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Economie

Plus qu'un big-bang pour sortir des archaïsmes

Par L'Economiste | Edition N°:672 Le 31/12/1999 | Partager

· Politiquement sensible, la réforme projetée par le gouvernement s'appuie sur le changement du mode d'entrée. Mais il faudra résister au lobbying des parlementaires.


Le transport routier des personnes vit dans un paradoxe. Malgré son caractère vital pour l'économie (90% des déplacements de la population s'effectuent par la route), l'activité est largement dominée par une organisation archaïque et féodale. Seule une poignée de sociétés peuvent prétendre réellement au statut d'entreprise. L'offre est éparpillée entre une kyrielle de micro-entreprises souvent informelles allergiques aux règles de gestion modernes.
A l'origine de cette situation, une donnée historique: le mode de régulation de ce secteur. Pendant longtemps, le transport routier fut considéré comme un eldorado où l'on pouvait faire facilement fortune. Avec ou sans qualification, il suffisait de détenir un agrément pour se garantir une rente de situation grâce au revenu tiré de ce sésame.
L'Etat lui-même a encouragé le maintien de cette activité en marge de la modernisation du reste de l'économie. Et à l'entrée du troisième millénaire, le Maroc se retrouve avec un secteur qui vit encore à l'âge de pierre. Officiellement, l'agrément servait à «récompenser» des citoyens en reconnaissance de services rendus à la Nation. Noble intention qui, au fil des ans, s'est transformée en une vaste pratique de clientélisme. Moralité, les transporteurs (les vrais) cohabitent avec des rentiers, alors que des entreprises en croissance ont du mal à décrocher des agréments pour étendre leur réseau. Croyant pouvoir réduire à néant la valeur des agréments sur le marché très prospère de la location, les autorités avaient décidé d'ouvrir les robinets. Mais elles se sont retrouvées avec un autre problème sur les bras: que faire de milliers de personnes qui tirent leur revenu de la location de ces autorisations? En principe, un fonds d'indemnisation devrait racheter ces «titres».

Auprès de la toute fraîche Fédération des Transports Routiers de Voyageurs, il est indiqué «qu'il faut procéder à une lecture objective de l'histoire». S'il n'est pas torpillé par le lobbying des parlementaires détenteurs d'agréments, le courageux projet de réforme que va présenter M. Mustapha Mansouri, ministre du Transport et de la Marine Marchande au printemps au Parlement, répondra en partie à ce voeu. Sur le papier, son ambition est d'instituer des règles de compétence et de qualification pour exercer le métier de transporteur de voyageurs, à l'image de ce qui a été fait pour le transport des marchandises.
Mais les professionnels restent méfiants. Ils affirment qu'ils jugeront l'application de ces beaux principes sur le terrain. Les quelques rares entreprises «organisées» sont perdues dans ce capharnaüm. Non seulement elles doivent en découdre avec une concurrence qui elle, n'a que faire des règles de sécurité ou d'obligations sociales voire fiscales, elles se disent pénalisées par une réglementation «maladroite» et la surcapacité de l'offre engendrée par un déversement d'agréments distribués à tout bras.


L'incohérence de la TVA sur le gasoil


L'exemple de la TVA sur le gasoil est symptomatique de ces contradictions. Les entreprises de transport de personnes ou de biens ne peuvent déduire la taxe sur la valeur ajoutée qui grève en amont les achats de carburant au motif qu'elles ne présentent pas de garanties de transparence dans la gestion. C'est le motif officiel invoqué par le gouvernement, comme si c'était de la faute de ces entreprises si l'Administration fiscale était incapable de contrôler une partie de contribuables. Quand on sait que les consommations représentent jusqu'à 50% des charges d'exploitation d'une société de transport, on imagine combien cette restriction mine leur compétitivité.

Abashi SHAMAMBA







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