rahali exploitait la carte DAF pendant 19 ans. Le contrat a été rompu en 1990. SOMAMI et les Carrosseries Rahali ont été liquidées au début de l'année 1992.
    (2) De Janvier à Août 1992, les ventes de camions ont connu une augmentation modeste de 12% en comparaison à la même période de l'année précédente. Les bus et autocars sont quant à eux en baisse de 25,63%.

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